Bonne fête aux Dimitri
Sommaire
Aujourd’hui
Les évènements notables
2016 – Le tombeau de Jésus, localisé au Saint-Sépulcre, est ouvert pour la 1ère fois depuis 1810
Le 26 octobre 2016, des archéologues ouvrent pour la première fois depuis plus de deux siècles le tombeau présumé de Jésus-Christ, dans l’église du Saint-Sépulcre à Jérusalem. Cette opération de restauration historique permet d’examiner la dalle de marbre recouvrant la tombe et de confirmer l’ancienneté du site, vénéré par des millions de pèlerins chrétiens.
1989 – 1ère diffusion de la série Navarro sur TF1
Le 26 octobre 1989, TF1 diffuse le premier épisode de la série policière Navarro, avec Roger Hanin dans le rôle du commissaire Antoine Navarro. La série, centrée sur les enquêtes du policier parisien et ses méthodes humanistes, connaît un immense succès populaire et devient l’un des programmes emblématiques de la télévision française des années 1990.
1967 – Couronnement de Mohammad Reza Pahlavi, dernier chah d’Iran
Le 26 octobre 1967, Mohammad Reza Pahlavi, chah d’Iran, se couronne officiellement en compagnie de son épouse Farah Diba. La cérémonie, d’un faste impérial, symbolise la volonté du souverain de moderniser le pays tout en affirmant son autorité. Ce couronnement marque l’apogée de son règne avant la révolution iranienne de 1979 qui provoquera sa chute.
1917 – Le Brésil entre en guerre (1ère guerre mondiale)
Le 26 octobre 1917, le Brésil déclare la guerre à l’Allemagne après plusieurs attaques de sous-marins contre ses navires marchands. Il devient ainsi le seul pays d’Amérique du Sud à participer directement à la Première Guerre mondiale. Son engagement reste principalement naval, mais marque son entrée sur la scène internationale.
1881 – Fusillade d’O.K. Corral au Far West U.S.
Le 26 octobre 1881, la légendaire fusillade d’O.K. Corral éclate à Tombstone, en Arizona, opposant les frères Earp et Doc Holliday à un groupe de hors-la-loi. Le duel, qui ne dure que trente secondes, fait trois morts et devient l’un des épisodes les plus célèbres de la conquête de l’Ouest américain, immortalisé par de nombreux films et récits.
1831 – Début de l’affaire de l’Auberge rouge
Le 26 octobre 1831 débute le procès de l’affaire de l’Auberge rouge, célèbre fait divers français survenu à Peyrebeille, en Ardèche. Les tenanciers de l’auberge, Pierre et Marie Martin, sont accusés d’avoir assassiné et dépouillé plusieurs voyageurs. Condamnés à mort et exécutés, ils entreront dans la légende criminelle française.
1813 – Victoire canadienne sur les États-Unis, à la bataille de la Châteauguay
Le 26 octobre 1813, durant la guerre anglo-américaine de 1812, une force canadienne commandée par Charles de Salaberry repousse les troupes américaines à Châteauguay, au Québec. Cette victoire empêche l’invasion de Montréal et renforce le sentiment d’identité canadienne face aux États-Unis.
1440 – Décès de Gilles de Rais, chevalier et seigneur de Bretagne, d’Anjou, du Poitou, du Maine et d’Angoumois
Le 26 octobre 1440, Gilles de Rais est exécuté à Nantes. Ancien compagnon d’armes de Jeanne d’Arc, il est reconnu coupable de meurtres d’enfants, d’hérésie et d’invocation démoniaque. Sa chute brutale fascine les historiens : figure tragique du Moyen Âge, il inspirera plus tard le mythe de Barbe-Bleue.
Les naissances et décès notables
1951 – Naissance de Patrice Carmouze, animateur de radio et télévision français
1947 – Naissance de Hillary Clinton, femme politique américaine
1945 – Naissance de Jaclyn Smith, actrice américaine (Une des Drôles de Dames)
1916 – Naissance de François Mitterrand, homme politique français
899 – Décès d’Alfred le Grand, roi du Wessex
Cuisine
Bien que je sois amateur de foie gras, je me sens tout de même obligé de partager cette définition du foie gras d’oie proposée par Alexandre Dumas père dans son dictionnaire de cuisine. Bien que Dumas soit chasseur et grand amateur de viande – bon mangeur et fin gourmet de son état -, il montre par ce texte que la société de son époque pouvait aussi se montrer concernée par la condition animale. Et pourquoi parler des oies en ce jour ? Et bien parce qu’aujourd’hui le calendrier républicain révolutionnaire met en avant l’oie, cet animal incontournable des basses-cours. – b1001d
FOIE GRAS. — On sait que le foie gras de Strasbourg est réputé fournir le roi des pâtés. L’opération par laquelle on obtient les foies gras consiste principalement à engraisser les oies de manière à produire chez eux une tuméfaction de cet organe. Le foie d’une oie soumise au traitement que leur font subir les engraisseurs de Strasbourg arrive à être jusqu’à dix ou douze fois plus gros que nature.
