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10 MARS

Bonne fête aux Vivien

Aujourd’hui à la une

Les évènements notables

1997 – 1ère diffusion de la série « Buffy contre les vampires »

Le 10 mars 1997, la chaîne américaine The WB diffuse le premier épisode de Buffy the Vampire Slayer, créée par Joss Whedon. La série suit Buffy Summers, lycéenne choisie pour combattre les forces du mal. Mêlant horreur, humour et métaphores adolescentes, elle devient rapidement un phénomène culturel mondial, couronnée par sept saisons et une série dérivée, Angel. Sarah Michelle Gellar incarne le personnage principal.

1952 – Au Québec, début de la grève de Louiseville

Le 10 mars 1952, les ouvriers du textile de Louiseville, au Québec, entament une grève qui durera près d’un an. Menée par la Confédération des travailleurs catholiques du Canada, elle s’oppose aux conditions de travail imposées par la Montreal Cottons. La répression policière et le contexte du régime Duplessis en font un épisode marquant de l’histoire syndicale québécoise, révélateur des tensions sociales profondes de l’époque.

1949 – Mildred Gillars est condamnée pour trahison

Le 10 mars 1949, Mildred Gillars, surnommée « Axis Sally », est condamnée pour trahison par un tribunal américain. Cette ressortissante américaine avait animé des émissions de propagande nazie en anglais depuis Berlin pendant la Seconde Guerre mondiale, cherchant à démoraliser les soldats alliés. Condamnée à dix à trente ans de prison, elle sera libérée en 1961 après avoir purgé douze ans de peine.

1945 – Les États-Unis bombardent Tokyo : plus de 100 000 morts

Dans la nuit du 9 au 10 mars 1945, l’opération Meetinghouse voit 334 bombardiers B-29 américains lâcher des bombes incendiaires sur Tokyo. En quelques heures, près de 40 kilomètres carrés de la ville sont ravagés par les flammes, tuant plus de 100 000 civils et laissant un million de sans-abri. Ce bombardement reste l’un des raids aériens les plus meurtriers de toute l’histoire de la guerre.

1933 – Ouverture à Dachau du 1er camp de concentration

Le 10 mars 1933, Heinrich Himmler annonce l’ouverture du camp de concentration de Dachau, près de Munich, à peine six semaines après l’arrivée d’Hitler au pouvoir. Premier camp du genre, il est initialement destiné aux opposants politiques, syndicalistes et intellectuels. Il servira de modèle à tout le système concentrationnaire nazi. Jusqu’à sa libération en avril 1945, plus de 200 000 personnes y seront internées.

1899 – Réglementation de la circulation automobile par décret

Le 10 mars 1899, un décret français fixe les premières règles de circulation automobile. La vitesse est limitée à 30 km/h hors agglomération et à 20 km/h en ville. Le texte impose également l’obligation d’un permis de conduire et l’immatriculation des véhicules. Cette réglementation pionnière, adoptée alors que l’automobile était encore balbutiante, pose les fondements du code de la route moderne en France.

1831 – Création de la Légion étrangère

Le 10 mars 1831, le roi Louis-Philippe signe l’ordonnance créant la Légion étrangère. Ce corps militaire est conçu pour accueillir les nombreux étrangers et réfugiés politiques affluant en France après les bouleversements révolutionnaires européens. Initialement destinée à servir hors du territoire métropolitain, la Légion est rapidement engagée en Algérie. Elle demeure aujourd’hui l’un des corps militaires les plus réputés au monde.

1818 – Promulgation de la loi Gouvion-Saint-Cyr

Le 10 mars 1818, la loi portée par le maréchal Gouvion-Saint-Cyr, ministre de la Guerre, est promulguée sous Louis XVIII. Elle réorganise en profondeur le recrutement de l’armée française en instaurant un service militaire par tirage au sort, tout en encadrant l’avancement des officiers au mérite. Cette loi modernisatrice rompt avec les pratiques de l’Ancien Régime et pose les bases de l’armée nationale française du XIXe siècle.

1762 – Exécution de Jean Calas, bourgeois toulousain

Le 10 mars 1762, Jean Calas est exécuté à Toulouse après avoir été condamné la veille par le Parlement local. Roué vif puis étranglé, ce marchand protestant était accusé d’avoir tué son fils pour l’empêcher de se convertir au catholicisme, crime qu’il nia jusqu’à son dernier souffle. Voltaire, indigné par cette erreur judiciaire teintée de fanatisme religieux, mena une campagne acharnée qui aboutit à sa réhabilitation posthume en 1765.

