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13 NOVEMBRE

Bonne fête aux Brice

Les nouveautés du jour

Les évènements notables

2015 – Attentats du 13 novembre à Paris
Des attaques coordonnées frappent le Stade de France, plusieurs terrasses parisiennes et la salle du Bataclan, faisant 130 morts et des centaines de blessés. Revendiqués par Daech, ces attentats traumatisent la France et le monde. Ils entraînent l’instauration de l’état d’urgence et une intensification de la lutte antiterroriste nationale et internationale.

Le World Kindness Movement a instauré en 1998 la journée mondiale de la gentillesse à cette date. Elle a été déplacée au 3 novembre en France en raison des attentats de 2015.

1936 – Sortie du film César de Marcel Pagnol
Dernier volet de la trilogie marseillaise, le film conclut l’histoire de Fanny et Marius. Réalisé par Pagnol lui-même, il mêle émotion, humour et réalisme populaire. Le film consacre Raimu dans le rôle de César et devient un classique du cinéma français, symbole d’un humanisme méridional et d’une écriture dialoguée inimitable.

1887 – Bloody Sunday de Trafalgar Square
À Londres, une manifestation de chômeurs et socialistes est brutalement réprimée par la police et l’armée. Les affrontements font de nombreux blessés et symbolisent la tension sociale croissante de l’ère victorienne. L’événement marque l’histoire du mouvement ouvrier britannique et inspire les luttes pour la liberté d’expression.

1872 – Claude Monet peint Impression, soleil levant
Réalisée au Havre, cette toile représente le port au lever du jour. Présentée en 1874, elle donnera son nom au mouvement impressionniste. Par sa touche libre et sa lumière vibrante, elle rompt avec l’académisme et révolutionne la peinture moderne. L’œuvre devient emblématique de la liberté artistique du XIXᵉ siècle.

1854 – Ouverture de la London Necropolis Railway
Cette ligne ferroviaire relie Londres au cimetière de Brookwood pour transporter les défunts et leurs proches. Conçue pour pallier la saturation des cimetières urbains, elle illustre l’ingéniosité victorienne face aux enjeux sanitaires. Le service fonctionnera près d’un siècle, mêlant innovation logistique et rites funéraires singuliers.

Les naissances et décès notables

2019 – Décès de Raymond Poulidor, cycliste professionnel français

1829 – Décès de Sam Patch, casse-cou américain

Un peu d’humour

« Dieu a créé l’homme. Et ensuite, pour le remercier l’homme a créé Dieu. » – Philippe Geluck



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JE DÉCOUVRE

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Un instant en ce bas monde

Photo de Erik Mclean - Pexels

La pièce glisse entre les doigts, complice silencieuse d’un rituel presque sacré. Elle écorne la surface, arrache lentement la pellicule protectrice, comme on soulève le voile d’un secret trop longtemps gardé. Sous l’argent terni, les signes apparaissent, fragmentaires, hésitants, presque vivants.

La chance est là à n'en pas douter.

Des chiffres émergent, porteurs de promesses anciennes, messagers d’une fortune capricieuse. Le regard s’accroche, l’esprit s’emballe. Chaque symbole devient présage, chaque alignement une prophétie fragile. L’espoir s’insinue, grandit, se nourrit de cette illusion minutieusement révélée.

Puis vient le doute.

Un silence imperceptible s’installe. Quelque chose résiste. Peut-être que la chance ne se livre jamais entièrement, qu’elle se tapit entre les lignes, dissimulée dans un interstice que l’œil distrait ne perçoit pas. Alors on scrute, on insiste, on cherche à déchiffrer l’invisible.

Mais rien ne répond.

La surface est désormais nue, vidée de ses mystères. Les chiffres sont là, figés, indifférents. La promesse s’est évanouie, comme un mirage dissipé trop tôt. Aujourd’hui encore, la chance a choisi de rester dans l’ombre.

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Un peu de bonne humeur

Promesse de fin de soirée

La soirée s’est étirée comme un bon vin, riche et délicieusement imprévisible. Entre deux éclats de rire et quelques regards un peu trop appuyés, ils ont laissé flotter cette tension douce qui annonce souvent la suite.

