L’affaire XYZ désigne un scandale diplomatique qui éclate à la fin du XVIIIe siècle entre la France et les États-Unis. Le 6 juillet 1798, le président américain John Adams rend public le rapport d’une mission envoyée à Paris, en remplaçant les noms de certains intermédiaires français par les lettres X, Y et Z. Cette révélation provoque un choc politique et alimente une vive hostilité contre la France aux États-Unis.
Avant 1798, les relations entre la France, l’Angleterre et les États-Unis sont déjà marquées par des tensions profondes. Pendant la guerre d’indépendance américaine, la France s’allie aux insurgés contre la Grande-Bretagne. Mais après la victoire américaine, les intérêts des trois puissances divergent rapidement. Les traités de paix de 1783 fixent l’indépendance des États-Unis, les frontières, les dettes et les questions de navigation, sans faire disparaître les désaccords.
Dans les années 1790, le contexte se détériore encore. Les Français reprochent aux Américains leur rapprochement avec l’Angleterre, notamment à travers le traité de Jay. De leur côté, les États-Unis cherchent à préserver leur commerce et à éviter d’être entraînés dans les guerres européennes. Cette situation crée un climat de méfiance croissante entre Paris et Washington.
L’affaire XYZ naît de cette tension. Trois envoyés américains, John Marshall, Charles Cotesworth Pinckney et Elbridge Gerry, sont chargés de négocier avec la France. Ils rencontrent des intermédiaires français qui réclament des sommes d’argent et un prêt avant toute vraie discussion diplomatique. Les négociateurs américains refusent, puis dénoncent l’affaire dans leur pays. Les intermédiaires sont alors désignés par les lettres X, Y et Z, d’où le nom resté célèbre.
La réaction américaine est immédiate. L’opinion publique s’indigne, le Congrès s’échauffe, et la presse entretient un fort sentiment anti-français. Des appels à la fermeté se multiplient, et le pays renforce sa défense maritime. Les États-Unis ne déclarent pourtant pas la guerre. Le président Adams choisit de limiter l’escalade et de privilégier une solution diplomatique.
C’est ainsi que la guerre formelle est évitée. Les deux pays s’affrontent pourtant déjà en mer dans ce qu’on appelle la quasi-guerre : une série de combats navals, de captures de navires et d’escarmouches, surtout dans l’Atlantique et les Caraïbes. Cette guerre sans déclaration officielle reste limitée, mais elle montre à quel point la rupture est proche.
Finalement, la crise se termine par un retour à la négociation. En 1800, la Convention de Mortefontaine rétablit la paix entre la France et les États-Unis. L’affaire XYZ reste donc un épisode clé de l’histoire diplomatique américaine : une crise née d’une humiliation, amplifiée par la colère publique, mais résolue sans guerre ouverte.
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