Puyi (ou Pu Yi, Pou-Yi) est hissé sur le Trône du Dragon sous le nom officiel de Siuan Tong le 2 décembre 1908.
Selon ses mĂ©moires publiĂ©es en 1964, son intronisation se dĂ©roule de manière fastueuse mais mouvementĂ©e. Ă‚gĂ© de seulement 2 ans et 10 mois, le jeune empereur est d’abord prĂ©sentĂ© dans la Salle du TrĂ´ne de l’Harmonie Centrale pour recevoir les hommages. Ensuite, il est transportĂ© dans la Salle de la SuprĂŞme Harmonie pour la « grande cĂ©rĂ©monie ». C’est Ă ce moment que l’enfant commence Ă protester vivement, ne voulant pas ĂŞtre dĂ©posĂ© sur l’imposant TrĂ´ne du Dragon. Son père doit le maintenir sur le trĂ´ne tout en s’agenouillant devant lui. MalgrĂ© les pleurs et les cris de Puyi, la cĂ©rĂ©monie se poursuit avec le dĂ©filĂ© des dignitaires civils et militaires pendant plusieurs heures.
La rĂ©gence est organisĂ©e avec le père de Puyi, le 2e prince Chun, nommĂ© rĂ©gent du 2 dĂ©cembre 1908 au 6 dĂ©cembre 1911. Il est chargĂ© de gouverner l’empire au nom du jeune empereur. Face Ă l’instabilitĂ© politique et Ă la rĂ©volution de 1911, l’impĂ©ratrice douairière Longyu prend la relève de la rĂ©gence le 6 dĂ©cembre 1911. Bien que Puyi ait officiellement le titre d’empereur, il n’exerce pas de pouvoir rĂ©el en raison de son très jeune âge. Un système complet au sein du palais continue Ă le servir comme un vĂ©ritable empereur, perpĂ©tuant les traditions de la cour impĂ©riale.
Le règne de Puyi prend fin le 12 fĂ©vrier 1912, lorsque l’impĂ©ratrice douairière Longyu signe le dĂ©cret d’abdication au nom de l’empereur. La RĂ©publique chinoise est proclamĂ©e, mettant ainsi fin Ă la dernière dynastie du plus vieil empire du monde, celle des Qing, d’origine mandchoue. MalgrĂ© son abdication, Puyi garde un statut privilĂ©giĂ© : il continue Ă rĂ©sider dans la CitĂ© interdite, reçoit une pension annuelle et conserve son titre dynastique. Ce n’est qu’en 1924 qu’il est finalement chassĂ© de la CitĂ© interdite par le gĂ©nĂ©ral Yuan Shikai, marquant la fin dĂ©finitive de son lien avec le pouvoir impĂ©rial.