Pour en arriver là, on soumet ces animaux à des tourments inouïs, qui n’ont pas même été déployés sur les premiers chrétiens : on leur cloue les pattes sur des planches pour que l’agitation ne nuise pas à l’obésité; on leur crève les yeux pour que la vue du monde extérieur ne vienne les distraire; on les bourre avec des noix sans jamais leur donner à boire, quels que soient les cris de souffrance que leur arrache la soif.
Aussi le comte de Courchamps, auteur des Mémoires de Mme de Créquy , et l’un des gourmands les plus érudits du commencement de ce siècle, faisant taire les appétences de son estomac sous les cris de sa conscience, présenta, au nom des oies de Strasbourg, une pétition à la chambre des pairs.
Voici textuellement cette pétition qui, si juste qu’elle put être, ne fut, comme il en arrive d’habitude des pétitions justes, suivie d’aucun résultat :
« Nobles pairs,
« Au mépris des lois de la nature, adoptées par les deux chambres et garanties par le code de l’humanité, les Strasbourgeois s’appliquent à nous faire grossir monstrueusement un viscère composé de deux lobes inertes. C’est aux dépens du cœur, que nous avons sensible, de l’estomac, que l’injustice révolte, du poumon, qui nous est essentiel, de la rate, qui ne peut s’épanouir; enfin, c’est au détriment de l’honneur national que la cruauté compromet.
« Hélas! qu’avons-nous fait, malheureux oiseaux ? On nous aveugle, on nous étouffe, on nous torture. Que diriez-vous, nobles pairs, si l’on vous mangeait, si l’on vous coupait ces ailes avec lesquelles vous vous envolez si haut, si l’on vous attachait sur les planches et qu’on vous y clouât les pattes ; enfin si l’on vous arrachait les yeux pour s’attaquer ensuite à votre foie, comme le vautour de Prométhée ?
« Ah Jupiter! diriez-vous alors, quelle injustice! Avons-nous donc, sans le savoir, dérobé le feu sacré ? Et parce qu’on ne le trouve nulle part, est-ce vraisemblable que ce soit nous qui l’ayons pris ? Nous sommes Françaises, nobles pairs, et nous vous conjurons de nous faire participer aux douceurs de l’orgueil national. Nous sommes la fable des oies britanniques, un sujet de risée pour les dindons de Lincoln; il n’y a pas jusqu’à la volaille irlandaise qui ne prenne des airs de nous mépriser, et la moindre cane des Trois-Royaumes est plus hère qu’un aigle impérial. Nous sommes libres, disent-ils avec emphase, et jamais les oies n’ont eu besoin de recourir chez nous à la chambre des lords.
« Ah! l’Angleterre! s’écrie la moindre volaille qui a l’honneur d’appartenir à cette grande puissance, voilà le vrai pays de la liberté et de l’égalité. On y prend des hommes qui passent dans la rue, et, sans leur demander si c’est leur goût ou celui de leur famille, on en fait des marins et des soldats. Quand ces soldats ou ces marins ont manqué à leur devoir, on leur donne des coups de fouet comme à des chiens. Quand un paysan est pris le fusil à la main sur les terres d’un grand seigneur, on l’envoie aux galères. Un homme qui vole un pain est pendu. Mais les bœufs, mais les cochons, mais les veaux, mais tout animal qui se mange enfin, ou plutôt qui est mangé, a droit à une mort uniforme, légale, constitutionnelle. Le parlement a prescrit, en 1796, comment il fallait tuer les bœufs et les cochons : avec douceur et célérité. Par un bill postérieur, il est ordonné de transporter les veaux au marché sur un filet suspendu. Il est interdit de mettre plusieurs de ces animaux sur la même charrette. Il est enjoint d’observer que leur position n’y soit pas contrainte et qu’ils ne soient pas obligés d’avoir la tête pendante, ainsi qu’on a trop souvent occasion de le remarquer sur le continent.