Arrivés devant la porte de la jeune femme, le silence s’installe, chargé d’une promesse à peine voilée. Il s’approche, sûr de lui, un sourire en coin, déjà prêt à cueillir ce baiser qu’il imagine mérité.

Mais au dernier instant, elle se dérobe avec grâce, pivotant légèrement pour esquiver ses lèvres. Elle s’approche alors de son oreille, son souffle effleurant sa peau, et murmure d’une voix aussi douce que troublante :

— Il y a trois endroits où j’aime qu’un homme m’embrasse…

Il fronce légèrement les sourcils, intrigué, déjà piqué au jeu.

— Ah oui ? Et lesquels ? demande-t-il, un peu trop vite, trahissant son impatience.

Elle laisse planer un court silence, savourant l’effet qu’elle produit, puis répond avec un sourire malicieux :

— Venise… Rio… et l’île Maurice...

 

Esclave et travail – Anonyme

Les esclaves au moins, ils avaient du boulot ! - Brève de comptoir

 

La mort de Charles VIII

Charles VIII, roi de France, se hâte au château d’Amboise, impatient de rejoindre son épouse Anne de Bretagne pour une ardente partie de jeu de paume. De petite stature - 1m50 dit-on -, il emprunte la galerie Hacquelebac, un passage étroit, assez sordide, qui peut même être parcouru à cheval grâce aux aménagements cavaliers du château ; dans la pénombre de cette porte basse, il heurte violemment de la tête le linteau de pierre, chancelle mais, déterminé, rejoint la partie. En pleine partie, il titube soudainement, fait quelques pas hésitant et s’effondre sur le court avant de plonger dans une agonie de neuf heures qui l’emporte, victime d’une hémorragie cérébrale ou d’un œdème fatal.

Cette fin absurde et évitable - un simple linteau trop bas - contraste avec son règne ambitieux, marqué par l’expédition en Italie, et inspire les moqueries historiques qui qualifient sa mort de plus débile d’un roi de France. À 27 ans, il cède le trône à son cousin Louis XII.

Savais-tu ?

Jeanne de Belleville

Impossible d’évoquer la ville de Clisson, située en Loire-Atlantique près de Nantes, sans parler de Jeanne de Belleville, noble poitevine née vers 1300, épouse en secondes noces d’Olivier IV de Clisson, puissant seigneur breton. Ce dernier s’engage dans la guerre de Succession de Bretagne au sein de la Guerre de Cent Ans. En 1343, Philippe VI le fait arrêter à Paris pour trahison présumée envers les Anglais, le torture, le décapite et expose sa tête au public.

Refusant catégoriquement de se soumettre, Jeanne subit un bannissement total et voit l'ensemble de ses biens confisqués par la couronne française. Déterminée à venger son époux, elle vend ses possessions restantes pour équiper une petite flotte de trois navires, dont son bâtiment amiral baptisé Ma Vengeance. Elle s'établit en Angleterre sous la protection d'Édouard III, allié naturel contre la France, et lance une impitoyable guerre de course dans la Manche, ciblant systématiquement les navires marchands et les bâtiments royaux français. Pendant neuf mois intenses, elle pille sans relâche, massacrant souvent les équipages ennemis avec une cruauté légendaire, ce qui lui vaut les surnoms terrifiants de « Lionne sanglante » ou « Tigresse bretonne ». Ses raids semaient la terreur le long des côtes, faisant d'elle la première femme pirate documentée de l'histoire européenne.

Ses raids s’interrompent brutalement après la perte successive de ses navires lors d'une tempête dévastatrice dans la Manche ; elle échappe de justesse à la mort en s'échappant dans une fragile barque ouverte avec deux de ses fils, dont l'un, épuisé par le froid et la faim, succombe tragiquement en cours de route. Recueillie in extremis sur les côtes anglaises, elle trouve refuge sous la protection bienveillante d'Édouard III, qui l'accueille comme une alliée vengeresse, et se retire dans un manoir du Yorkshire où elle vit discrètement jusqu'à sa mort vers 1359. Son fils aîné, Olivier V de Clisson, parvient plus tard à laver l'honneur familial, récupère les biens ancestraux confisqués et gravit les échelons jusqu'à devenir connétable de France, marquant ainsi la résilience de la lignée Clisson.

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