Bonne fête aux Alban
Aujourd’hui à la une
Les évènements notables
1994 – Lancement de l’opération Turquoise
Le 22 juin 1994, la France lance l’opération Turquoise au Rwanda, sous mandat de l’ONU, alors que le génocide des Tutsis bat son plein depuis avril. Cette intervention militaire humanitaire vise officiellement à protéger les populations civiles menacées. Si elle permet de sauver plusieurs milliers de personnes, elle est aussi vivement controversée : certains lui reprochent d’avoir facilité la fuite des génocidaires vers le Zaïre. L’opération prend fin le 21 août 1994.
1981 – John McEnroe : « You cannot be serious !”
Le 22 juin 1981, lors du tournoi de Wimbledon, le tennisman américain John McEnroe explose de colère après qu’un de ses services est déclaré faute par l’arbitre de chaise. Il lance alors sa désormais célèbre réplique « You cannot be serious ! », devenue l’une des phrases les plus iconiques du sport mondial. McEnroe, connu pour son caractère volcanique, remportera pourtant ce tournoi, battant Björn Borg en finale et mettant fin à sa série de cinq titres consécutifs.
1977 – Sortie du film d’animation “Les aventures de Bernard et Bianca” aux Etats-Unis
Le 22 juin 1977, Disney sort Les Aventures de Bernard et Bianca, adapté des romans de Margery Sharp. Ce film raconte les aventures de deux souris de la Société des Détectives Internationaux partant sauver une petite orpheline des griffes de la cruelle Médusa. Après les difficultés commerciales des années 1970, ce long métrage renoue avec le succès pour le studio. Il sera suivi d’une suite, Bernard et Bianca au pays des kangourous, en 1990.
1955 – Sortie du film d’animation “La belle et le clochard” aux Etats-Unis
Le 22 juin 1955, Disney sort La Belle et le Clochard dans les salles américaines. Adapté d’une nouvelle de Ward Greene, ce film raconte l’histoire d’amour entre Lady, une cocker spaniel de bonne famille, et Clochard, un chien errant des rues. Premier long métrage d’animation Disney en CinemaScope, il est notamment célèbre pour la scène romantique des spaghettis. Le film remporte un immense succès public et devient un classique intemporel.
1941 – Exhumation du corps de Tamerlan malgré la malédiction
Le 22 juin 1941, l’archéologue soviétique Mikhaïl Guerassimov ouvre le tombeau de Tamerlan à Samarcande, en Ouzbékistan, malgré une inscription menaçant de déchaîner la guerre sur quiconque oserait le profaner. Le même jour, Hitler lance l’opération Barbarossa contre l’URSS. Cette coïncidence troublante alimentera longtemps la légende de la malédiction du conquérant. Le corps de Tamerlan sera réinhumé en novembre 1942, peu avant la victoire soviétique de Stalingrad.
1941 – Lancement de l’opération Barbarossa
Le 22 juin 1941, l’Allemagne nazie lance l’opération Barbarossa, la plus grande offensive militaire de l’histoire, engageant près de trois millions de soldats sur un front de 2 900 kilomètres contre l’Union soviétique. Hitler rompt ainsi le pacte germano-soviétique de 1939. L’attaque-surprise dévaste les armées soviétiques dans un premier temps, mais se heurtera à la résistance acharnée de l’URSS, marquant le début du tournant de la Seconde Guerre mondiale à l’Est.
1886 – Adoption de la loi d’Exil relative aux membres des familles ayant régné en France
Le 22 juin 1886, la France adopte la loi d’exil bannissant du territoire les membres des familles ayant régné sur la France, visant principalement les Orléans et les Bonaparte. Cette loi, votée dans un contexte de tensions entre la République et les mouvements monarchistes, interdit également à ces familles de posséder des biens immobiliers en France. Elle ne sera abrogée qu’en 1950, permettant enfin à leurs descendants de revenir librement sur le territoire français.