« Une cuisinière anglaise qui tuerait un canard, une poule ou même un poulet, se croirait un objet d’opprobre pour l’humanité. Aussi l’on vous montre, à la porte des châteaux et dans la ruelle la plus obscure des villages, une espèce de bourreau, qui fait l’horrible métier d’étouffer les pigeons et d’égorger les agneaux. C’est un être infâme, abhorré, semblable aux chirurgiens de l’ancienne Égypte.
« Voilà ce que les oies prennent la liberté d’affirmer à vos seigneuries.
« Nous vous supplions de proposer une loi qui défende aux Strasbourgeois de martyriser la volaille et de tourmenter les animaux, à qui, du reste, ils n’ont rien à reprocher. Qu’on leur prescrive de n’exercer leur industrie que sur la manière de plumer les pauvres oies, sans appliquer leur intelligence à déranger l’harmonie de leurs viscères. Qu’ils prennent exemple sur les fournisseurs et sur les usuriers, qui plument les poules sans les faire crier. Que si, par un abus de la force et par un texte mal interprété de la Genèse, ils nous ôtent la vie, ils ne puissent du moins nous ôter la vue, ce qui nous plonge dans une mélancolie funeste. Enfin, qu’ils nous plument et nous mangent, puisqu’ils sont pour nous des tyrans féodaux, des chefs saliques, et que dans les basses-cours il n’y a encore ni charte, ni constitution, ni lois d’habeas corpus. C’est un despotisme épouvantable; la plus libre de nous est à la merci du dernier roquet, et dans toute l’Alsace il n’existe pas une chambre qui soit seulement comparable à celle des députés.
« Puissiez-vous étendre ce bienfait jusqu’aux extrémités de l’empire et jusque sur les canards de Toulouse, nos malheureux cousins. »
Jusqu’à l’invention des plumes de fer par l’Anglais Parry, ce furent les oies qui eurent le privilège de fournir le précieux canal par lequel le chef-d’œuvre de l’esprit humain passait du cerveau sur le papier. Beaucoup de nos grands hommes d’aujourd’hui ont refusé de subir la plume de fer et persistent à employer la plume d’oie. Victor Hugo, par exemple, et Chateaubriand se sont toujours refusés à l’emploi des plumes de métal qui ôtent à l’écriture son ampleur et toute la fierté de son caractère, pour la transformer soit en pattes de mouches, soit en bâtons de maître d’école ou de jeune miss.
Humour
« Quand on voit c’qu’on voit, puis qu’on entend c’qu’on entend,
on a raison d’penser c’qu’on pense. » – Coluche
Un peu de bonne humeur
Pourquoi tu pleures ?
Deux gamins sont assis dans la salle d’attente d’un dispensaire médical. L’un des deux pleure comme une madeleine.
– Pourquoi tu pleures ? lui demande son pote Raoul.
– Je viens pour une analyse de sang, répond le premier.
– Eh alors ! C’est ça qui te fait peur ?
– Oui. Pendant l’examen ils te coupent le bout du doigt. C’est mon frère qui me l’a dit !
À son tour Raoul commence à sangloter. Le premier gamin hoquette de surprise. Son pote Raoul le téméraire qui pleure ?
– Pourquoi tu pleures, toi ?
– Parce que moi, je viens pour une analyse d’urine !
Croyant ou schizo – Pierre Desproges
« Si vous parlez à Dieu, vous êtes croyant… s’il vous répond, vous êtes schizophrène. »
Une retraite peu glorieuse
En juillet 1807, juste après les traités de Tilsit qui scellent une paix précaire avec la Russie, Napoléon organise une partie de chasse près de Paris pour célébrer ses victoires. Son fidèle chef d’état-major, Alexandre Berthier, veut impressionner l’Empereur et achète des milliers de lapins domestiques pour garnir le terrain. Au coup de sifflet, au lieu de détaler, les lapins se ruent en horde compacte vers Napoléon et ses officiers, attirés par l’odeur familière de leurs gardiens.
L’Empereur, surpris, voit les bêtes grimper sur ses bottes, ses jambes, son habit impérial ! La cavalerie sabre en vain, les coups de cravache s’abattent, mais la marée lapine submerge tout. Napoléon, habitué aux champs de bataille, grimpe en hâte dans son carrosse pour échapper à cette offensive inattendue.
