Bonne fête aux Camille
Aujourd’hui à la une
Les évènements notables
1995 – Le meurtre de Jean-Bernard Wiktorska inspiré par un épisode de Colombo
Le 14 juillet 1995, Jean-Bernard Wiktorska meurt à Sarcelles dans un accident qui, au premier regard, semble indiquer un accident domestique ou sportif. Cependant l’histoire prend vite une toute autre tournure. Il semble que le crime suive un scénario de mise en scène déjà vu il n’y a pas si longtemps à la télévision.
1974 – Mise en service du réacteur Phénix
Le 14 juillet 1974, le réacteur nucléaire Phénix est mis en service à Marcoule, dans le Gard. Ce réacteur à neutrons rapides refroidi au sodium, d’une puissance de 250 mégawatts, constitue une prouesse technologique française et un prototype unique au monde. Il fonctionnera jusqu’en 2009, contribuant à la recherche sur le cycle du combustible nucléaire et la transmutation des déchets radioactifs.
1964 – Jacques Anquetil est le 1er coureur à remporter le Tour de France pour la 5ème fois
Le 14 juillet 1964, Jacques Anquetil remporte son cinquième Tour de France, devenant le premier coureur de l’histoire à réaliser cet exploit. Le Normand, maître du contre-la-montre, domine une décennie de cyclisme français et mondial. Sa rivalité légendaire avec Raymond Poulidor, jamais vainqueur du Tour, a passionné des générations de supporters français.
1949 – Explosion de la 1ère bombe atomique soviétique
Le 14 juillet 1949, l’Union soviétique procède à son premier essai nucléaire, baptisé « Joe-1 » par les Américains, sur le site de Semipalatinsk au Kazakhstan. Cet événement, rendu public en septembre par les États-Unis, met fin au monopole nucléaire américain et marque l’entrée dans une nouvelle phase de la guerre froide, accélérant la course aux armements entre les deux superpuissances.
1880 – Le 14 juillet devient le jour de la Fête Nationale française
Le 14 juillet 1880, la France célèbre pour la première fois officiellement sa fête nationale, instituée par la loi du 6 juillet votée à l’initiative du député Benjamin Raspail. La date commémore à la fois la prise de la Bastille en 1789 et la Fête de la Fédération de 1790. Défilés militaires et feux d’artifice s’imposent rapidement comme les rituels incontournables de cette journée républicaine.
1880 – Apparition de la devise “Liberté, Égalité, Fraternité” sur les frontons des institutions publiques françaises
Le 14 juillet 1880, jour de la première fête nationale officielle, la devise républicaine « Liberté, Égalité, Fraternité » apparaît pour la première fois sur les frontons des bâtiments publics français. Héritée de la Révolution, cette trilogie devient le symbole de la IIIe République triomphante, affirmant les valeurs fondatrices d’un régime républicain enfin stabilisé après des décennies de soubresauts politiques.
1795 – Adoption de la Marseillaise comme hymne national français
Le 14 juillet 1795, la Convention nationale adopte officiellement La Marseillaise comme hymne national français. Composée en 1792 par Rouget de Lisle à Strasbourg sous le titre Chant de guerre pour l’armée du Rhin, elle avait été popularisée par les fédérés marseillais montant sur Paris. Elle sera détrônée sous l’Empire et la Restauration avant d’être définitivement rétablie en 1879.
1790 – Fête de la Fédération, pour le 1er anniversaire de la prise de la Bastille, organisée sur les Champ-de-Mars à Paris
Le 14 juillet 1790, la Fête de la Fédération réunit au Champ-de-Mars à Paris des centaines de milliers de personnes venues de toute la France pour célébrer le premier anniversaire de la prise de la Bastille. Louis XVI prête serment à la Constitution devant une foule en liesse. Cette journée d’unité nationale et de fraternité républicaine restera comme l’un des moments les plus lumineux de la Révolution.
1789 – Prise de la Bastille à Paris pour libérer 7 prisonniers
Le 14 juillet 1789, une foule de plusieurs centaines de Parisiens prend d’assaut la forteresse de la Bastille, symbole de l’arbitraire royal. Après de violents combats, le gouverneur de Launay capitule et est lynché. Seuls sept prisonniers y sont détenus. Cet événement fondateur de la Révolution française marque la fin de l’Ancien Régime et entre dans la mémoire collective comme symbole de la liberté reconquise.
1755 – Pascal Paoli est élu général en chef de la nation corse
Le 14 juillet 1755, Pascal Paoli est élu général en chef de la nation corse lors d’une assemblée réunie à Corte, devenant le chef de l’île alors sous domination génoise. Il instaure une constitution démocratique remarquablement avancée pour l’époque, inspirée des Lumières. Son règne prend fin en 1769 lorsque la France, ayant racheté la Corse à Gênes, soumet l’île par la force.