1535 – Découverte des îles Galápagos par Thomas de Berlanga

Le 10 mars 1535, l’évêque de Panama Thomas de Berlanga découvre fortuitement les îles Galápagos alors que son navire est dévié de sa route par les courants. Il décrit des paysages arides peuplés d’animaux extraordinaires, notamment d’immenses tortues terrestres, qui donneront leur nom à l’archipel — galapago signifiant tortue en espagnol. Ces îles deviendront mondialement célèbres trois siècles plus tard grâce aux travaux de Charles Darwin.

Les naissances et décès notables

1990 – Naissance de Ahmed Sylla, humoriste français
1974 – Naissance de Keren Ann (Keren Ann Zeidel), musicienne et chanteuse néerlandaise d’expression française et anglaise
1973 – Naissance de Eva Herzigová, mannequin tchèque
1972 – Naissance de Ramzy Bédia, du duo d’humoristes Éric et Ramzy, réalisateur, acteur, scénariste et créateur français
1966 – Naissance de Arthur (Jacques Essebag), animateur de télévision franco-marocain
1958 – Naissance de Sharon Stone, actrice américaine
1940 – Naissance de Chuck Norris (Carlos Ray Norris), acteur américain

2013 – Décès de Georgette Plana, chanteuse française
2012 – Décès de Jean Giraud dit Moebius, dessinateur de bandes-dessinées français



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Un peu de bonne humeur

Esclave et travail – Anonyme

Les esclaves au moins, ils avaient du boulot ! - Brève de comptoir

 

Armstrong, dopé !?

🤨 Mais bien sûr qu'il était dopé Armstrong !
😲 Ah ça, je suis bien d'accord avec toi... le mec il gagne sept tours de France, marche sur la Lune et en prime joue de la trompette... faut pas déconner !

Une claudication à la mode

A la fin du XIXème siècle au Royaume-Uni, la mode dans la haute société est à la claudication, quitte à retirer un talon.

La claudication d'Alexandra désigne la démarche boiteuse adoptée par les dames de la haute société victorienne, en imitation de celle de la princesse Alexandra de Danemark. Originaire du Danemark, elle épouse en 1863 le prince de Galles, futur Édouard VII, devenant une icône de mode par son élégance malgré une infirmité à la jambe droite causée par une grave maladie en 1867 qui la raidit. Son allure gracieuse transforme ce handicap en signe de distinction sociale.

Les femmes de l'époque victorienne copient consciemment cette boiterie en accentuant leur démarche, en s'appuyant sur une canne et en modifiant leurs chaussures pour créer un déséquilibre. Elles retirent le talon d'une chaussure ou portent des talons de hauteurs inégales afin d'imposer un boitement permanent et gracieux.

Les cordonniers londoniens commercialisent alors des souliers asymétriques sur mesure, avec des talons délibérément inégaux, répondant à la demande des fashionistas. Ce phénomène de mode devient une industrie lucrative sur Bond Street et Mayfair, où ces chaussures "à la princesse" mêlent sophistication et handicap simulé.

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Savais-tu ?

La légende de Lady Godiva

À une époque reculée, les habitants de Coventry, dans le royaume de Mercie - l’actuelle Angleterre - subissent une fiscalité bien trop lourde au regard de leurs revenus - rien de bien étonnant, songez-vous probablement.

Accablé par la dureté et l’âpreté au gain du comte Léofric, le petit peuple se tourne vers son épouse, Lady Godiva, connue dans toute la région pour sa générosité et son empathie. Émue par tant de détresse, la noble dame va aussitôt trouver son mari afin de le convaincre de faire preuve de davantage de clémence envers ses administrés.

Le comte l’écoute attentivement, mais, en homme de pouvoir habitué à n’en faire qu’à sa tête, il ne semble guère disposé à céder. Prenant la requête de son épouse à la plaisanterie, il éclate de rire et lui déclare qu’il supprimera les impôts le jour où elle traversera Coventry entièrement nue.

