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22 JUILLET

Bonne fête aux Madeleine

Aujourd’hui à la une

Les évènements notables

2011 – Attentats d’Oslo et d’Utøya

Le 22 juillet 2011, Anders Behring Breivik commet deux attaques terroristes en Norvège. Une bombe explose d’abord près des bâtiments gouvernementaux d’Oslo, faisant huit morts. Breivik se rend ensuite sur l’île d’Utøya où il massacre soixante-neuf participants d’un camp de jeunesses travaillistes. Cet attentat d’extrême droite, le plus meurtrier de l’histoire norvégienne, provoque une onde de choc dans toute l’Europe.

2006 – Des ouvriers en Chine, fabriquant des jouets pour Happy Meal, se révoltent contre leurs conditions de travail

Le 22 juillet 2006, des centaines d’ouvriers de l’usine Baifu Toys de Shenzhen, en Chine, se révoltent contre leurs conditions de travail déplorables. Ces travailleurs, employés à fabriquer les jouets des Happy Meals de McDonald’s, dénoncent des salaires misérables, des horaires excessifs et des conditions sanitaires indignes. Cet épisode médiatisé relance le débat mondial sur les conditions de production dans les ateliers chinois.

1472 – Fin du siège de Beauvais qui voit les Bourguignon repoussés grâce à Jeanne Hachette

Le 22 juillet 1472, les troupes bourguignonnes de Charles le Téméraire lèvent le siège de Beauvais après un mois d’efforts infructueux. La résistance acharnée des habitants, incarnée par Jeanne Laisné, dite Jeanne Hachette, qui arracha l’étendard bourguignon des mains d’un assaillant ayant escaladé les remparts, contribue à repousser l’envahisseur. Louis XI institua en son honneur une procession annuelle à Beauvais.

1461 – Décès du roi de France Charles VII

Le 22 juillet 1461, Charles VII, dit le Victorieux, meurt à Mehun-sur-Yèvre à l’âge de cinquante-huit ans, d’une inflammation de la bouche l’ayant empêché de s’alimenter. Couronné à Reims en 1429 grâce à Jeanne d’Arc, il avait réussi à chasser les Anglais de France et à mettre fin à la guerre de Cent Ans. Son fils lui succède sous le nom de Louis XI.

1298 – Défaite des écossais à la bataille de Falkirk

Le 22 juillet 1298, l’armée anglaise d’Édouard Ier écrase les forces écossaises de William Wallace à Falkirk, en Écosse. Les schiltroms, formations défensives de piquiers écossais qui avaient triomphé à Stirling l’année précédente, sont décimés par les archers gallois anglais. Cette défaite met fin à l’ascension militaire de Wallace, qui sera capturé, jugé pour trahison et exécuté avec une grande brutalité en 1305.

1209 – Sac de Béziers durant la croisade des albigeois

Le 22 juillet 1209, les croisés catholiques commandés par Simon de Montfort s’emparent de Béziers et massacrent l’ensemble de sa population, estimée à plusieurs milliers d’habitants, sans distinction entre catholiques et cathares. L’abbé Arnaud Amaury aurait répondu à ceux qui s’interrogeaient sur la façon de distinguer les hérétiques des fidèles : « Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens. » Cet épisode sanglant inaugure brutalement la croisade contre les Albigeois.

Les naissances et décès notables

2013 – Naissance du prince George de Cambridge, 2e dans l’ordre de succession au trône du Royaume-Uni
1992 – Naissance de Selena Gomez, actrice, chanteuse, musicienne, auteure-compositrice-interprète, productrice de musique, styliste, femme d’affaires
1973 – Naissance de Christophe Michalak, pâtissier français
1955 – Naissance de Willem Dafoe, acteur, scénariste et producteur américain
1946 – Naissance de Mireille Mathieu, chanteuse française
1882 – Naissance de Edward Hopper, peintre américain

2025 – Décès de Ozzy Osbourne, chanteur du groupe de heavy metal anglais Black Sabbath
2021 – Décès de Jean-Yves Lafesse, acteur français
2004 – Décès de Sacha Distel, chanteur français
1934 – Décès de John Dillinger, gangster américain
1921 – Décès de Marie Heurtin, sourde muette et aveugle de naissance, devenue tout de même éducatrice
1461 – Décès du roi de France Charles VII




Un peu de bonne humeur

Rôle du petit orteil

🧐 Selon une étude scientifique rigoureuse mené sur un large panel de volontaires, il semblerait que le rôle principal du petit orteil soit d'avertir si un meuble de la maison a été déplacé.

 

C’est qui mon papa

🥹 Maman, c'est qui mon papa ?
😟 Je ne sais pas ma chérie, tout le monde portait un masque en 2020.

