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Le tawashi : l’éponge zéro déchet venue du Japon

Le tawashi est une éponge ou lavette écologique d’origine japonaise, traditionnellement fabriquée à la main à partir de tissus de récupération ou de fibres naturelles comme le chanvre ou le jute. Son nom signifie littéralement « brosse à laver » et il s’utilise pour toutes les tâches ménagères : vaisselle, nettoyage des surfaces, lavage des légumes, etc. Réutilisable, durable et compostable (s’il est fait en fibres naturelles), le tawashi remplace avantageusement les éponges synthétiques jetables et s’entretient simplement en machine ou dans de l’eau vinaigrée.

Pour fabriquer votre propre tawashi, commencez par créer un petit métier à tisser : tracez un carré de 16 × 16 cm sur une planche de bois, plantez des clous tous les 2 cm sur chaque côté (28 clous au total), puis découpez 14 bandes de tissu de 2 à 3 cm de large dans de vieux vêtements - ou de vieilles chaussettes découpées dans la largeur. Tendez 7 bandes horizontalement entre les clous qui se font face, puis tissez 7 bandes verticalement en passant alternativement dessus et dessous les bandes horizontales. Enfin, délooppez les bords en passant chaque boucle dans la suivante et nouez les deux dernières boucles entre elles pour fermer et créer une accroche : en quelques dizaines de minutes, vous obtenez une éponge lavable, économique et parfaitement adaptée à un ménage zéro déchet.

https://youtu.be/r5sGAzd62u8?si=RlCUUjwKE4flj4Zl

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Le problème à trois corps

En mécanique céleste, le problème à trois corps consiste à prédire les mouvements de trois objets massifs (étoiles, planètes, lunes…) qui s’attirent mutuellement par gravité.

Si le cas à deux corps est parfaitement simulable (la Terre tournant autour du Soleil par exemple), l’ajout d’un troisième corps transforme tout le système en un chaos déterministe : une minuscule variation des conditions initiales suffit à rendre les trajectoires totalement imprévisibles à long terme.

Isaac Newton lui-même n’a jamais trouvé de solution générale à ce problème. Depuis, des mathématiciens comme Lagrange ou Poincaré ont montré que certaines configurations particulières existent, mais il n’existe aucune formule universelle pour prédire le mouvement de trois corps en interaction gravitationnelle.

Aujourd’hui, grâce aux ordinateurs, on peut simuler numériquement ces systèmes avec une grande précision… mais jamais avec une certitude absolue. C’est cette instabilité fondamentale qui inspire autant les scientifiques que les auteurs de science-fiction : imaginez une planète orbitant autour de trois soleils, où les saisons et les climats deviennent totalement imprévisibles !

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Thérian et animal totem

Vous avez peut-être vu passer sur les réseaux des jeunes qui se déplacent à quatre pattes, portent parfois des masques de renard ou de loup, et semblent avoir troqué le canapé contre la forêt. Non, ce n’est pas forcément le tournage d’un documentaire animalier : il s’agit peut-être de thérians.

Un thérian est une personne qui ressent une identification profonde, psychologique ou spirituelle, à un animal non humain. Chat, renard, loup, cheval… chacun son « thériotype », autrement dit son animal de référence. Attention toutefois : les thérians savent parfaitement qu’ils ont un corps humain. Le renard intérieur ne recherche pas nécessairement un poulailler, et le loup peut très bien apprécier les pâtes au fromage.

Peut-on rapprocher les thérians de la notion d’animal totem ? Oui et non. Comme l’animal totem, le thériotype peut représenter une force intérieure, un guide ou une manière de se comprendre. Mais il ne s’agit pas exactement de la même chose : l’animal totem accompagne ou symbolise, tandis que le thérian dit ressentir une identification plus personnelle et plus profonde à un animal. En somme, l’un souffle parfois à l’oreille tandis que l’autre inciterait plus volontiers à aller courir dans les bois.

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Les éruptions solaires

Les éruptions solaires sont des explosions massives de rayonnement électromagnétique qui se produisent à la surface du Soleil, déclenchées lorsque les lignes de champ magnétique des taches solaires s'emmêlent et se tordent comme des élastiques trop serrés avant de libérer brutalement une énergie considérable par reconnexion magnétique. Ces explosions, qui durent de quelques minutes à quelques heures, émettent tout le spectre électromagnétique (ondes radio, UV, rayons X, rayons gamma) et libèrent environ 10²⁵ Joules, près d'un milliard de fois l'énergie d'une bombe thermonucléaire.

Ces sautes d'humeur du soleil ne menacent pas directement les personnes au sol, car l'atmosphère et le champ magnétique terrestres les protègent, mais elles perturbent et endommagent les technologies essentielles : les satellites subissent des dommages dus aux particules énergétiques, les communications radio et les signaux GPS se dérèglent, et les réseaux électriques peuvent subir des surtensions entraînant de vastes pannes de courant lors de tempêtes géomagnétiques intenses.

