Bonne fête aux Nicolas
Sommaire
Les nouveautés du jour
Les évènements notables
1987 – 1ʳᵉ édition en France du Téléthon sur Antenne 2
Lancé pour soutenir la recherche sur les maladies neuromusculaires, le Téléthon français s’inspire du modèle américain. Animé par Michel Drucker et Gérard Holtz, l’événement mobilise chaînes TV, associations et bénévoles. Le succès populaire apporte une visibilité nationale à l’AFM et amorce une tradition annuelle devenue un pilier du financement de la recherche génétique et de l’aide aux familles.
1928 – Massacre des bananeraies en Colombie
Lors d’une grève organisée par les ouvriers de la United Fruit Company, l’armée colombienne ouvre le feu sur les manifestants à Ciénaga. Le nombre exact de victimes reste controversé mais se chiffre en centaines. L’événement devient un symbole des abus liés aux compagnies étrangères et des tensions sociales profondes. Il marquera durablement la mémoire collective et inspirera des œuvres littéraires majeures.
1922 – Entrée en vigueur du traité anglo-irlandais
Le traité, ratifié plus tôt dans l’année, prend effet et officialise la création de l’État libre d’Irlande, doté d’une autonomie interne tout en restant dominion de la Couronne. Cette étape met fin à la guerre d’indépendance mais ouvre une période de division politique. Son application précipite la guerre civile irlandaise entre partisans et opposants du compromis avec Londres.
1921 – Signature du traité anglo-irlandais
Au terme de négociations tendues, les représentants britanniques et irlandais signent un accord qui reconnaît l’autonomie de l’Irlande du Sud. Le traité divise profondément le mouvement indépendantiste et provoque des débats intenses au sein du Dáil. Il représente néanmoins une avancée historique vers la souveraineté du pays et marque la fin du conflit armé contre les forces britanniques.
1917 – Explosion du port d’Halifax
La collision entre le navire français Mont-Blanc, chargé d’explosifs, et un autre bâtiment provoque une déflagration gigantesque qui ravage la ville canadienne d’Halifax. L’explosion, l’une des plus puissantes avant l’ère nucléaire, fait des milliers de morts et blesse des milliers d’habitants. L’événement entraîne une mobilisation internationale pour les secours et conduit à de nouvelles règles de sécurité maritime.
1907 – Catastrophe minière de Monongah
Deux mines de charbon explosent en Virginie-Occidentale, faisant près de 360 victimes, majoritairement des immigrés européens. La tragédie souligne les conditions de travail extrêmement dangereuses de l’industrie minière américaine. Elle accélère les débats sur la réglementation, la formation des mineurs et les normes de sécurité. Monongah restera l’un des pires accidents miniers de l’histoire des États-Unis.
1877 – Parution du premier numéro du Washington Post
Le quotidien paraît pour la première fois à Washington et s’adresse d’abord au lectorat politique de la capitale. Il deviendra l’un des journaux les plus influents des États-Unis, célèbre pour ses enquêtes, notamment dans l’affaire du Watergate. Son lancement marque le début d’une longue histoire journalistique fondée sur l’investigation, l’analyse politique et la défense de la liberté de la presse.
1876 – Première manifestation publique du mouvement Terre et Liberté en Russie
Le groupe révolutionnaire Zemlya i Volya organise une mobilisation ouverte contre l’autocratie tsariste. L’événement, inédit dans la Russie impériale, révèle la montée d’une opposition structurée. Ce mouvement influencera les futurs courants populistes et révolutionnaires, préfigurant les luttes qui marqueront la fin du XIXᵉ siècle et la transformation politique du pays.
1492 – Découverte d’Hispaniola par Christophe Colomb
Lors de son premier voyage, Colomb atteint l’île d’Hispaniola, future Haïti et République dominicaine. Il y établit le fort La Navidad après le naufrage de la Santa Maria. Ce contact inaugure une profonde transformation géopolitique et culturelle des Caraïbes, marquée par les échanges, la colonisation européenne, et les bouleversements démographiques affectant les populations autochtones.
1491 – Mariage de Charles VIII et d’Anne de Bretagne
L’union scelle l’intégration progressive du duché de Bretagne au royaume de France. Le mariage, conclu dans un contexte de pressions politiques et militaires, met fin à l’indépendance bretonne. Anne conservera néanmoins un rôle majeur dans la diplomatie française. Cet événement constitue une étape décisive dans la construction territoriale du royaume et l’affirmation de l’autorité monarchique.
Les naissances et décès notables
1988 – Naissance de Sabrina Ouazani, actrice française
1988 – Naissance de Waly Dia, comédien et humoriste français
1978 – Naissance de Arnaud Ducret, comédien et humoriste français et normand
1976 – Naissance de Estelle Denis, journaliste sportive et animatrice de télévision française
1963 – Naissance de Stéphane Guillon, humoriste et chroniqueur français
1998 – Décès de César (dit César Baldaccini), sculpteur français
1986 – Décès de Malik Oussekine, manifestant victime de voltigeurs
Un peu de bonne humeur
Victor Hugo est mort
Un homme et sa femme, une blonde, sortent au restaurant pour fêter leur dixième anniversaire de mariage.
Alors que le serveur s’approche pour leur remettre les menus, la blonde lorgne le contenu des assiettes sur les tables voisines pour trouver l’inspiration.
Tout à coup, elle donne un petit coup de pied discret à son mari :
– Chéri, retourne-toi et regarde. Je crois que c’est Victor Hugo à la table à coté…
L’homme se retourne machinalement et répond d’un air consterné :
– Chérie, tu sais bien que Victor Hugo est mort depuis longtemps.