Inondation de bière à Londres

Le 17 octobre 1814, une cuve géante de la brasserie Meux and Company Brewery explose dans le quartier populaire de St Giles à Londres, provoquant une réaction en chaîne qui libère un torrent d’environ un million de litres de bière dans les rues environnantes. Cette vague de bière brune dévaste plusieurs maisons, et malheureusement tue huit personnes par noyade ou asphyxie et en blesse de nombreuses autres. Cet épisode aussi tragique que grotesque, connu sous le nom de London Beer Flood, reste l’une des catastrophes industrielles les plus insolites de l’histoire britannique.

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Savais-tu ?

On est loin d’avoir épuisé le pétrole mondial

Une idée très répandue veut que le prix du pétrole augmente mécaniquement à mesure que les réserves diminuent. La réalité est plus subtile, presque paradoxale : lorsque le prix du pétrole monte, les réserves exploitables peuvent elles aussi augmenter.

Tout dépend, en fait, de ce que l’on appelle un « stock de pétrole ».

La quantité totale de pétrole présente dans le sous-sol terrestre diminue bien à mesure que nous la brûlons dans les moteurs, les chaudières ou les usines. À l’échelle humaine, ce pétrole ne se reconstitue pas : sa formation naturelle demande des millions d’années. Mais les réserves pétrolières ne désignent pas tout le pétrole existant sous terre. Elles correspondent à la part que l’on peut extraire avec les techniques disponibles, dans des conditions économiquement rentables.

Or, un gisement n’est presque jamais exploité jusqu’à la dernière goutte. Une partie du pétrole demeure prisonnière de la roche, trop profonde, trop visqueuse, trop dispersée ou simplement trop coûteuse à récupérer. Tant que son extraction coûte davantage que ce qu’elle rapporte, elle n’est pas comptabilisée comme une réserve rentable : elle reste dans le sous-sol, en attente de jours meilleurs.

Si le prix du baril augmente, l’équation change. Des gisements auparavant jugés trop chers deviennent exploitables. On peut alors investir dans des forages plus complexes, injecter de l’eau, du gaz ou de la vapeur pour extraire davantage de pétrole, ou développer des ressources dites « non conventionnelles », comme les sables bitumineux et le pétrole de schiste.

C’est notamment ce mécanisme qui a permis l’essor spectaculaire de la production américaine de pétrole de schiste. Pendant longtemps, ces hydrocarbures étaient connus, mais leur extraction demeurait trop coûteuse. La hausse des prix, associée aux progrès techniques — forage horizontal et fracturation hydraulique — a fini par rendre leur exploitation rentable à grande échelle.

Autrement dit, la planète ne crée pas du pétrole supplémentaire lorsque le baril devient cher. En revanche, une hausse des prix transforme du pétrole déjà connu, mais auparavant inaccessible ou non rentable, en pétrole compté parmi les réserves exploitables.

Cela ne signifie pas que le pétrole soit une ressource infinie, ni que son extraction puisse progresser sans limites. Les nouveaux gisements sont souvent plus coûteux, plus difficiles à exploiter et plus lourds sur le plan environnemental. Mais cela explique pourquoi les estimations de réserves mondiales peuvent augmenter alors même que l’humanité continue de consommer du pétrole chaque jour : ce ne sont pas les molécules qui se multiplient, c’est la part économiquement récupérable qui s’élargit.

Il est pas beau ce monde ! 😏

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Astuce

Distraire le cerveau en pensant au sexe

Penser à quelque chose de totalement différent, comme des pensées intimes ou carrément sexuelles, peut parfois aider à détourner l’attention du besoin pressant d’uriner lorsqu’aucune solution immédiate n’est pas disponible ; selon le Dr Larry Lipshultz, ce type de distraction mentale agit en mobilisant le cerveau sur un autre registre, ce qui peut temporairement atténuer la sensation d’urgence et permettre de gagner quelques précieuses minutes avec plus de confort et de contrôle. A l'inverse, il semblerait qu'il soit contreproductif de penser à uriner pendant l'amour.

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Un instant en ce bas monde

Photo de Leonard Richards - Pexels

À l’abri des halles, dont les poutres séculaires portent encore la mémoire des marchés d’autrefois, je m’installe à une table de café - instant attendu. Autour de moi, les moineaux s’affairent, familiers et confiants, picorant les miettes du déjeuner comme s’ils étaient ici chez eux. Plus haut, sur la robuste charpente de chêne brut, les pigeons observent le monde avec une tranquille supériorité, dominant de leur perchoir les allées et venues des touristes.

À peine assis, le garçon - qui connaît mes habitudes - apparaît, déposant devant moi mon café avec une discrétion presque rituelle, - Instant privilégié.

Un roquet, dissimulé sous une table, s’agite soudain et apostrophe un mastiff de passage, impassible, qui poursuit sa route sans lui accorder le moindre regard - il ne doute de rien celui-là. Est-ce ce vacarme qui trouble l’air, je ne saurais dire, mais un bambin s’éveille et se met à pleurer avec une intensité sans mesure. Les regards convergent vers lui, comme si l’innocence du tumulte était plus condamnable que ce gêneur, un peu plus loin, qui débite à voix haute ses malheurs amoureux au téléphone.

Ah… la vie en terrasse.