La retraite tourne au sauve-qui-peut hilarant : soldats et généraux fuient à pied, à cheval, poursuivis par une nuée de lapins affamés. Loin des canons et des cuirassiers, cette « bataille » des lapins devient la plus cocasse des légendes napoléoniennes, rappelant que même les plus grands chefs peuvent plier face à une armée pourtant désarmée !
Un peu de français
« Coller aux basques » ?
Cette expression signifie qu'une personne suit quelqu'un d'autre de très près, souvent de manière insistante ou importune. Elle évoque une proximité excessive, comme si on s'accrochait physiquement à l'autre. Aujourd'hui, l'expression perdure pour décrire toute forme de suivi tenace, sans lien avec le Pays basque ou les baskets modernes. Des variantes comme « être pendu aux basques » illustrent la même idée de dépendance ou d'insistance.
Au XVIIIème siècle, les « basques » désignent les pans d'étoffe qui descendent sous la taille du pourpoint, une veste portée par les hommes aisés d'alors. Ces basques, souvent longues et flottantes, servaient de point d'accroche idéal pour les mendiants, solliciteurs ou quémandeurs qui s'y agrippaient littéralement afin d'implorer aide financière, faveurs ou charité auprès des passants fortunés. Cette pratique, observée dans les rues des villes européennes, a donné naissance à l'image persistante de l'attachement physique et moral, immortalisée dans la langue française dès cette époque.
« Garrulité » ?
La garrulité, cette envie irrésistible de parler sans s'arrêter, ce bavardage incessant qui envahit les conversations comme un torrent joyeux mais parfois agaçant. La garrulité touche ceux qui ne peuvent s'empêcher de gazouiller des mots, un peu comme des oiseaux en pleine saison des amours, remplissant l'air de leur loquacité débordante.
D'origine latine, avec garrulus signifiant « bavard » et garrire pour « babiller », ce mot entre en français au XVème siècle et évoque d'abord le chant des geais. Brillat-Savarin, dans sa Physiologie du goût, s'excuse avec humour : « quand je conte, je tombe un peu dans la garrulité », humanisant ce défaut en une faiblesse charmante du narrateur passionné.
Savais-tu que...
La vinaigrette de Blaise Pascal
Une vinaigrette, dans le domaine du transport, est un petit véhicule à bras à deux roues, sorte de brouette-chaise dans lequel une personne voyage, tirée par un porteur placé entre les brancards (parfois aidé d’un pousseur). Ce carrosse léger urbain, qui apparaît au XVIIᵉ siècle et se répand aux XVIII-XIXème siècles surtout dans le Nord de la France, sert pour des trajets courts, notamment pour des personnes âgées ou malades ; en argot, il désigne aussi un véhicule cellulaire policier.
Un lien alors avec le panier à salade de la police ? Ce fourgon cellulaire argotique pour détenus - attesté au XIXème siècle -, évoque avec sa structure grillagée un panier percé qui secoue la salade. Bien qu’il partage avec la vinaigrette le sens argotique de véhicule policier (notamment dans le Nord comme à Lille), il ne dérive pas de celle-ci étymologiquement : l’un renvoie aux secousses d’un panier, l’autre aux charrettes des vinaigriers.
Les petites voitures des marchands de vinaigre sont des charrettes légères à deux roues, compactes et maniables, que les vinaigriers tirent à la main pour transporter fûts ou bouteilles en ville, adaptées aux ruelles étroites. La vinaigrette (véhicule pour passagers) prend son nom de leur ressemblance frappante : petite taille, structure rustique ; le terme évoque parfois les secousses du trajet, comme lorsque l’on agite une vinaigrette.
On attribue souvent à Blaise Pascal l’invention, ou du moins l’amélioration, de cette brouette-chaise à porteurs à deux roues que l’on appelle aussi vinaigrette, mais les sources soulignent l’absence de preuve formelle et parlent plutôt d’une tradition tenace. Les textes s’accordent en revanche à dire que Pascal met effectivement au point, en 1662, les premiers services de transport en commun parisiens avec ses « carrosses à cinq sols », ce qui renforce a posteriori l’association de son nom avec les innovations de transport individuel ou collectif.
Blaise Pascal est un inventeur de génie mais il semble qu’il n’y connaissait rien en cuisine.
