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12 AOÛT

Bonne fête aux Clarisse



Un instant en ce bas monde

Photo de iam hogir - Pexels

Un chat roux, posé avec une grâce toute féline sur une rambarde tiédie par le jour, observe le monde. Sous ses pattes s’étend un paysage sans fin d’abris humains, empilés, juxtaposés, comme une ruche infinie. Il les regarde avec une perplexité silencieuse.

Les humains aiment se rassembler, semble-t-il. Ils s’agglutinent, bâtissent les uns contre les autres, et pourtant, chacun protège farouchement son fragment d’espace. Ils passent, se croisent, s’évitent parfois, s’ignorent souvent, obéissant à des règles que le chat ne cherche même plus à comprendre.

Ils dévorent toutes sortes d’animaux - sans parler de cette curieuse fantaisie de les accompagner de diverses plantes -, mais aiment à caresser ses semblables et, encore plus incompréhensible, montrent la même affection pour les chiens. Ils détruisent ce qu’ils ont construit, puis recommencent, inlassablement. Ils peuplent le monde avec une ardeur étrange, comme s’ils craignaient le vide.

Le chat roux cligne lentement des yeux. Tout cela lui paraît à la fois agité et lointain, dense et sans importance.

Alors, avec l’élégance simple de ceux qui n’ont rien à prouver, il se lève, s'étire longuement, et s’en va, retournant à ses affaires de chat.

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Un peu de bonne humeur

Un indien heureux

Dans le désert du Névada, une touriste est tombée en panne d’essence. Pas une seule voiture en vue. Heureusement arrive un Indien à cheval qui s’arrête et lui dit :

- Montez derrière moi, je vais vous emmener à la prochaine station-service…

Et il repart avec elle au galop… Pendant tout le parcours, il crie : « Youpi ! Yahoo !» Il la dépose à la station et s’éloigne en lançant des « Youpi ! Yahoo !» à tout vent.

- Il avait l’air drôlement joyeux l’Indien ! dit le pompiste à la touriste. Qu’est-ce que vous lui avez fait ?

- Je ne sais pas ! Rien du tout ! J’étais derrière lui sur le cheval, les bras passés autour de sa taille, et je me tenais au pommeau de sa selle.

- Mais ma petite dame, vous ne savez pas que les Indiens montent toujours sans selle ?

 

Hitler et le vin blanc – Pierre Bénichou

Hitler ne buvait jamais de vin blanc, ça le rendait méchant.

 

Une retraite peu glorieuse

En juillet 1807, juste après les traités de Tilsit qui scellent une paix précaire avec la Russie, Napoléon organise une partie de chasse près de Paris pour célébrer ses victoires. Son fidèle chef d’état-major, Alexandre Berthier, veut impressionner l’Empereur et achète des milliers de lapins domestiques pour garnir le terrain. Au coup de sifflet, au lieu de détaler, les lapins se ruent en horde compacte vers Napoléon et ses officiers, attirés par l’odeur familière de leurs gardiens.

L’Empereur, surpris, voit les bêtes grimper sur ses bottes, ses jambes, son habit impérial ! La cavalerie sabre en vain, les coups de cravache s’abattent, mais la marée lapine submerge tout. Napoléon, habitué aux champs de bataille, grimpe en hâte dans son carrosse pour échapper à cette offensive inattendue.

La retraite tourne au sauve-qui-peut hilarant : soldats et généraux fuient à pied, à cheval, poursuivis par une nuée de lapins affamés. Loin des canons et des cuirassiers, cette « bataille » des lapins devient la plus cocasse des légendes napoléoniennes, rappelant que même les plus grands chefs peuvent plier face à une armée pourtant désarmée !

Savais-tu ?

L’échelle de Schmidt

Cette échelle permet de classer la douleur des piqûres d’hyménoptères, surtout abeilles, guêpes et fourmis, selon l’intensité ressentie. Elle fonctionne de 1 à 4, avec l’abeille domestique comme repère autour du niveau 2, une douleur nette mais supportable. Cette échelle sert à comparer de façon à la fois amusante et scientifique la virulence des piqûres entre espèces, sans viser à remplacer une évaluation médicale.

Justin O. Schmidt expérimente chaque piqûre en se laissant piquer volontairement par les insectes étudiés, souvent en utilisant des outils comme des pipettes ou des pinces pour diriger l’insecte vers une zone précise de son corps. Il ressent ensuite la douleur, note immédiatement sa durée, son intensité et ses caractéristiques, tout en attribuant un score entre 1 et 4. Au cours de sa carrière, il se fait piquer des centaines de fois par une cinquantaine d’espèces d’hyménoptères, transformant son corps en véritable instrument de mesure.

La fourmi balle de fusil (Paraponera clavata) est classée au niveau maximal de 4,0, avec une douleur très intense et durable, décrite comme comparable à marcher sur un charbon ardent avec un gros clou dans le talon. Sa piqûre provoque une douleur aiguë très intense qui peut durer plusieurs heures, accompagnée de brûlure, de fourmillements et parfois de spasmes musculaires. C’est donc cette fourmi sud‑américaine qui apparaît comme l’insecte le plus redoutable de l’échelle de Schmidt.

Les niveaux de douleur :

  • Douleur légère, brève, à peine plus qu’une piqûre de moustique (certaines petites abeilles, fourmi de feu).
  • Douleur nette, chaude ou fumante, désagréable mais supportable (abeille domestique, guêpes courantes).
  • Douleur forte, caustique ou brûlante, persistante plusieurs heures (certaines fourmis moissonneuses, guêpes Polistes).
  • Douleur extrêmement intense, quasi insupportable, très longue (fourmi balle de fusil, guêpes Pepsis / Synoeca).

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