La blonde en proie au doute réplique :
– Tu es sûr ?
Mais quelques secondes plus tard, elle donne un autre coup de pied à son mari
– Non, regarde… Il a bougé !!
Le travail, une maladie ? – Pierre Desproges
La médecine du travail est la preuve que le travail est bien une maladie ! »
Une retraite peu glorieuse
En juillet 1807, juste après les traités de Tilsit qui scellent une paix précaire avec la Russie, Napoléon organise une partie de chasse près de Paris pour célébrer ses victoires. Son fidèle chef d’état-major, Alexandre Berthier, veut impressionner l’Empereur et achète des milliers de lapins domestiques pour garnir le terrain. Au coup de sifflet, au lieu de détaler, les lapins se ruent en horde compacte vers Napoléon et ses officiers, attirés par l’odeur familière de leurs gardiens.
L’Empereur, surpris, voit les bêtes grimper sur ses bottes, ses jambes, son habit impérial ! La cavalerie sabre en vain, les coups de cravache s’abattent, mais la marée lapine submerge tout. Napoléon, habitué aux champs de bataille, grimpe en hâte dans son carrosse pour échapper à cette offensive inattendue.
La retraite tourne au sauve-qui-peut hilarant : soldats et généraux fuient à pied, à cheval, poursuivis par une nuée de lapins affamés. Loin des canons et des cuirassiers, cette « bataille » des lapins devient la plus cocasse des légendes napoléoniennes, rappelant que même les plus grands chefs peuvent plier face à une armée pourtant désarmée !
Un peu de français
« Tailler une bavette » ?
Cette expression signifie qu'on discute ou qu'on bavarde de manière conviviale et familière. Elle évoque une conversation légère et prolongée entre amis ou connaissances.
« Bavette » dérive de « bave », un terme lié au babil enfantin imité par l'onomatopée baba, qui désigne ensuite des paroles futiles. Au XVIIème siècle, on « taille une bavette » pour décrire des femmes qui causent abondamment ensemble, et « tailler » suggère façonner ou découper ces mots comme on le fait avec la parole éloquente. Des théories évoquent aussi le col plissé des avocats, appelé bavette pour son aspect baveux et associé aux discours verbeux, ou encore la bavette de viande qu'on découpe en tranches fines lors de repas prolongés favorisant les échanges animés. Cependant, l'origine la plus étayée reste celle du babil, avec l'idée de « tailler » la parole remontant au XIIIème siècle dans l'expression « tailler bien la parole » pour parler avec éloquence.
« Antiquaire » / « Brocanteur » ?
Un antiquaire vend au présent des objets qui ont en général plus de cent ans, possèdent une vraie valeur artistique ou historique, et il les sélectionne avec soin, les authentifie grâce à ses connaissances en histoire de l’art, peut les restaurer et délivrer des certificats d’authenticité dans le cadre d’une boutique ou d’un stand spécialisé où il agit presque comme un conservateur privé du patrimoine.
Un brocanteur, lui, vend au présent surtout des biens d’occasion et de seconde main, pas forcément anciens ni rares, qu’il chine dans les maisons, les débarras, les vide-greniers ou en ligne, puis qu’il revend en l’état sur les brocantes, marchés aux puces ou petites boutiques, en mettant l’accent sur le réemploi et les petits prix plutôt que sur l’authentification et la restauration.
Sur le plan juridique et fiscal, la loi classe au présent comme « antiquités » les objets de plus de cent ans, soumis à un régime spécifique, tandis que ce que vend le brocanteur entre au présent dans la catégorie générale des « biens d’occasion », avec des règles plus simples, ce qui renforce la différence entre ces deux métiers.
Savais-tu que...
Colonisation française du Mississippi
< Peuplement du Mississippi aux XVI-XVIIème siècles
La Salle impose la présence française sur tout le bassin du Mississippi d’abord par un acte symbolique et politique : en descendant le fleuve jusqu’à son embouchure, il prend solennellement possession du territoire au nom du roi de France et lui donne le nom de « Louisiane ». Il érige une croix et enterre une plaque de cuivre, ce qui transforme la vallée du Mississippi en une revendication officielle de la monarchie, étendue de la région des Grands Lacs jusqu’au golfe du Mexique. Cette démarche lui permet ensuite de convaincre la cour de Versailles de l’intérêt stratégique de la région et de lancer de nouveaux projets de colonisation.
Par la suite, la France cherche à ancrer cette présence sur le terrain en construisant des postes militaires et des missions, et en développant un commerce de fourrures et d’agriculture le long du fleuve. Des forts comme Fort‑de‑Chartres, ceux de Natchez ou de La Nouvelle‑Orléans deviennent des points de contrôle et de passage, tandis que des prêtres et des administrateurs s’installent auprès de certaines nations amérindiennes. La France noue ainsi des alliances avec plusieurs peuples riverains, qui lui offrent un soutien politique et un accès au réseau fluvial, faisant du Mississippi la colonne vertébrale d’un vaste empire colonial reliant le nord au golfe du Mexique.
L’ampleur de la présence française reste géographiquement très étendue, mais démographiquement limitée : la Louisiane couvre plusieurs millions de kilomètres carrés, tandis que la population française n’atteint que quelques milliers d’habitants à son apogée, aux côtés de nombreuses communautés amérindiennes et d’esclaves africains. La colonisation reste surtout une affaire de points stratégiques le long du fleuve plutôt que de peuplement massif. Cette présence, toutefois, marque durablement la vallée du Mississippi, jusqu’à ce que la France cède la Louisiane à l’Espagne puis au Royaume‑Uni à la fin de la guerre de Sept Ans, effritant progressivement son emprise sur le bassin.