1848 – Début des barricades lors de l’insurrection ouvrière de Paris contre la 2ème République
Le 22 juin 1848, Paris se soulève. Les ouvriers, chassés des Ateliers nationaux que le gouvernement provisoire vient de dissoudre, dressent des barricades dans les faubourgs populaires. Ces Journées de Juin, violemment réprimées par le général Cavaignac, font plusieurs milliers de morts. Cet épisode tragique révèle la fracture profonde entre la République bourgeoise et le prolétariat, et marque durablement l’histoire du mouvement ouvrier français.
1815 – Abdication de Napoléon Ier
Le 22 juin 1815, six jours après la défaite de Waterloo, Napoléon Ier abdique pour la seconde fois en faveur de son fils Napoléon II. Sous la pression des chambres parlementaires et de ses maréchaux, il renonce au pouvoir sans conditions. Il se rendra ensuite aux Anglais et sera exilé à Sainte-Hélène, où il mourra en 1821. Cette abdication met définitivement fin au Premier Empire et ouvre la voie à la Restauration monarchique en France.
1372 – Bataille de la Rochelle
Le 22 juin 1372, la flotte castillane alliée de la France, commandée par l’amiral Ambrosio Bocanegra, écrase la flotte anglaise au large de La Rochelle. Les Anglais perdent la quasi-totalité de leurs navires et leur commandant, le comte de Pembroke, est capturé. Cette victoire navale décisive permet à la France de reprendre le contrôle de la mer et marque un tournant majeur dans la guerre de Cent Ans, isolant les possessions anglaises en Aquitaine.
Les naissances et décès notables
1979 – Naissance de Thomas Voeckler, cycliste sur route français
1964 – Naissance de Dan Brown, auteur américain de romans policiers
1961 – Naissance de Jimmy Somerville (James William Somerville), auteur-compositeur-interprète vocal écossais, d’abord des groupes new wave « Bronski Beat » puis « The Communards »
1959 – Naissance de Nicola Sirkis, chanteur, guitariste et parolier du groupe Indochine
1953 – Naissance de Cyndi Lauper, chanteuse américaine
1949 – Naissance de Lindsay Wagner, actrice américaine (Super Jaimie)
1949 – Naissance de Meryl Streep, actrice américaine
1933 – Naissance de Jacques Martin, journaliste et animateur de télévision lyonnais et français
2022 – Décès de Yves Coppens, paléontologue et paléoanthropologue français
1987 – Décès de Fred Astaire, acteur, compositeur de cinéma, danseur et chanteur américain
1969 – Décès de Judy Garland, actrice américaine
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JE DÉCOUVREUn peu de bonne humeur
Mangez vert !
😒 A chaque fois que je vois une vache, je me dis que nous vendre qu'il suffit de bouffer de la verdure pour maigrir est quand même une sacrée arnaque !
Bonheur d’être à la campagne – Anonyme
Quel bonheur de se promener à la campagne, c'est des paysans !
L’abus de semlor est dangereux pour la santé
Adolphe‑Frédéric de Suède meurt le 12 février 1771 à la suite d’une indigestion fatale provoquée par un repas extrêmement copieux.
Les récits rapportent qu’il a enchaîné caviar, hareng, chou, homard, choucroute, abondamment arrosés de champagne, puis qu’il aurait mangé jusqu’à quatorze semlor, une brioche suédoise, avant d’être terrassé, probablement par un accident vasculaire cérébral consécutif à cette « orgie » alimentaire.
Les semlor sont des brioches traditionnelles suédoises associées au Mardi Gras (fettisdagen).
Elles consistent en de petits pains au lait parfumés à la cardamome, dont on coupe le sommet pour vider légèrement l'intérieur. Farcies de pâte d'amandes (souvent mélangée à de la mie et du lait), on y ajoute une généreuse crème fouettée, puis on recouvre du chapeau et on saupoudre de sucre glace.
Historiquement simples pains trempés dans du lait chaud, elles sont devenues une gour
Savais-tu ?
L’Autoped, ancêtre de la trottinette électrique

En 1915, une petite machine fait son apparition dans les rues de New York : l’Autoped. Debout sur une plateforme munie de pneus de 10 pouces, le conducteur file au milieu du trafic, les mains sur un guidon qui sert à la fois de volant, d’accélérateur et de frein.
