Je soutiens le projet

26 MARS

Bonne fête aux Larissa

Aujourd’hui à la une

Les évènements notables

2005 – Reprise de la série Doctor Who après 16 ans d’arrêt

Le 26 mars 2005, la BBC diffuse le premier épisode de la série relancée Doctor Who, avec Christopher Eccleston dans le rôle du Docteur et Billie Piper en compagne Rose Tyler. La série originale, lancée en 1963, avait été interrompue en 1989. Ce reboot, produit par Russell T Davies, rencontre un succès immédiat et durable, faisant de Doctor Who l’une des franchises de science-fiction les plus populaires du monde anglophone.

1978 – Libération du baron Empain

Le 26 mars 1978, le baron Édouard-Jean Empain, puissant industriel franco-belge président du groupe Schneider, est relâché par ses ravisseurs après 63 jours de captivité. Enlevé à Paris le 23 janvier, il avait eu une phalange sectionnée pour faire pression sur sa famille. La rançon ne fut jamais officiellement versée. L’affaire, qui avait tenu la France en haleine, inspira plusieurs œuvres cinématographiques dont le film Baron Noir.

1975 – Sortie française des Sentiers de la gloire de Kubrick

Le 26 mars 1975, le film Les Sentiers de la gloire de Stanley Kubrick sort enfin en France, dix-huit ans après sa réalisation en 1957. Le film, relatant l’exécution arbitraire de soldats français pendant la Première Guerre mondiale, avait été interdit en France sous pression des autorités militaires. Ce chef-d’œuvre avec Kirk Douglas dénonce avec une force implacable l’absurdité de la guerre et l’injustice des hiérarchies militaires.

1953 – Jonas Salk annonce le vaccin contre la poliomyélite

Le 26 mars 1953, le biologiste américain Jonas Salk annonce publiquement à la radio avoir mis au point un vaccin efficace contre la poliomyélite, maladie paralysante qui frappait massivement les enfants. Après des essais concluants sur des millions d’enfants américains, le vaccin est déclaré sûr et efficace en avril 1955. Salk refuse de breveter sa découverte, souhaitant la rendre accessible au plus grand nombre dans le monde entier.

1766 – Fin de la révolte contre Esquilache

Le 26 mars 1766, la révolte contre le marquis de Squillace — Leopoldo de Gregorio, ministre italien de Charles III d’Espagne — se termine à Madrid après plusieurs jours d’émeutes. La population s’était soulevée contre ses réformes jugées autoritaires, notamment l’interdiction des capes longues et des chapeaux à larges bords. Le roi dut céder, renvoyant son ministre. Les jésuites, soupçonnés d’avoir attisé la révolte, furent expulsés d’Espagne l’année suivante.

1757 – Audition de Robert-François Damiens

Le 26 mars 1757, Robert-François Damiens est auditionné lors de son procès pour avoir blessé le roi Louis XV d’un coup de canif le 5 janvier 1757 à Versailles. La blessure, superficielle, n’avait pas mis la vie du roi en danger. Condamné pour régicide, Damiens est écartelé le 28 mars 1757 en place de Grève à Paris, dans des conditions d’une barbarie extrême, au terme d’un supplice qui scandalisa une partie de l’Europe éclairée.

Les naissances et décès notables

1985 – Naissance de Keira Knightley, actrice américaine
1963 – Naissance de Roch Voisine, chanteur et joueur de hockey sur glace canadien
1944 – Naissance de Diana Ross, chanteuse américaine
1931 – Naissance de Leonard Nimoy, acteur et réalisateur américain

2020 – Décès de Michel Hidalgo, joueur et entraîneur de football français
1923 – Décès de Sarah Bernhardt, actrice et peintre française
1827 – Décès de Ludwig van Beethoven, compositeur allemand
1814 – Décès de Joseph Ignace Guillotin, médecin français, inventeur de la guillotine



Découvrez chaque semaine un journal PDF riche, soigné et entièrement sans publicité. Plus de contenus, plus de plaisir de lecture, sans aucune distraction.

JE DÉCOUVRE

Lien vers la page

Un instant en ce bas monde

Il y a ce petit rectangle cartonné au fond de la poche, oublié entre un ticket de caisse et quelques pièces. Tant qu’il reste intact, il contient toutes les vies possibles. Il est encore pur, encore indécis, suspendu dans cet entre-deux presque quantique où tout peut arriver. Millionnaire discret, exilé volontaire sous les tropiques, propriétaire d’une vieille bâtisse à retaper en Toscane ou simple fantôme évaporé du quotidien - tout coexiste. Il suffit de ne pas gratter, de prolonger cet instant fragile où l’avenir est encore une promesse.