Léofric oublie bientôt cette conversation. Lady Godiva, elle, prend la promesse au sérieux. Elle envoie un messager dans toute la ville afin de demander aux habitants de fermer leurs portes et leurs volets, puis de rester chez eux le temps de son passage.

Et c’est ainsi qu’un jour, montée sur un cheval et dépouillée de ses vêtements, Lady Godiva traverse les rues silencieuses de Coventry seulement couverte de sa longue chevelure blonde. Les habitants respectent sa demande et restent enfermés chez eux. Léofric, contraint de tenir parole, n’a alors d’autre choix que de supprimer les impôts qui accablent la population.

La légende raconte toutefois qu’un homme, incapable de réfréner sa curiosité - et peut-être aussi ses instincts les moins avouables - entrouvre un volet pour apercevoir la noble cavalière. Il devient aussitôt aveugle, probablement puni par Dieu lui-même pour avoir désobéi.

Bien entendu, il est fort probable que cette histoire ne soit qu’une légende. L’existence de Lady Godiva, tout comme sa générosité et son rôle de bienfaitrice, est en revanche bien attestée. Alors donc, pourquoi ne pas s'autoriser à rêver d'une telle solution pour réduire cette pression fiscale toujours aussi présente de nos jours.

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Astuce

Prolonger les fleurs coupées

Voilà ce que me disait ma grand-mère : « Pour prolonger la beauté de tes fleurs coupées, commence par recouper les tiges en biais et perce-les avec une aiguille pour favoriser l’absorption de l'eau, puis place-les dans un vase parfaitement propre rempli d’eau fraîche. Change l'eau tous les deux jours en retirant les feuilles immergées, et ajoute une pincée de sucre ou quelques gouttes de vinaigre blanc pour nourrir et assainir l’ensemble. Enfin, installe ton bouquet à l’abri du soleil direct et des sources de chaleur : tes fleurs resteront magnifiques bien plus longtemps. ».

Mais moi j'étais son p'tit gars et bien évidemment je n'écoutais rien de tout ça, bien plus intéressé que j'étais par le prochain épisode de Goldorak à la télé.

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Un instant en ce bas monde

Photo de Ron Lach - Pexels

Quel bonheur de parcourir la campagne à vélo : cheveux au vent, liberté totale, pas de contrainte, pas de désagrément. Le soleil réchauffe la peau, l’air pur emplit les poumons… longue inspiration, expiratioooon… et puis… ce petit chatouillis, irritant, tout au fond d'une narine.

Ce petit rien qui devient vite un tout.

Tu feins de l’ignorer. Mauvaise idée. L’intrus s’est installé, bien calé, et il n’a pas l’intention de se laisser déloger sans résistance. La solution classique ? Le mouchoir salvateur. Sauf que… nom de nom, pas de mouchoir. La situation se complique.

Alors, au grand maux les grands remèdes : se moucher dans la main. Une bonne expulsion bien franche et… rien. La gêne est toujours présente. Elle s'est juste déplacée. Pire : l'intrus résiste en ripostant avec un liquide gluant. L'affaire se corse.

Reste l’option manuelle. Plonger le doigt au fond du problème, tourner, retourner, insister. La cause de l'inconfort se dérobe, s'échappe, revient narguer.

C'est alors qu'une voiture s'approche. Tu te figes, main grattant le nez, l’air de dire « je cherche mes clés ». L’empêcheur de respirer peut souffler, ce n’est que partie remise. Il va le payer.

Personne en vue. La quête reprend, plus vive, plus insistante. Et comme toujours, la persévérance paie. Voilà l’intrus expulsé ! TRIOMPHE !

Mais… mais… il s’accroche le bougre ! « Veux-tu bien quitter ce doigt et t’envoler ? »... Oulah non 😧 ! Vlam Blam Bim💥. Aïe. Ouille 😖... « Sacré nom de [biiip] de [biiip] bordel à [biiiip]... »

La leçon ?
Qui se cure le nez sans poser pied à terre se vautre cul en l’air.

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Espace lecture

Ravage (1943) – René Barjavel

Et si le roman de science-fiction le plus troublant de cet été 2026 avait été publié… en 1943 ?

Avec Ravage, René Barjavel imagine l’effondrement soudain d’un monde entièrement dépendant de la technologie après une panne d’électricité mondiale.

