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JE DÉCOUVREUn instant en ce bas monde

Le smartphone fait click - un son minuscule, presque ridicule - et voilà que l’instant, encore anodin, se trouve expédié on ne sait trop où, dans quelque nuage invisible où s’entassent déjà des milliards de souvenirs pixelisés.
Autour, les amis suspendent leur souffle : certains par tendresse, d’autres par lassitude, tous vaguement conscients qu’ils viennent d’être aspirés dans une composition dont ils ne maîtrisent ni le cadre ni la destination. les inconnus, eux, s’en emparent sans vergogne : ils likent, ils commentent, ils interprètent - souvent à côté, parfois avec aplomb.
Pendant ce temps, dans les coulisses, les algorithmes s’éveillent comme une nuée d’insectes zélés : ils classent, ils trient, ils propulsent, décidant en une fraction de seconde si cette photo mérite l’oubli discret ou la célébrité tapageuse.
Et la toile s’agite, bruisse, s’emballe ; le moindre sourire devient sujet d’analyse, le moindre détail, matière à débat. bientôt, le landerneau numérique s’échauffe : on disserte, on juge, on s’indigne - ou pire, on applaudit.
Tout ça pour quoi ? Pour un simple click. une image capturée à la volée, devenue vacarme collectif. preuve, s’il en fallait, qu’à l’ère moderne, il ne faut parfois presque rien pour faire beaucoup de bruit.
Déjà, une autre main se lève, un autre téléphone se braque, prêt à recommencer - comme si le silence numérique lui-même était devenu suspect...
Un peu de bonne humeur
Campagne marketing Air France
Dans le cadre de sa nouvelle politique de marketing, Air France, pour remercier de leur fidélité les hommes d’affaires qui fréquentent régulièrement ses lignes, décide de leur offrir un billet gratuit pour leur femme afin qu’elle puisse les accompagner sur la destination de leur choix.
Trois mois plus tard, la compagnie écrit aux épouses pour leur demander si elles ont été satisfaites du vol.
La plupart répondent alors : « Quel vol ? »
La conscience du spermatozoïde – Anonyme
Le spermatozoïde, s'il savait qu'il allait faire un gosse, peut-être qu'il irait pas. - Brève de comptoir
Mort pour avoir eu raison
En juin 1871, à Lebanon dans l'Ohio, Clément Vallandigham, un avocat américain de 50 ans, défend un client accusé de meurtre lors d'une fusillade dans un bar. Pour prouver l'innocence de son client, il reconstitue la scène en prenant un pistolet qu'il croit déchargé, alors que non.
Vallandigham place l'arme dans sa poche, la sort en la pointant vers son abdomen pour démontrer comment la victime aurait pu se suicider accidentellement, et presse la détente. La balle le blesse mortellement au ventre ; il expire le lendemain matin, le 17 juin 1871. Paradoxalement, cette démonstration convainc le jury, et son client est acquitté.
Figure politique controversée, Vallandigham était un "Copperhead", opposant à Lincoln et à la Guerre de Sécession, exilé puis revenu aux États-Unis après le conflit. Sa mort entre dans les annales des morts insolites par son absurdité professionnelle.
Savais-tu ?
Siméon le Stylite
Ce moine chrétien syrien du Vème siècle a choisit de vivre une existence d’ascète radical. Né vers 389 dans une famille modeste, il entre jeune au monastère de Téléda et adopte des pratiques de jeûne et de prière extrêmes qui attirent l’attention. Pour échapper à la foule de disciples et intensifier son retrait du monde, il s’installe au sommet d’une colonne (stylos, en grec) près d’Antioche (Qalaat Siman au nord-ouest d’Alep), dans ce qui est aujourd’hui le nord de la Syrie.
Sur sa colonne, initialement haute de quelques mètres puis surélevée à plus de 15 mètres, Siméon demeure immobile pendant près de 37 ans, exposé aux éléments. Il prie sans relâche, enseigne les pèlerins qui affluent de tout l’Empire byzantin et dispense conseils spirituels ou médiatise des conflits. Ses disciples l’entourent en bas, lui remontent de la nourriture minimale et entretiennent un complexe religieux autour de son pilier.
Siméon incarne le stylitisme, cette forme spectaculaire d’érémitisme chrétien qui inspire de nombreux imitateurs, tel Syméon le Jeune (521-596) ou au faîte d’un arbre (appelés dendrites du grec dendron signifiant « arbre »). Sa sainteté rayonne jusqu’à l’empereur, et sa mort en 459, debout en prière sur sa colonne, fait de lui une icône de l’ascèse orientale. L’Église le fête le 27 juillet. Son site attire encore les archéologues pour ses vestiges imposants.