1518 – Epidémie de danse à Strasbourg
Le 14 juillet 1518, une femme prénommée Frau Troffea commence à danser frénétiquement dans une rue de Strasbourg sans pouvoir s’arrêter. En quelques jours, plusieurs centaines de personnes sont prises du même mal, dansant jusqu’à l’épuisement, voire la mort. Cette mystérieuse épidémie de danse, qui durera plusieurs semaines, reste l’un des épisodes les plus énigmatiques de l’histoire médiévale européenne.
Les naissances et décès notables
1987 – Naissance de Malika Ménard, miss France 2010
1953 – Naissance de Dorothée, animatrice télé française
1934 – Naissance de Gotlib, dessinateur français
1919 – Naissance de Lino Ventura, acteur Italien
1602 – Naissance de Jules Mazarin, Cardinal franco-italien
1993 – Décès de Léo Ferré, chanteur monégasque
1881 – Décès de Billy the Kid, criminel américain
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JE DÉCOUVREUn peu de bonne humeur
Croyant ou schizo – Pierre Desproges
« Si vous parlez à Dieu, vous êtes croyant… s’il vous répond, vous êtes schizophrène. »
Tu ne te plains jamais ?
😯 C'est bizarre, tu ne te plains jamais.
😏 Bah oui, quand je suis né, j'étais à poil, chauve, sans dent, je chialais et j'étais incontinent, donc tout ce qui m'arrive depuis n'est que du bonus.
Mort pour avoir eu raison
En juin 1871, à Lebanon dans l'Ohio, Clément Vallandigham, un avocat américain de 50 ans, défend un client accusé de meurtre lors d'une fusillade dans un bar. Pour prouver l'innocence de son client, il reconstitue la scène en prenant un pistolet qu'il croit déchargé, alors que non.
Vallandigham place l'arme dans sa poche, la sort en la pointant vers son abdomen pour démontrer comment la victime aurait pu se suicider accidentellement, et presse la détente. La balle le blesse mortellement au ventre ; il expire le lendemain matin, le 17 juin 1871. Paradoxalement, cette démonstration convainc le jury, et son client est acquitté.
Figure politique controversée, Vallandigham était un "Copperhead", opposant à Lincoln et à la Guerre de Sécession, exilé puis revenu aux États-Unis après le conflit. Sa mort entre dans les annales des morts insolites par son absurdité professionnelle.
Savais-tu ?
« Je te dis Merde »
En France, marcher dans une crotte du pied gauche est censé porter bonheur. Cette croyance mélange plusieurs superstitions populaires.
La « merde » évoque d’abord le théâtre. Autrefois, les spectateurs arrivent en calèche et les chevaux salissent les rues devant les salles. Plus il y a de crottin, plus le spectacle attire de monde. Peu à peu, le mot « merde » devient donc une manière détournée de souhaiter le succès.
Le pied gauche ajoute une dimension symbolique. Depuis longtemps, la gauche est associée au mauvais sort et au mystérieux. Marcher dans une crotte avec ce pied revient alors, selon la superstition, à humilier le Mal et à conjurer le mauvais œil.
Astuce
Un savon sous les draps
Glisser un morceau de savon de Marseille sous les draps est une petite astuce de grand-mère qui séduirait de plus en plus de curieux en quête de bien-être naturel. Réputé pour sa composition simple et ses propriétés apaisantes, ce savon traditionnel pourrait aider à réduire les sensations d’inconfort nocturne, notamment les crampes, tout en diffusant une légère odeur propre et rassurante. Sans effort ni dépense excessive, ce geste invite à redécouvrir des solutions d’antan, douces et authentiques, pour améliorer la qualité du sommeil.
Cette astuce permet également de redonner une utilité à une chaussette esseulée après une lessive en y glissant le savon avant de le placer sous les draps.
Un instant en ce bas monde

Je le sens approcher, discrètement mais inévitablement. Surtout ne pas croiser son regard, rester concentré, ignorer cet appel silencieux. La tâche relève presque de l’exploit : il est redoutable, l’animal, et cela fait des années qu’il perfectionne sa technique.
Je résiste, autant que possible. Mais je n’ai pas sa patience. Il perçoit la moindre faille, le plus infime moment d’hésitation, dès que mon regard dévie vers lui. Alors, implacable, il pose sa truffe humide sur mon genou, sans jamais me quitter des yeux.
La lutte pourrait durer, mais elle est perdue d’avance. Il le sait. Je le sais.
Je cède finalement — après tout, ce ne sont que quelques morceaux de fromage. Je les lui tends. Il feint presque la surprise, comme si cette scène ne se rejouait pas chaque jour à l’identique. Puis, avec une précision admirable, il s’en empare : rapide, sûr, sans jamais effleurer mes doigts pourtant sans défense.
Mission accomplie.
