Bonne fête aux Pierre
Sommaire
Les nouveautés du jour
Les évènements notables
1985 – Inauguration du premier Resto du Cœur à Paris
À l’initiative de Coluche, le premier centre des Restos du Cœur ouvre ses portes pour offrir des repas gratuits aux plus démunis pendant l’hiver. Pensée comme une action ponctuelle, l’initiative rencontre un immense élan de solidarité et se pérennise. Elle deviendra l’une des principales associations caritatives françaises, soutenue par des bénévoles et des dons, et symbolise l’engagement citoyen contre la pauvreté.
1983 – Révélation de « l’affaire des Avions renifleurs »
Le Canard enchaîné dévoile un vaste scandale politico-industriel : un programme financé par l’État pour détecter le pétrole depuis des avions reposait sur une technologie bidon. L’affaire met en cause des responsables politiques et souligne les dérives de la gestion publique. Elle devient emblématique des gaspillages et de la crédulité institutionnelle face à des promesses technologiques non éprouvées.
1947 – Projection du film Le Crabe aux pinces d’or
L’adaptation cinématographique de l’album de Tintin Le Crabe aux pinces d’or est projetée. Le film marque l’une des premières transpositions à l’écran de l’univers créé par Hergé. Bien que modeste, cette version contribue à populariser le personnage du capitaine Haddock et ouvre la voie à d’autres adaptations audiovisuelles des aventures de Tintin.
1937 – Sortie de Blanche-Neige et les sept nains
Aux États-Unis sort Blanche-Neige et les sept nains, premier long-métrage d’animation de Walt Disney. Pari jugé risqué, le film est un triomphe mondial. Il révolutionne le cinéma d’animation par sa narration, sa musique et sa technique, établissant Disney comme un acteur majeur du divertissement et ouvrant l’âge d’or des films d’animation.
1913 – Première publication d’une grille de mots croisés « Word Cross Puzzle »
Le 21 décembre 1913, le journal new-yorkais New York World publie la toute première grille de mots croisés, intitulée « Word Cross Puzzle », conçue par le journaliste britannique Arthur Wynne. En forme de losange, ce jeu de lettres inédit séduit immédiatement les lecteurs. Il donne naissance à un divertissement intellectuel mondialement populaire, rapidement repris par la presse et devenu un classique durable des journaux.
1903 – Attribution du premier prix Goncourt
Le tout premier prix Goncourt est décerné à Eugène Torquet, dit John-Antoine Nau, pour son roman Force ennemie. Créé pour récompenser un auteur d’imagination, le prix devient rapidement la distinction littéraire la plus prestigieuse en France. Il contribue à lancer des carrières et à structurer durablement la vie littéraire française.
1880 – Adoption de la loi Camille Sée sur l’enseignement des jeunes filles
La loi portée par Camille Sée institue un enseignement secondaire public pour les jeunes filles en France. Elle marque une avancée majeure pour l’éducation féminine, jusque-là très limitée. Bien que les programmes restent distincts de ceux des garçons, cette réforme ouvre l’accès des femmes à une formation plus complète et prépare les évolutions futures vers l’égalité scolaire.
1826 – Fondation de la République de Fredonia
Des colons anglo-américains proclament la République de Fredonia, sur un territoire alors mexicain du Texas. Cette entité éphémère, rapidement écrasée par les autorités mexicaines, préfigure les tensions menant à l’indépendance du Texas. L’épisode illustre les rivalités territoriales et l’expansion américaine en Amérique du Nord au XIXᵉ siècle.
1192 – Capture de Richard Cœur de Lion en Autriche
Sur le chemin du retour de la troisième croisade, le roi d’Angleterre Richard Cœur de Lion est capturé par le duc Léopold V d’Autriche. Emprisonné puis livré à l’empereur germanique, il ne sera libéré qu’après le paiement d’une lourde rançon. Cet événement affaiblit le pouvoir royal anglais et marque la fin de l’épopée chevaleresque du souverain.
