La France passe à l’heure d’été le 28 mars 1976, une mesure qui avance les horloges d’une heure pour économiser de l’énergie après le choc pétrolier de 1973. Cette décision, prise sous Valéry Giscard d’Estaing et annoncée dès 1975 par André Rossi, aligne les activités quotidiennes sur la lumière du jour, réduit les besoins en éclairage vespéral et favorise la sécurité routière ainsi que les loisirs extérieurs.
La France expérimente l’heure d’été dès la Première Guerre mondiale, en 1916, pour économiser du charbon dédié à l’éclairage au profit de l’effort de guerre. Proposée par le député André Honnorat, la loi du 14 juin 1916 suscite des débats houleux – on l’accuse même de calquer l’Allemagne, qui l’applique en avril – mais les alliés britannique et italien influencent son adoption. Le passage se fait à 23h, avec un retour à l’heure normale en octobre, renouvelé en 1917 et 1918 ; l’expérience s’avère positive, avec des économies d’énergie sans perturbations majeures.
En 1945, l’heure d’été ne disparaît pas vraiment : le système saisonnier s’arrête, et la France reste fixée toute l’année à l’ancienne heure d’été (UTC+1), dite « heure légale européenne ». Après l’heure allemande imposée (UTC+2) en zone occupée, un décret du 14 août 1945 prévoit un recul progressif, mais celui du 5 novembre annule la seconde étape à treize jours près, optant pour la stabilité administrative dans le chaos de la reconstruction. Sans urgence énergétique post-guerre, cette période sans alternance dure jusqu’au choc pétrolier, qui ravive la mesure en 1976.