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La pastasciutta antifascista

Sous le fascisme italien, les pâtes occupent une place étrange dans le discours officiel. Elles sont à la fois un aliment populaire, profondément ancré dans la vie quotidienne, et une cible idéologique pour un régime qui veut remodeler les habitudes alimentaires du pays.

Mussolini et les futuristes autour de lui dénigrent les pâtes parce qu’ils les jugent trop liées à la tradition. Ils leur reprochent d’incarner une Italie ancienne, lente, gourmande, peu compatible avec l’image de vigueur et de modernité que le fascisme veut imposer. Marinetti, en particulier, attaque les pâtes avec virulence. Dans son univers futuriste, elles symbolisent le passé, la mollesse et l’inertie.

Derrière cette hostilité, il y a aussi des raisons économiques. Le régime veut réduire la dépendance au blé importé et favoriser l’autosuffisance alimentaire. Il encourage donc d’autres produits, notamment le riz, présenté comme plus moderne et plus conforme aux besoins de la nation. La campagne contre les pâtes mêle ainsi propagande, politique agricole et volonté de contrôle culturel.

Mais cette offensive ne réussit pas vraiment. Les Italiens restent attachés aux pâtes, qui font partie de leur identité culinaire bien avant le fascisme. Le plat résiste dans les foyers, dans les habitudes régionales et dans la mémoire collective. À force de vouloir les combattre, le régime contribue même à renforcer leur valeur symbolique.

Le retournement s’affirme en 1943, au moment où Mussolini tombe, le 25 juillet. La pastasciutta antifascista organisée par la famille Cervi devient un geste fort : elle célèbre la fin du pouvoir fasciste avec un grand plat de pâtes partagé en communauté. Dès lors, les pâtes cessent d’être seulement un aliment. Elles deviennent un signe de résistance, de continuité populaire et, après la guerre, l’un des emblèmes les plus visibles de l’Italie.

Ainsi, ce que le fascisme veut affaiblir finit par revenir plus fort. Les pâtes incarnent alors non seulement la cuisine italienne, mais aussi la capacité d’un peuple à préserver ses usages contre l’idéologie.

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Tribord ou bâbord ?

Pourquoi parle-t-on de tribord et bâbord au lieu de droite et gauche. Ces deux termes viennent du vocabulaire maritime néerlandais médiéval, passé en français à la fin du Moyen Âge. Ils remplacent des repères plus vagues comme « gauche » et « droite » afin d’éviter toute ambiguïté.

Tribord remonte à stierboord ou stuurboord selon les formes, avec stier/stuur lié au gouvernail et boord au bord du navire. Le sens initial est donc « le côté du gouvernail », car l’aviron de gouverne est alors placé à droite du bateau avant l’apparition du gouvernail central.

Bâbord vient de l’ancien néerlandais bakboord, bak signifiant « dos » et boord « bord, côté du bateau ». L’idée est donc celle du « côté qu’on a dans le dos », parce que le pilote se place alors historiquement de manière à avoir ce côté derrière lui.

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La raie grise du morbier

Le fromage morbier se reconnaît immédiatement à sa fine raie grise ou noire qui traverse son cœur. Cette particularité vient d’une ancienne pratique des fermiers du Jura.

Autrefois, lorsque la quantité de lait ne suffit pas à fabriquer une meule de comté, les paysans réalisent un premier caillé avec la traite du soir. Ils le déposent dans un moule et le recouvrent d’une fine couche de cendre ou de suie. Cette protection préserve le caillé des insectes et des impuretés pendant la nuit.

Le lendemain, les fermiers ajoutent le caillé de la traite du matin. La cendre se retrouve alors au centre du fromage et forme la célèbre ligne sombre du morbier.

Aujourd’hui, la cendre laisse place au charbon végétal alimentaire. La raie ne joue plus un rôle essentiel dans la conservation, mais elle demeure le signe distinctif de ce délicieux fromage jurassien.

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L’échelle de Schmidt

Cette échelle permet de classer la douleur des piqûres d’hyménoptères, surtout abeilles, guêpes et fourmis, selon l’intensité ressentie. Elle fonctionne de 1 à 4, avec l’abeille domestique comme repère autour du niveau 2, une douleur nette mais supportable. Cette échelle sert à comparer de façon à la fois amusante et scientifique la virulence des piqûres entre espèces, sans viser à remplacer une évaluation médicale.

Justin O. Schmidt expérimente chaque piqûre en se laissant piquer volontairement par les insectes étudiés, souvent en utilisant des outils comme des pipettes ou des pinces pour diriger l’insecte vers une zone précise de son corps. Il ressent ensuite la douleur, note immédiatement sa durée, son intensité et ses caractéristiques, tout en attribuant un score entre 1 et 4. Au cours de sa carrière, il se fait piquer des centaines de fois par une cinquantaine d’espèces d’hyménoptères, transformant son corps en véritable instrument de mesure.

