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EXPLOSION À TAÏWAN ! 📆 26 janvier 2004

Explosion d'un cachalot à Taïwan

Le 26 janvier 2004, dans les rues bondées de Tainan, une ville portuaire grouillante du sud de Taïwan, un cachalot gigantesque de 17 mètres de long et pesant une cinquantaine de tonnes choisit ce moment précis pour livrer son dernier spectacle macabre.

Mort depuis quelques jours après un probable choc fatal avec un navire qui lui a brisé la colonne vertébrale, le cétacé gît d’abord sur une plage isolée avant qu’une équipe de 50 ouvriers ne l’embarque sur un camion plat pour l’acheminer laborieusement vers un laboratoire d’autopsie. Treize heures de manipulation hasardeuse avec grues et cordages fragilisent sa carcasse gonflée ; soudain, en pleine artère urbaine, la bête explose dans un bruit assourdissant, projetant litres de sang coagulé, entrailles nauséabondes et lambeaux de chair sur des dizaines de mètres alentour. Voitures engluées, vitrines de commerces barbouillées d’un magma rougeâtre, passants médusés au milieu d’un embouteillage apocalyptique : la circulation s’arrête net pour des heures, tandis que la puanteur envahit le quartier.

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À l’intérieur de cette montagne de chair, les bactéries intestinaires festoyent depuis la mort de l’animal, proliférant furieusement dans l’absence totale d’oxygène. Elles engendrent un cocktail explosif de gaz putrides – méthane, hydrogène sulfuré, ammoniac – qui s’engouffrent sous la peau tendue et la couche de graisse épaisse, véritable barrière isolante emprisonnant la pression comme dans une énorme baudruche. Le transport cahoteux accentue le malheur : les secousses, les manipulations brutales au niveau du dos ou de l’abdomen déjà affaibli par le traumatisme initial font office de détonateur naturel. La paroi cède d’un coup, libérant la mixture sous haute pression dans une éruption volcanique de viscères qui arrose tout sur son passage. Même défunte, la nature peut encore riposter !

Heureusement, ce genre de catastrophe grotesque s’avère un phénomène rare, presque anecdotique dans l’histoire des échouages de cétacés qui parsèment pourtant les côtes mondiales. Les carcasses gonflent invariablement sous l’effet de cette fermentation interne, mais les autorités, rompues à l’exercice, pratiquent systématiquement une incision préventive pour libérer les gaz et éviter le pire – une sage précaution négligée à Tainan, où l’urgence logistique l’emporte sur la prudence. Parmi les cas emblématiques, la mésaventure taïwanaise devient virale.

L’Oregon, en novembre 1970, fournit un contrepoint hilarant et instructif à cette saga : à Florence, un autre cachalot de 13,8 mètres et 8 tonnes s’échoue sur la plage, semant la panique chez les locaux peu habitués à de tels colis indésirables. Les services d’autoroutes d’État, armés d’une confiance mal placée, optent pour une solution radicale : une demi-tonne de dynamite glissée sous le cadavre, censée le pulvériser en menus morceaux nettoyés ensuite par une nuée de mouettes affamées. Ignorant les mises en garde d’un démineur professionnel sur la quantité excessive d’explosifs, ils déclenchent la charge ; le résultat défie l’imagination – des quartiers de graisse de plusieurs tonnes filent sur plus d’un kilomètre, un bloc massif écrase le toit d’une vieille voiture garée à distance respectable, la foule de badauds hilares se retrouve aspergée de débris volants sous l’œil impavide d’une équipe de télévision locale qui immortalise le fiasco en direct.


Illustration: Image IA

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