Alors on s’autorise. On laisse dériver l’esprit. On réécrit sa biographie avec une facilité déconcertante. On démissionne avec élégance, on disparaît sans explication, on achète du temps, du silence, de la distance. On imagine les valises jamais défaites, les billets sans retour, les réveils sans contrainte. On devient soudain quelqu’un d’autre - ou peut-être enfin soi-même, débarrassé de ce qui pèse. Tout cela pour quelques euros investis dans une illusion soigneusement emballée.

Et puis vient le moment, toujours un peu brutal, où il faut bien savoir. L’ongle attaque la surface argentée, méthodique, presque solennel. Le rêve se rétracte à mesure que la poudre s’effrite. Les symboles apparaissent, indifférents, implacables. Et avec eux, la banalité reprend ses droits. Rien. Ou presque rien. Juste assez pour recommencer, jamais assez pour changer.

C’est là que la mécanique se révèle dans toute sa cruauté tranquille. Car pendant que vous rangiez votre déception dans un coin de votre esprit, quelque part, quelqu’un d’autre a gagné. Et pas forcément quelqu’un de méritant, ni de particulièrement digne. Non, plus probablement ce type insupportable du troisième étage, celui qui parle trop fort, qui ne dit jamais bonjour et qui laisse ses poubelles sur le palier. La vie ignore le sens de la justice, seulement une logique statistique, froide et aveugle.

Alors on replie le ticket, ou on le jette, et on repart avec cette étrange lucidité : le vrai luxe n’était pas de gagner, mais d’y croire encore un peu.

Lien vers la page

Un peu de bonne humeur

Comment ne pas avoir de requins

En Floride un touriste étranger, avant de se baigner sur une plage tranquille, demande à un pêcheur :

– Il y a des requins ici ?

– Non non, rassurez-vous, il n’y en a plus depuis des années !

Il se baigne longuement et en sortant de l’eau il demande au pêcheur :

– Comment avez-vous fait pour vous en débarrasser ?

– Nous on a rien fait. Les crocodiles s’en sont chargés.

 

Violence en politique

Deux hommes, en costume-cravatte, déjeunent au restaurant tout en s'invectivant copieusement :

- Faquin de conservateur !

- Maraud de progressiste !

A quelques tables de là, un mari dit alors à sa femme :

- Après l'ultra droite et l'ultra gauche, maintenant c'est l'ultra centre qui se réveille. La prochaine élection m'inquiète.

Mort pour avoir eu raison

En juin 1871, à Lebanon dans l'Ohio, Clément Vallandigham, un avocat américain de 50 ans, défend un client accusé de meurtre lors d'une fusillade dans un bar. Pour prouver l'innocence de son client, il reconstitue la scène en prenant un pistolet qu'il croit déchargé, alors que non.

Vallandigham place l'arme dans sa poche, la sort en la pointant vers son abdomen pour démontrer comment la victime aurait pu se suicider accidentellement, et presse la détente. La balle le blesse mortellement au ventre ; il expire le lendemain matin, le 17 juin 1871. Paradoxalement, cette démonstration convainc le jury, et son client est acquitté.

Figure politique controversée, Vallandigham était un "Copperhead", opposant à Lincoln et à la Guerre de Sécession, exilé puis revenu aux États-Unis après le conflit. Sa mort entre dans les annales des morts insolites par son absurdité professionnelle.

Lien vers la page

Savais-tu ?

« Bistrot » ?

Le mot bistrot intrigue par son origine modeste et profondément populaire, bien ancrée dans le terroir français où les mots naissent au coin du feu ou du comptoir. Les linguistes le rattachent aujourd’hui au poitevin « bistraud », ce petit serviteur zélé des marchands de vin qui trime dans l’ombre des tonneaux, sert les verres et finit par donner son nom au cabaret lui-même – un lieu convivial où l’on trinque sans chichis, entre amis d’enfance ou inconnus du quartier. À côté, « bistouille » ou « bistrouille » évoque ce mélange rustique et corsé d’alcool frelaté et de café brûlant, typique des débits de boisson du peuple où l’on noie les soucis dans une gorgée âpre ; ces termes familiers colorent le mot d’une saveur authentique, presque odorante de zinc tiède, de tabac froid et de camaraderie oubliée.

La légende russe, si romantique et pleine de panache, fait sourire les savants qui la dissèquent : imaginez des cosaques hirsutes, débarqués à Paris en 1814 après la débâcle napoléonienne, criant « bystro ! » - « vite ! » - aux tenanciers dépassés pour hâter le service d’un verre ou d’une soupe. Et hop, naît le bistrot, symbole d’urgence joyeuse ! Mais l’histoire patine sérieusement, car le terme n’apparaît dans les dictionnaires qu’en 1880, plus de soixante ans après ces supposés cris slaves, trop tard pour coller aux faits historiques. Ainsi, le bistrot reste ce coin de France authentique et éternel, loin des invasions exotiques, un mot né dans la vapeur des verres embués, les rires gras des habitués et l’odeur tenace du quotidien parisien.

Lien vers la page