Il se retire, pleinement satisfait, laissant derrière lui l’unique trace de son passage : une tache de bave sur mon pantalon propre du jour.
Espace lecture
Ravage (1943) – René Barjavel
Et si le roman de science-fiction le plus troublant de cet été 2026 avait été publié… en 1943 ?
Avec Ravage, René Barjavel imagine l’effondrement soudain d’un monde entièrement dépendant de la technologie après une panne d’électricité mondiale.
La mégalopole s’arrête, puis se transforme en un brasier infernal ; les machines se taisent et les certitudes partent en fumée. Nous suivons François Deschamps, un jeune paysan perdu dans la ville, qui tente de survivre et de retourner à la terre alors que la civilisation moderne s’écroule. Ce qui rend Ravage particulièrement dérangeant aujourd’hui, c’est la façon dont ses images de feu et de chaos font écho à notre réalité actuelle : méga-feux de forêt, sécheresses, climat déréglé et le sentiment croissant que notre confort technologique ne nous protège plus vraiment. Relire Barjavel, ce n’est pas chercher une prophétie, mais faire face à une question troublante : que reste-t-il de nous quand les systèmes qui nous entourent cessent de fonctionner ? Court, percutant, parfois daté mais étonnamment visionnaire, Ravage est un classique à glisser dans votre pile de lecture pour réfléchir, entre deux alertes aux incendies, à ce que nous entendons réellement par « progrès ».
Barjavel imaginait déjà à l'époque ce que serait une tablette de lecture en 2050 :
La nuit cernait de tous côtés les dernières flammes de l'Ouest. François tira du dossier de son fauteuil le lecteur électrique et coiffa l'écouteur. La Compagnie Eurasiatique des Transports avait installé un de ces appareils sur chaque siège pour permettre aux voyageurs de lire la nuit sans déranger ceux de leurs voisins qui désiraient rester dans l'obscurité.
Une plaque extensible, que chacun pouvait agrandir ou rapetisser au format de son livre, s'appliquait sur la page et, dans l'écouteur, une voix lisait le texte imprimé. Cette voix, non seulement lisait Goethe, Dante, Mistral ou Céline dans le texte, avec l'accent d'origine, mais reprenait ensuite, si on le désirait, en haut de chaque page, pour en donner la traduction en n'importe quelle langue. Elle possédait un grand registre de tons, se faisait doctorale pour les ouvrages de philosophie, sèche pour les mathématiques, tendre pour les romans d'amour, grasse pour les recettes de cuisine. Elle lisait les récits de bataille d'une voix de colonel, et d'une voix de fée les contes pour enfants. Au dernier mot de la dernière ligne, elle faisait connaître par un « hum hum » discret qu'il était temps
de changer la plaque de page.
Cet appareil n'eût pas manqué de paraître miraculeux à un voyageur du XXe siècle égaré dans ce véhicule du XXIe. Le fonctionnement en était pourtant bien simple. La plaque, sensible à l'encre d'imprimerie, était branchée sur un minuscule poste émetteur de télévision installé dans le dossier de chaque fauteuil. Ce poste transmettait automatiquement l'image de la page au Central de Lecture de la Compagnie Eurasiatique des Transports, dans la banlieue de Vienne. Des cloisons insonores divisaient l'immeuble du Central en une dizaine de milliers de minuscules cabines. Dans ces dix mille cabines, devant dix mille écrans semblables, étaient enfermés dix mille lecteurs et lectrices de tous âges et de toutes nationalités.
Des standardistes polyglottes triaient les réceptions, les branchaient par
langues sur des sous-standards qui les distribuaient ensuite par genre littéraire. Il ne fallait guère plus de quelques secondes pour que l'image de la page arrivât au lecteur compétent, qui se mettait aussitôt à lire dans le ton dont il était spécialiste. Un tel larmoyait pendant huit heures sur des ouvrages sentimentaux. Telle autre souriait à longueur de journée dans sa solitude, pour lire avec grâce des conseils de beauté.
C'était, en somme, une parfaite mais banale installation de télélecture, comme il en existait environ une dizaine en Europe, à l'usage des vieillards dont la vue baissait, des aveugles, et des solitaires qui désiraient se donner à la fois la compagnie d'un livre ami et celle d'une voix humaine.
François Deschamps disposa la plaque sur son roman policier et tourna, sur l'écouteur, le minuscule bouton qui mettait l'appareil en marche. Une voix dramatique murmura à son oreille :
« Chapitre premier. – L'inspecteur Walter enfonça la porte d'un coup d'épaule et s'arrêta stupéfait : à un clou du plafond pendait, intact, le menton soulevé par la corde, le cadavre de M. Lecourtois qu'il avait découvert, la veille, décapité... »
Le jeune homme renonça à connaître l'explication de ce mystère. Il ôta
l'écouteur et s'endormit.
Le train entrait en gare de Lyon-Perrache.
