Les gyrocars sont des véhicules expérimentaux à deux roues, une à l’avant et une à l’arrière. Contrairement à une moto, ils ne reposent pas sur l’équilibre du conducteur : un gyroscope maintient le châssis vertical et empêche le véhicule de basculer.
Le gyroscope est une roue lourde qui tourne à très grande vitesse à l’intérieur du véhicule. Lorsque le gyrocar commence à pencher, un système de contrôle détecte l’inclinaison et fait pivoter légèrement le gyroscope dans son support.
Grâce à la précession gyroscopique, cette rotation produit un couple de redressement. Si le véhicule penche à droite, le gyroscope génère une force qui le ramène vers la gauche, et inversement. Le gyroscope agit donc comme un stabilisateur actif : il ne fait pas avancer le gyrocar, mais il corrige en permanence son équilibre latéral.
Dans les modèles équipés de deux gyroscopes contrarotatifs, les effets parasites s’annulent. Le véhicule peut alors s’incliner naturellement dans les virages, à la manière d’une moto, tout en conservant sa stabilité.
Plusieurs gyrocars voient le jour au XXème siècle. Le Wolseley Gyrocar apparaît en 1914, suivi du gyrocar de Louis Brennan en 1927, qui utilise deux gyroscopes contrarotatifs entraînés électriquement. Plus récemment, le Gyro-X de 1967 démontre qu’un tel véhicule peut réellement fonctionner grâce à un gyroscope tournant à plusieurs milliers de tours par minute.
Malgré leur ingéniosité, ces gyrocars rencontrent des obstacles majeurs. Le système exige une énergie constante pour faire tourner le gyroscope, reste coûteux à produire et ajoute une mécanique complexe au véhicule.
À l’arrêt, le gyroscope doit continuer à tourner pour assurer l’équilibre. Si l’alimentation s’interrompt, des petites roues latérales se déploient afin d’éviter la chute. Face à la simplicité et à la fiabilité des voitures à quatre roues, les gyrocars restent finalement des curiosités techniques, mais ils illustrent une idée fascinante : remplacer la largeur d’un châssis par la physique du mouvement rotatif.