En 1832, la moustache devient obligatoire en France pour tous les militaires, gendarmes compris. Elle symbolise l’autorité, la virilité et la force de l’Arme, au point que, au XIXᵉ siècle, les villageois préviennent de l’arrivée des forces publiques en criant : « Attention, les moustaches ! »
En 1836, lorsque le gouvernement interdit la moustache aux seuls gendarmes alors qu’elle reste autorisée pour les autres militaires, la décision provoque une vive indignation dans toute l’Arme. Les gendarmes y voient une humiliation et une atteinte à leur prestige, d’autant que la moustache fait déjà partie de leur image et de leur identité. Cette mesure, perçue comme discriminatoire, suscite des protestations et un fort mécontentement.
En 1841, sous le ministère du maréchal Soult, les gendarmes recouvrent enfin le droit – et l’obligation – de porter la moustache. À partir de 1846, elle doit même être taillée « en brosse », et non « en croc » (comme Dali).
En 1916, la Première Guerre mondiale et les masques à gaz rendent le rasage plus pratique pour des raisons d’hygiène et de sécurité. En 1933, la moustache devient facultative, puis la liberté totale s’installe après 1966. Aujourd’hui, elle n’est plus obligatoire, mais elle reste l’emblème d’une époque où le gendarme, fier et discipliné, arbore fièrement sa moustache « en brosse ».