Les naissances et décès notables
1977 – Naissance de Emmanuel Macron, banquier d’affaires français, ministre puis président de la République
1971 – Naissance de Matthieu Chedid dit -M-, musicien français
1969 – Naissance de Julie Delpy, actrice française
1959 – Naissance de Corinne Touzet, actrice française
1954 – Naissance de Christine Marie « Chris » Evert, joueuse de tennis américaine
1937 – Naissance de Jane Fonda, actrice et militante américaine
2019 – Décès de Emanuel Ungaro, grand couturier français, fondateur de la maison du même nom
1945 – Décès de George Smith Patton, militaire américain
1940 – Décès de Francis Scott Fitzgerald, romancier américain
1824 – Décès de James Parkinson, médecin et paléontologue anglais
Un peu de bonne humeur
Le bar le plus fun
Un Anglais, un Américain et un Belge sont dans un bar à Paris. Ils discutent et s’amusent et sont tous d’accord que c’est un endroit plaisant.
Alors l’Anglais dit : « C’est bien fun ici, mais à Londres, j’en connais un bien mieux qui s’appelle Chez Andrews. Là, tu achètes ta première bière, tu achètes ta deuxième bière, et Andrews lui-même te paye la troisième ! »
Mais l’Américain dit : « J’veux pas vous embêter, mais j’en connais un encore mieux !
Y’a un bar à New York qui s’appelle Chez John. Tu achètes ta première bière et John te paye la deuxième. Tu achètes ta troisième bière et John te paye la quatrième ! »
Alors le Belge dit : « Vous pensez que c’est un endroit tripant ? Ecoutez bien ça. Chez nous, il y a un bar qui s’appelle Chez Jef Vanderbrul. Vous ne me croirez pas, mais, Chez Vanderbrul, tu te fais payer ta première bière, tu te fais payer ta deuxième bière, tu te fais payer ta troisième bière, tu te fais payer ta quatrième bière, et là , tu peux aller dans une chambre au deuxième étage… et tu baises ! »
« Incroyable ! disent les deux autres. Est-ce que ça t’es réellement arrivé à toi ? »
« Non, répond le Belge, mais c’est arrivé à ma sœur ».
Le travail, une maladie ? – Pierre Desproges
La médecine du travail est la preuve que le travail est bien une maladie ! »
Une retraite peu glorieuse
En juillet 1807, juste après les traités de Tilsit qui scellent une paix précaire avec la Russie, Napoléon organise une partie de chasse près de Paris pour célébrer ses victoires. Son fidèle chef d’état-major, Alexandre Berthier, veut impressionner l’Empereur et achète des milliers de lapins domestiques pour garnir le terrain. Au coup de sifflet, au lieu de détaler, les lapins se ruent en horde compacte vers Napoléon et ses officiers, attirés par l’odeur familière de leurs gardiens.
L’Empereur, surpris, voit les bêtes grimper sur ses bottes, ses jambes, son habit impérial ! La cavalerie sabre en vain, les coups de cravache s’abattent, mais la marée lapine submerge tout. Napoléon, habitué aux champs de bataille, grimpe en hâte dans son carrosse pour échapper à cette offensive inattendue.
La retraite tourne au sauve-qui-peut hilarant : soldats et généraux fuient à pied, à cheval, poursuivis par une nuée de lapins affamés. Loin des canons et des cuirassiers, cette « bataille » des lapins devient la plus cocasse des légendes napoléoniennes, rappelant que même les plus grands chefs peuvent plier face à une armée pourtant désarmée !
Un peu de français
« Tchin-tchin » ?
L'expression « tchin-tchin » que l'on lance joyeusement en trinquant vient tout droit de Chine, où des soldats français l'entendent au début du XXe siècle, vers 1900, lors de la campagne de Canton. C'est une déformation amusante de « qing qing » ou « tsing tsing », une formule polie en pidgin cantonais qui signifie « je vous en prie, buvez ». De retour au pays, ces gaillards la popularisent dans les cafés et les dîners, transformant ce clin d'œil exotique en rituel convivial français, bien loin de l'idée romantique du bruit des verres qui s'entrechoquent – une explication plus tardive et fantaisiste.
