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UNE BEAUTÉ D’AUTOMNE AU POISON MORTEL 📆 25 septembre

Le 25 septembre ou 4 vendémiaire, le calendrier républicain célèbre la journée du colchique, une fleur emblématique de l’automne français qui cache un danger insoupçonné derrière sa délicate apparence et une ritournelle populaire.

« Colchique dans les prés » est une chanson française créée en 1942 par Jacqueline Debatte (paroles) et Francine Cockenpot (musique). Initialement destinée aux scouts, elle est devenue un classique du répertoire populaire français. Son refrain, particulièrement connu, évoque la fin de l’été.

Cette ritournelle, appréciée des enfants, masque innocemment la nature toxique de la plante qu’elle célèbre.

Le colchique (Colchicum autumnale) est une plante herbacée vivace de la famille des Colchicaceae. Il se caractérise par ses fleurs violettes à roses qui apparaissent à la fin de l’été, souvent confondues avec celles du crocus. Ses feuilles, ressemblant à celles des tulipes, n’émergent qu’au printemps suivant. On le trouve principalement dans les prairies humides et les zones herbeuses.

Le colchique est extrêmement toxique dans toutes ses parties, particulièrement les tubercules et les graines. Le principal alcaloïde toxique est la colchicine, présente à des concentrations allant de 0,03 à 0,06% dans les bulbes et jusqu’à 0,40% dans les graines.

Pour l’homme, la dose mortelle est d’environ 3g de feuilles ou 1 mg de colchicine par kg de poids corporel. L’ingestion provoque des symptômes graves : douleurs abdominales, nausées, vomissements, diarrhées sanglantes, suivis d’une augmentation rapide des globules blancs après 24h. Après 2-3 jours, une défaillance multi-organes peut survenir.

Pour le bétail, le colchique représente également un danger. Jusqu’à une proportion de 2% dans le fourrage, les colchiques ne sont guère toxiques. Cependant, les chevaux et les jeunes bovins sont plus sensibles que les vaches, les moutons et les chèvres. Les symptômes d’intoxication incluent tremblements, crampes, coliques, diarrhées sanglantes et paralysies.

La confusion la plus courante et dangereuse se produit avec l’ail des ours, une plante comestible. Pour éviter cette erreur potentiellement fatale, l’ANSES recommande de vérifier la présence d’une odeur d’ail au froissage de chaque feuille d’ail des ours et de ne pas cueillir les feuilles par brassées.

En cas de suspicion d’ingestion, il est impératif de contacter immédiatement un centre antipoison ou un médecin, car il n’existerait actuellement aucun antidote à la colchicine.