L’engin se plie pour se ranger, s’équipe d’un phare, d’un feu arrière et même d’un klaxon. Son moteur à quatre temps, refroidi par air, trône sur la roue avant et transforme ce qui ressemble à une trottinette en véritable scooter rudimentaire.
Les postiers américains l’adoptent pour livrer les colis urgents, les policiers s’en emparent pour patrouiller, et jusqu’à une lady londonienne qui l’utilise chaque jour pour se rendre au travail. « Anybody who can ride a bicycle can ride a motor scooter », affirme Florence Priscilla Norman en 1916.
Malgré son efficacité, l’Autoped ne séduit pas assez pour durer. La production s’arrête en 1922, mais l’idée, elle, reste : celle d’une mobilité légère, debout, motorisée…
Astuce
Se gratter quand ça chatouille
Selon l’ORL Scott Schaffer, se gratter l’oreille quand la gorge chatouille stimulerait des nerfs de l’oreille qui déclencherait un réflexe aidant à calmer le spasme responsable de cette sensation désagréable. C’est une petite manœuvre simple, rapide et assez maligne, à tester avec douceur pour apaiser la gêne sans s’acharner à tousser... après, il est capital de bien analyser si la gorge chatouille ou si elle gratouille.
Un instant en ce bas monde

La nuit glaciale fige les ruelles de Whitechapel. L’air, lourd et immobile, étouffe chaque souffle. Les pas résonnent gravement sur les pavés humides, amplifiés par un silence anormal, presque hostile, enveloppant le quartier.
Les façades décrépites, lépreuses, dressent leurs silhouettes déformées sous la lumière tremblante des lampes à gaz. Leurs lueurs vacillantes projettent des ombres spectrales ondulant sur les murs, comme si la pierre elle-même frémissait d’un malaise atavique.
Un feulement strident déchire l’obscurité... une bande de chats s’agite dans un recoin, leurs yeux brillant un instant avant de disparaître. Plus loin, une porte claque brutalement, résonnant comme un coup de tonnerre dans le silence profond de la nuit.
Saturé d’odeurs âcres de fumées et de déchets en décomposition, l'air est imprégné d'une puanteur persistante de viande avariée s’échappant des abattoirs voisins. Elle colle à la gorge, s’insinue dans les vêtements, comme une présence insidieuse dont on ne peut se défaire.
De rares silhouettes se faufilent, pressées, la tête dans les épaules, évitant de croiser les regards. Ici, personne ne s’attarde. Ici, chacun sait - ou pressent - qu’il vaut mieux ne pas s'attarder, ne pas voir, ne pas entendre.
Un beuglement surgit alors, celui d’un homme ivre, titubant dans l’ombre. Sa voix rauque se brise contre les murs… puis, sans prévenir, un cri lui répond.
Aigu. Puissant. Inhumain.
Il déchire la nuit comme un éclat de verre brisé, vibrant, insoutenable, avant de s’éteindre net, comme étouffé par une main invisible.
Ensuite, plus rien.
S'abat alors un silence encore plus intense, un silence lourd de menace. Les fenêtres restent closes. Les rideaux frémissent à peine. Derrière les murs, on écoute sans bouger, le cœur suspendu.
Whitechapel retient son souffle.
Dans l’obscurité, quelque chose rôde.
Espace lecture
Ravage (1943) – René Barjavel
Et si le roman de science-fiction le plus troublant de cet été 2026 avait été publié… en 1943 ?
Avec Ravage, René Barjavel imagine l’effondrement soudain d’un monde entièrement dépendant de la technologie après une panne d’électricité mondiale.
