Le 19 septembre, depuis 1995, une fête insolite sillonne les mers… et les réseaux sociaux : la Journée internationale du parler pirate (International Talk Like a Pirate Day). Ce jour-là, il est officiellement permis – et même encouragé – de s’exprimer comme un flibustier de fiction : « Ohé, matelot ! », « À l’aborrrdage ! », « Mille sabords ! », « Palsembleu ! »…
Une invention américaine sérieusement farfelue
L’histoire commence aux États-Unis, en 1995, à Albany (Oregon). Deux amis, John Baur (alias Ol’ Chumbucket) et Mark Summers (alias Cap’n Slappy), sont en pleine partie de racquetball quand l’un d’eux lâche un « Arrr ! » après un coup. Et là, pourquoi, comment, l’idée d’une journée dédiée au « parler pirate » germe dans la foulée.
Ils envisagent d’abord le 6 juin, date de leur partie, mais renoncent : c’est le jour du débarquement de Normandie, ce qui manque un peu de légèreté. Summers propose alors le 19 septembre, date de l’anniversaire de son ex‑épouse, facile à retenir et sans autre commémoration majeure.
Pendant plusieurs années, la fête reste confidentielle, jusqu’à ce que le chroniqueur humoristique Dave Barry en parle dans sa colonne syndiquée en 2002. L’effet est immédiat : blogs, forums, puis réseaux sociaux s’emparent du concept, et la journée devient un phénomène international.
Comment « parler pirate » ?
Inutile de viser l’exactitude historique : les vrais pirates ne parlaient pas tous comme dans les films. L’objectif est le jeu, l’humour et la référence à l’imaginaire des mers. Voici quelques ingrédients de base, glanés dans divers guides francophones :
Quelques expressions à glisser dans la journée :
- Ohé ! / Ohé, du bateau ! – pour saluer ou interpeller.
- Ohé, matelot ! – équivalent de « Salut les amis ».
- Parez à mouiller ! / Parez à virer ! – « Tenez‑vous prêts à manœuvrer ! ».
- À l’abordage ! – pour lancer l’assaut (ou une réunion un peu tendue).
- Pas de quartier ! – version radicale : aucun survivant.
- Baisser pavillon – abandonner le combat (ou le projet).
- Hissez ho ! – ordre ou encouragement pour hisser les voiles.
- Mille sabords ! / Tonnerre de Brest ! / Morbleu ! – jurons de marin, version Haddock.
- Nourrir les poissons – finir par‑dessus bord…
- Larguer les amarres ! – partir, mettre les voiles.
Astuces de prononciation et de style
Pour « faire pirate », on conseille souvent de :
- Rouler les r et les accentuer : aborrrdage, cap’taine.
- Manger certaines lettres : bonjour capitaine → B’jour Capt’n !.
- Terminer les phrases par des interjections : Arrr !, Aaaargh !, Yarrr !.
- Adopter un vocabulaire imagé : moussaillon, butin, île au trésor, bordée, flibustier, etc.
Et côté activités ?
La journée est souvent l’occasion, dans les écoles, bibliothèques ou musées maritimes, d’organiser : des lectures de contes et récits de pirates, des ateliers « carte au trésor » ou chasse au butin, des concours de déguisements (bandeau, crochet, perroquet en papier…), des jeux de rôle où l’on ne parle qu’en « pirate » pendant une heure. Certains en profitent même pour parler de sujets plus sérieux (communautés côtières, patrimoine maritime) sous couvert de la fête, comme l’a fait un parti politique britannique en 2023.
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