Quant à l'habitude de trinquer avant de boire, elle plongerait ses racines au Moyen Âge en France, époque où les banquets regorgent de poisons et de trahisons. Les convives cognent vigoureusement leurs gobelets de métal pour verser un peu de leur boisson dans celui du voisin, partageant ainsi tout risque d'empoisonnement, tout en se fixant dans les yeux pour guetter la moindre lueur malveillante. Cette pratique antique, héritée des Grecs et Romains qui versaient des libations aux dieux, évolue en geste de confiance et de santé partagée, perdant peu à peu sa dimension défensive pour devenir le toast chaleureux que l'on connaît aujourd'hui.
« Conchage » ?
Le conchage est un procédé essentiel de fabrication du chocolat. Il consiste à malaxer la pâte de cacao dans une conche à une température de 50 à 85 °C pendant quelques heures à plusieurs jours. Ce processus affine la texture, élimine les arômes acides volatils et développe les notes chocolatées pour une onctuosité optimale.
Avant le conchage, le chocolatier reçoit du cacao brut, sous forme de fèves torréfiées ou de liqueur de cacao pure, sans additifs. Il ajoute ensuite lui-même le sucre, le lait en poudre, le beurre de cacao et d'autres ingrédients selon sa recette, avant de raffiner la pâte entre cylindres pour réduire les particules à environ 20 microns et obtenir une homogénéité granuleuse. Les additifs comme la lécithine s'incorporent ultérieurement par le chocolatier pour fluidifier ou prolonger la conservation.
Les types de conchage varient selon la température, la durée et les ajouts pour adapter le résultat final. Le conchage à sec brasse longuement sans eau à 50-85 °C, affinant lentement la texture, évacuant les acides volatils et développant des arômes riches et onctueux sur plusieurs jours, idéal pour les chocolats artisanaux traditionnels. Le conchage liquide incorpore du beurre de cacao pour fluidifier la masse, intensifier les arômes et obtenir une consistance lisse et brillante, souvent en phase finale. Le conchage humide accélère le processus avec de l'eau pour libérer rapidement les impuretés, produisant un résultat plus rapide mais potentiellement moins raffiné et onctueux, adapté à l'industrie. Enfin, le conchage à froid, à basse température sans eau ni chauffage excessif, préserve les arômes originels du cacao et évite l'oxydation, bien que rare en raison de sa complexité et réservé aux productions de la fève à la barre haut de gamme.
Savais-tu que...
La vinaigrette de Blaise Pascal
Une vinaigrette, dans le domaine du transport, est un petit véhicule à bras à deux roues, sorte de brouette-chaise dans lequel une personne voyage, tirée par un porteur placé entre les brancards (parfois aidé d’un pousseur). Ce carrosse léger urbain, qui apparaît au XVIIᵉ siècle et se répand aux XVIII-XIXème siècles surtout dans le Nord de la France, sert pour des trajets courts, notamment pour des personnes âgées ou malades ; en argot, il désigne aussi un véhicule cellulaire policier.
Un lien alors avec le panier à salade de la police ? Ce fourgon cellulaire argotique pour détenus - attesté au XIXème siècle -, évoque avec sa structure grillagée un panier percé qui secoue la salade. Bien qu’il partage avec la vinaigrette le sens argotique de véhicule policier (notamment dans le Nord comme à Lille), il ne dérive pas de celle-ci étymologiquement : l’un renvoie aux secousses d’un panier, l’autre aux charrettes des vinaigriers.
Les petites voitures des marchands de vinaigre sont des charrettes légères à deux roues, compactes et maniables, que les vinaigriers tirent à la main pour transporter fûts ou bouteilles en ville, adaptées aux ruelles étroites. La vinaigrette (véhicule pour passagers) prend son nom de leur ressemblance frappante : petite taille, structure rustique ; le terme évoque parfois les secousses du trajet, comme lorsque l’on agite une vinaigrette.
On attribue souvent à Blaise Pascal l’invention, ou du moins l’amélioration, de cette brouette-chaise à porteurs à deux roues que l’on appelle aussi vinaigrette, mais les sources soulignent l’absence de preuve formelle et parlent plutôt d’une tradition tenace. Les textes s’accordent en revanche à dire que Pascal met effectivement au point, en 1662, les premiers services de transport en commun parisiens avec ses « carrosses à cinq sols », ce qui renforce a posteriori l’association de son nom avec les innovations de transport individuel ou collectif.
Blaise Pascal est un inventeur de génie mais il semble qu’il n’y connaissait rien en cuisine.