La fourmi balle de fusil (Paraponera clavata) est classée au niveau maximal de 4,0, avec une douleur très intense et durable, décrite comme comparable à marcher sur un charbon ardent avec un gros clou dans le talon. Sa piqûre provoque une douleur aiguë très intense qui peut durer plusieurs heures, accompagnée de brûlure, de fourmillements et parfois de spasmes musculaires. C’est donc cette fourmi sud‑américaine qui apparaît comme l’insecte le plus redoutable de l’échelle de Schmidt.

Les niveaux de douleur :

  • Douleur légère, brève, à peine plus qu’une piqûre de moustique (certaines petites abeilles, fourmi de feu).
  • Douleur nette, chaude ou fumante, désagréable mais supportable (abeille domestique, guêpes courantes).
  • Douleur forte, caustique ou brûlante, persistante plusieurs heures (certaines fourmis moissonneuses, guêpes Polistes).
  • Douleur extrêmement intense, quasi insupportable, très longue (fourmi balle de fusil, guêpes Pepsis / Synoeca).

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La légende de Lady Godiva

À une époque reculée, les habitants de Coventry, dans le royaume de Mercie - l’actuelle Angleterre - subissent une fiscalité bien trop lourde au regard de leurs revenus - rien de bien étonnant, songez-vous probablement.

Accablé par la dureté et l’âpreté au gain du comte Léofric, le petit peuple se tourne vers son épouse, Lady Godiva, connue dans toute la région pour sa générosité et son empathie. Émue par tant de détresse, la noble dame va aussitôt trouver son mari afin de le convaincre de faire preuve de davantage de clémence envers ses administrés.

Le comte l’écoute attentivement, mais, en homme de pouvoir habitué à n’en faire qu’à sa tête, il ne semble guère disposé à céder. Prenant la requête de son épouse à la plaisanterie, il éclate de rire et lui déclare qu’il supprimera les impôts le jour où elle traversera Coventry entièrement nue.

Léofric oublie bientôt cette conversation. Lady Godiva, elle, prend la promesse au sérieux. Elle envoie un messager dans toute la ville afin de demander aux habitants de fermer leurs portes et leurs volets, puis de rester chez eux le temps de son passage.

Et c’est ainsi qu’un jour, montée sur un cheval et dépouillée de ses vêtements, Lady Godiva traverse les rues silencieuses de Coventry seulement couverte de sa longue chevelure blonde. Les habitants respectent sa demande et restent enfermés chez eux. Léofric, contraint de tenir parole, n’a alors d’autre choix que de supprimer les impôts qui accablent la population.

La légende raconte toutefois qu’un homme, incapable de réfréner sa curiosité - et peut-être aussi ses instincts les moins avouables - entrouvre un volet pour apercevoir la noble cavalière. Il devient aussitôt aveugle, probablement puni par Dieu lui-même pour avoir désobéi.

Bien entendu, il est fort probable que cette histoire ne soit qu’une légende. L’existence de Lady Godiva, tout comme sa générosité et son rôle de bienfaitrice, est en revanche bien attestée. Alors donc, pourquoi ne pas s'autoriser à rêver d'une telle solution pour réduire cette pression fiscale toujours aussi présente de nos jours.

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Colonisation française du Mississippi

< Peuplement du Mississippi aux XVI-XVIIème siècles

La Salle impose la présence française sur tout le bassin du Mississippi d’abord par un acte symbolique et politique : en descendant le fleuve jusqu’à son embouchure, il prend solennellement possession du territoire au nom du roi de France et lui donne le nom de « Louisiane ». Il érige une croix et enterre une plaque de cuivre, ce qui transforme la vallée du Mississippi en une revendication officielle de la monarchie, étendue de la région des Grands Lacs jusqu’au golfe du Mexique. Cette démarche lui permet ensuite de convaincre la cour de Versailles de l’intérêt stratégique de la région et de lancer de nouveaux projets de colonisation.

Par la suite, la France cherche à ancrer cette présence sur le terrain en construisant des postes militaires et des missions, et en développant un commerce de fourrures et d’agriculture le long du fleuve. Des forts comme Fort‑de‑Chartres, ceux de Natchez ou de La Nouvelle‑Orléans deviennent des points de contrôle et de passage, tandis que des prêtres et des administrateurs s’installent auprès de certaines nations amérindiennes. La France noue ainsi des alliances avec plusieurs peuples riverains, qui lui offrent un soutien politique et un accès au réseau fluvial, faisant du Mississippi la colonne vertébrale d’un vaste empire colonial reliant le nord au golfe du Mexique.

L’ampleur de la présence française reste géographiquement très étendue, mais démographiquement limitée : la Louisiane couvre plusieurs millions de kilomètres carrés, tandis que la population française n’atteint que quelques milliers d’habitants à son apogée, aux côtés de nombreuses communautés amérindiennes et d’esclaves africains. La colonisation reste surtout une affaire de points stratégiques le long du fleuve plutôt que de peuplement massif. Cette présence, toutefois, marque durablement la vallée du Mississippi, jusqu’à ce que la France cède la Louisiane à l’Espagne puis au Royaume‑Uni à la fin de la guerre de Sept Ans, effritant progressivement son emprise sur le bassin.

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