Sur ordre de Napoléon, le 12 octobre 1804, le préfet de police de Paris Louis Dubois prescrit l’organisation officielle de maisons closes en France. Cette décision marque un tournant dans la gestion de la prostitution dans la capitale.
L’organisation officielle des maisons closes en 1804 instaure un système de prostitution réglementée. Les établissements sont placés sous le contrôle de la police des mœurs, et les prostituées doivent s’enregistrer auprès des autorités. Cette réglementation vise à contrôler l’activité, préserver la morale publique et instaurer un suivi sanitaire des travailleuses du sexe.
Pendant la période révolutionnaire, la prostitution connaît une relative tolérance. En 1791, elle est dépénalisée, ce qui entraîne une multiplication des « petits bordels » dans la capitale. Cette dépénalisation s’inscrit dans un régime juridique libéral, mais contribue paradoxalement à la mise en administration de la prostitution par l’appareil policier. La prostitution reste visible et intégrée au tissu urbain, notamment autour du Palais Royal (rebaptisé Palais Égalité), véritable épicentre de l’activité.
À partir de 1804, la brigade des mœurs se voit confier plusieurs missions importantes. Elle est chargée de surveiller et contrôler les maisons closes, d’enregistrer les prostituées (procédure appelée « encartage »), et de superviser les visites médicales obligatoires. La brigade doit également veiller à la préservation de la morale publique en s’assurant que l’activité des maisons closes reste discrète.
Les prostituées redoutaient les visites médicales pour plusieurs raisons. Ces examens étaient perçus comme extrêmement humiliants et dégradants, parfois considérés comme « plus dégradants qu’une passe avec le client ». La fréquence mensuelle de ces contrôles ajoutait au stress et à l’inconfort. De plus, un diagnostic de maladie vénérienne entraînait l’internement immédiat dans un établissement de soins, ce qui signifiait une perte de revenus et de liberté. Ces visites renforçaient également la stigmatisation sociale des prostituées et s’inscrivaient dans un système de contrôle plus large exercé par la police des mœurs.
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