La mégalopole s’arrête, puis se transforme en un brasier infernal ; les machines se taisent et les certitudes partent en fumée. Nous suivons François Deschamps, un jeune paysan perdu dans la ville, qui tente de survivre et de retourner à la terre alors que la civilisation moderne s’écroule. Ce qui rend Ravage particulièrement dérangeant aujourd’hui, c’est la façon dont ses images de feu et de chaos font écho à notre réalité actuelle : méga-feux de forêt, sécheresses, climat déréglé et le sentiment croissant que notre confort technologique ne nous protège plus vraiment. Relire Barjavel, ce n’est pas chercher une prophétie, mais faire face à une question troublante : que reste-t-il de nous quand les systèmes qui nous entourent cessent de fonctionner ? Court, percutant, parfois daté mais étonnamment visionnaire, Ravage est un classique à glisser dans votre pile de lecture pour réfléchir, entre deux alertes aux incendies, à ce que nous entendons réellement par « progrès ».
Barjavel imaginait déjà à l'époque ce que serait une tablette de lecture en 2050
La nuit cernait de tous côtés les dernières flammes de l'Ouest. François tira du dossier de son fauteuil le lecteur électrique et coiffa l'écouteur. La Compagnie Eurasiatique des Transports avait installé un de ces appareils sur chaque siège pour permettre aux voyageurs de lire la nuit sans déranger ceux de leurs voisins qui désiraient rester dans l'obscurité.
Une plaque extensible, que chacun pouvait agrandir ou rapetisser au format de son livre, s'appliquait sur la page et, dans l'écouteur, une voix lisait le texte imprimé. Cette voix, non seulement lisait Goethe, Dante, Mistral ou Céline dans le texte, avec l'accent d'origine, mais reprenait ensuite, si on le désirait, en haut de chaque page, pour en donner la traduction en n'importe quelle langue. Elle possédait un grand registre de tons, se faisait doctorale pour les ouvrages de philosophie, sèche pour les mathématiques, tendre pour les romans d'amour, grasse pour les recettes de cuisine. Elle lisait les récits de bataille d'une voix de colonel, et d'une voix de fée les contes pour enfants. Au dernier mot de la dernière ligne, elle faisait connaître par un « hum hum » discret qu'il était temps
de changer la plaque de page.
Cet appareil n'eût pas manqué de paraître miraculeux à un voyageur du XXe siècle égaré dans ce véhicule du XXIe. Le fonctionnement en était pourtant bien simple. La plaque, sensible à l'encre d'imprimerie, était branchée sur un minuscule poste émetteur de télévision installé dans le dossier de chaque fauteuil. Ce poste transmettait automatiquement l'image de la page au Central de Lecture de la Compagnie Eurasiatique des Transports, dans la banlieue de Vienne. Des cloisons insonores divisaient l'immeuble du Central en une dizaine de milliers de minuscules cabines. Dans ces dix mille cabines, devant dix mille écrans semblables, étaient enfermés dix mille lecteurs et lectrices de tous âges et de toutes nationalités.
Des standardistes polyglottes triaient les réceptions, les branchaient par
langues sur des sous-standards qui les distribuaient ensuite par genre littéraire. Il ne fallait guère plus de quelques secondes pour que l'image de la page arrivât au lecteur compétent, qui se mettait aussitôt à lire dans le ton dont il était spécialiste. Un tel larmoyait pendant huit heures sur des ouvrages sentimentaux. Telle autre souriait à longueur de journée dans sa solitude, pour lire avec grâce des conseils de beauté.
C'était, en somme, une parfaite mais banale installation de télélecture, comme il en existait environ une dizaine en Europe, à l'usage des vieillards dont la vue baissait, des aveugles, et des solitaires qui désiraient se donner à la fois la compagnie d'un livre ami et celle d'une voix humaine.
François Deschamps disposa la plaque sur son roman policier et tourna, sur l'écouteur, le minuscule bouton qui mettait l'appareil en marche. Une voix dramatique murmura à son oreille :
« Chapitre premier. – L'inspecteur Walter enfonça la porte d'un coup d'épaule et s'arrêta stupéfait : à un clou du plafond pendait, intact, le menton soulevé par la corde, le cadavre de M. Lecourtois qu'il avait découvert, la veille, décapité... »
Le jeune homme renonça à connaître l'explication de ce mystère. Il ôta
l'écouteur et s'endormit.
Le train entrait en gare de Lyon-Perrache.