Et déjà, comme un écho inévitable, un groupe bruyant s’approche, porteur d’une agitation nouvelle, - l’instant se fissure.

Je soupire doucement. Il sera temps de revenir. À une heure plus clémente, plus silencieuse - pour lire, enfin, mon journal.

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Espace lecture

Ravage (1943) – René Barjavel

Et si le roman de science-fiction le plus troublant de cet été 2026 avait été publié… en 1943 ?

Avec Ravage, René Barjavel imagine l’effondrement soudain d’un monde entièrement dépendant de la technologie après une panne d’électricité mondiale.

La mégalopole s’arrête, puis se transforme en un brasier infernal ; les machines se taisent et les certitudes partent en fumée. Nous suivons François Deschamps, un jeune paysan perdu dans la ville, qui tente de survivre et de retourner à la terre alors que la civilisation moderne s’écroule. Ce qui rend Ravage particulièrement dérangeant aujourd’hui, c’est la façon dont ses images de feu et de chaos font écho à notre réalité actuelle : méga-feux de forêt, sécheresses, climat déréglé et le sentiment croissant que notre confort technologique ne nous protège plus vraiment. Relire Barjavel, ce n’est pas chercher une prophétie, mais faire face à une question troublante : que reste-t-il de nous quand les systèmes qui nous entourent cessent de fonctionner ? Court, percutant, parfois daté mais étonnamment visionnaire, Ravage est un classique à glisser dans votre pile de lecture pour réfléchir, entre deux alertes aux incendies, à ce que nous entendons réellement par « progrès ».

Barjavel imaginait déjà à l'époque ce que serait une tablette de lecture en 2050

La nuit cernait de tous côtés les dernières flammes de l'Ouest. François tira du dossier de son fauteuil le lecteur électrique et coiffa l'écouteur. La Compagnie Eurasiatique des Transports avait installé un de ces appareils sur chaque siège pour permettre aux voyageurs de lire la nuit sans déranger ceux de leurs voisins qui désiraient rester dans l'obscurité.

Une plaque extensible, que chacun pouvait agrandir ou rapetisser au format de son livre, s'appliquait sur la page et, dans l'écouteur, une voix lisait le texte imprimé. Cette voix, non seulement lisait Goethe, Dante, Mistral ou Céline dans le texte, avec l'accent d'origine, mais reprenait ensuite, si on le désirait, en haut de chaque page, pour en donner la traduction en n'importe quelle langue. Elle possédait un grand registre de tons, se faisait doctorale pour les ouvrages de philosophie, sèche pour les mathématiques, tendre pour les romans d'amour, grasse pour les recettes de cuisine. Elle lisait les récits de bataille d'une voix de colonel, et d'une voix de fée les contes pour enfants. Au dernier mot de la dernière ligne, elle faisait connaître par un « hum hum » discret qu'il était temps
de changer la plaque de page.

Cet appareil n'eût pas manqué de paraître miraculeux à un voyageur du XXe siècle égaré dans ce véhicule du XXIe. Le fonctionnement en était pourtant bien simple. La plaque, sensible à l'encre d'imprimerie, était branchée sur un minuscule poste émetteur de télévision installé dans le dossier de chaque fauteuil. Ce poste transmettait automatiquement l'image de la page au Central de Lecture de la Compagnie Eurasiatique des Transports, dans la banlieue de Vienne. Des cloisons insonores divisaient l'immeuble du Central en une dizaine de milliers de minuscules cabines. Dans ces dix mille cabines, devant dix mille écrans semblables, étaient enfermés dix mille lecteurs et lectrices de tous âges et de toutes nationalités.

Des standardistes polyglottes triaient les réceptions, les branchaient par
langues sur des sous-standards qui les distribuaient ensuite par genre littéraire. Il ne fallait guère plus de quelques secondes pour que l'image de la page arrivât au lecteur compétent, qui se mettait aussitôt à lire dans le ton dont il était spécialiste. Un tel larmoyait pendant huit heures sur des ouvrages sentimentaux. Telle autre souriait à longueur de journée dans sa solitude, pour lire avec grâce des conseils de beauté.

C'était, en somme, une parfaite mais banale installation de télélecture, comme il en existait environ une dizaine en Europe, à l'usage des vieillards dont la vue baissait, des aveugles, et des solitaires qui désiraient se donner à la fois la compagnie d'un livre ami et celle d'une voix humaine.

François Deschamps disposa la plaque sur son roman policier et tourna, sur l'écouteur, le minuscule bouton qui mettait l'appareil en marche. Une voix dramatique murmura à son oreille :

« Chapitre premier. – L'inspecteur Walter enfonça la porte d'un coup d'épaule et s'arrêta stupéfait : à un clou du plafond pendait, intact, le menton soulevé par la corde, le cadavre de M. Lecourtois qu'il avait découvert, la veille, décapité... »

Le jeune homme renonça à connaître l'explication de ce mystère. Il ôta
l'écouteur et s'endormit.

Le train entrait en gare de Lyon-Perrache.

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