La mégalopole s’arrête, puis se transforme en un brasier infernal ; les machines se taisent et les certitudes partent en fumée. Nous suivons François Deschamps, un jeune paysan perdu dans la ville, qui tente de survivre et de retourner à la terre alors que la civilisation moderne s’écroule. Ce qui rend Ravage particulièrement dérangeant aujourd’hui, c’est la façon dont ses images de feu et de chaos font écho à notre réalité actuelle : méga-feux de forêt, sécheresses, climat déréglé et le sentiment croissant que notre confort technologique ne nous protège plus vraiment. Relire Barjavel, ce n’est pas chercher une prophétie, mais faire face à une question troublante : que reste-t-il de nous quand les systèmes qui nous entourent cessent de fonctionner ? Court, percutant, parfois daté mais étonnamment visionnaire, Ravage est un classique à glisser dans votre pile de lecture pour réfléchir, entre deux alertes aux incendies, à ce que nous entendons réellement par « progrès ».

Barjavel imaginait déjà à l'époque ce que serait une tablette de lecture en 2050

La nuit cernait de tous côtés les dernières flammes de l'Ouest. François tira du dossier de son fauteuil le lecteur électrique et coiffa l'écouteur. La Compagnie Eurasiatique des Transports avait installé un de ces appareils sur chaque siège pour permettre aux voyageurs de lire la nuit sans déranger ceux de leurs voisins qui désiraient rester dans l'obscurité.

Une plaque extensible, que chacun pouvait agrandir ou rapetisser au format de son livre, s'appliquait sur la page et, dans l'écouteur, une voix lisait le texte imprimé. Cette voix, non seulement lisait Goethe, Dante, Mistral ou Céline dans le texte, avec l'accent d'origine, mais reprenait ensuite, si on le désirait, en haut de chaque page, pour en donner la traduction en n'importe quelle langue. Elle possédait un grand registre de tons, se faisait doctorale pour les ouvrages de philosophie, sèche pour les mathématiques, tendre pour les romans d'amour, grasse pour les recettes de cuisine. Elle lisait les récits de bataille d'une voix de colonel, et d'une voix de fée les contes pour enfants. Au dernier mot de la dernière ligne, elle faisait connaître par un « hum hum » discret qu'il était temps
de changer la plaque de page.

Cet appareil n'eût pas manqué de paraître miraculeux à un voyageur du XXe siècle égaré dans ce véhicule du XXIe. Le fonctionnement en était pourtant bien simple. La plaque, sensible à l'encre d'imprimerie, était branchée sur un minuscule poste émetteur de télévision installé dans le dossier de chaque fauteuil. Ce poste transmettait automatiquement l'image de la page au Central de Lecture de la Compagnie Eurasiatique des Transports, dans la banlieue de Vienne. Des cloisons insonores divisaient l'immeuble du Central en une dizaine de milliers de minuscules cabines. Dans ces dix mille cabines, devant dix mille écrans semblables, étaient enfermés dix mille lecteurs et lectrices de tous âges et de toutes nationalités.

Des standardistes polyglottes triaient les réceptions, les branchaient par
langues sur des sous-standards qui les distribuaient ensuite par genre littéraire. Il ne fallait guère plus de quelques secondes pour que l'image de la page arrivât au lecteur compétent, qui se mettait aussitôt à lire dans le ton dont il était spécialiste. Un tel larmoyait pendant huit heures sur des ouvrages sentimentaux. Telle autre souriait à longueur de journée dans sa solitude, pour lire avec grâce des conseils de beauté.

C'était, en somme, une parfaite mais banale installation de télélecture, comme il en existait environ une dizaine en Europe, à l'usage des vieillards dont la vue baissait, des aveugles, et des solitaires qui désiraient se donner à la fois la compagnie d'un livre ami et celle d'une voix humaine.

François Deschamps disposa la plaque sur son roman policier et tourna, sur l'écouteur, le minuscule bouton qui mettait l'appareil en marche. Une voix dramatique murmura à son oreille :

« Chapitre premier. – L'inspecteur Walter enfonça la porte d'un coup d'épaule et s'arrêta stupéfait : à un clou du plafond pendait, intact, le menton soulevé par la corde, le cadavre de M. Lecourtois qu'il avait découvert, la veille, décapité... »

Le jeune homme renonça à connaître l'explication de ce mystère. Il ôta
l'écouteur et s'endormit.

Le train entrait en gare de Lyon-Perrache.

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