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16 JUIN

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Un instant en ce bas monde

Photo de Kiro Wang - Pexels

Le smartphone fait click - un son minuscule, presque ridicule - et voilà que l’instant, encore anodin, se trouve expédié on ne sait trop où, dans quelque nuage invisible où s’entassent déjà des milliards de souvenirs pixelisés.

Autour, les amis suspendent leur souffle : certains par tendresse, d’autres par lassitude, tous vaguement conscients qu’ils viennent d’être aspirés dans une composition dont ils ne maîtrisent ni le cadre ni la destination. les inconnus, eux, s’en emparent sans vergogne : ils likent, ils commentent, ils interprètent - souvent à côté, parfois avec aplomb.

Pendant ce temps, dans les coulisses, les algorithmes s’éveillent comme une nuée d’insectes zélés : ils classent, ils trient, ils propulsent, décidant en une fraction de seconde si cette photo mérite l’oubli discret ou la célébrité tapageuse.

Et la toile s’agite, bruisse, s’emballe ; le moindre sourire devient sujet d’analyse, le moindre détail, matière à débat. bientôt, le landerneau numérique s’échauffe : on disserte, on juge, on s’indigne - ou pire, on applaudit.

Tout ça pour quoi ? Pour un simple click. une image capturée à la volée, devenue vacarme collectif. preuve, s’il en fallait, qu’à l’ère moderne, il ne faut parfois presque rien pour faire beaucoup de bruit.

Déjà, une autre main se lève, un autre téléphone se braque, prêt à recommencer - comme si le silence numérique lui-même était devenu suspect...

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Un peu de bonne humeur

Séduction dans un bar

Dans un bar, une très jolie femme fait signe au barman de s’approcher d’elle. Il se penche et elle commence à lui caresser la barbe.

– Êtes-vous le gérant ? dit-elle en lui caressant sensuellement le visage.

– Euh… en fait non, répond le barman.

– Pouvez-vous aller le chercher ? demande la femme en glissant sa main dans les cheveux du barman.

– Malheureusement non, souffle le barman prenant visiblement plaisir à la situation.

– Pouvez-vous faire quelque chose pour moi ? demande la femme en passant ses doigts sur les lèvres du barman.

– Bien sur, répond l’homme.

– Je voudrais lui laisser un message, dit-elle en glissant un doigt puis l’autre dans la bouche du barman qui les suce légèrement.

– Quel est le message ? demande le barman.

– Dites-lui qu’il n’y a ni papier ni savon dans les toilettes des dames.

 

Bonheur d’être à la campagne – Anonyme

Quel bonheur de se promener à la campagne, c'est des paysans !

 

Gare aux cachalots ! – 1

Le 26 janvier 2004, dans les rues bondées de Tainan, au sud de Taïwan, un cachalot gigantesque de 17 mètres et 50 tonnes choisit ce moment pour un spectacle macabre inoubliable. Mort depuis quelques jours, probablement tué par un navire, il gît d'abord sur une plage avant que 50 ouvriers ne l'embarquent tant bien que mal sur un camion pour l'autopsie. Treize heures de secousses hasardeuses avec grues et cordes fragilisent sa carcasse gonflée par les bactéries festoyant à l'intérieur, produisant un cocktail explosif de gaz putrides emprisonnés sous la peau tendue.

Soudain, en pleine artère urbaine, la bête explose dans un bruit assourdissant, projetant des litres de sang, des entrailles nauséabondes et des lambeaux de chair sur des dizaines de mètres ! Résultat : voitures engluées, vitrines barbouillées de magma rougeâtre, passants médusés au milieu d'un embouteillage apocalyptique. La puanteur envahit le quartier pour des heures, tandis que la nature s'amuse de cette vengeance post-mortem.

Une incision préventive aurait évité la catastrophe, mais voilà ce qui arrive lorsque l'urgence l'emporte sur la prudence.

Explosion à Taïwan ! 📆 26 janvier 2004

Savais-tu ?

Incarnat et Brésil

Recette du XVème siècle pour fabriquer la couleur rose - dite incarnat à l’époque - à destination des teinturiers, enlumineurs et peintres :

« Prends une bonne portion de Brésil et plonge-la dans une certaine quantité d’eau additionnée d’un peu de craie. Ajoute du tartre autant qu’il convient et si tu le peux de l’urine d’âne mais modérément. Si tu n’as pas d’urine d’âne, celle d’un homme ivre conviendra. Ensuite, fais chauffer le tout assez longuement et place ton drap dans le bouillon. Tu obtiendras une belle teinture incarnat. »

Source : Michel Pastoureau, historien des couleurs,
"Rose : histoire d'une couleur", éditions du Seuil,
Podcast France Inter

Les qualité du bois de Brésil

Le bois de Brésil, aussi appelé pernambouc ou pau‑brasil, est d’abord apprécié pour sa teinte rouge intense : séché et pulvérisé, il donne une matière tinctoriale rouge très prisée pour la teinture des textiles, des enluminures et des peintures. Il est également reconnu pour sa densité et sa dureté, davantage résistant, élastique et massif que le chêne, ce qui le rend particulièrement intéressant en menuiserie et en ébénisterie.

Ses qualités physiques exceptionnelles en font longtemps le bois de prédilection pour les archets de violon : il combine rigidité, élasticité et bonne transmission des vibrations, ce qui assure une excellente sonorité aux instruments à cordes frottées. Aujourd’hui, il reste recherché dans l’archèterie et dans certains usages de charpente ou de décoration, tout en étant soumis à une gestion plus stricte en raison de la raréfaction de l’espèce.

Le bois et le pays

Le Brésil doit son nom au bois de Brésil, un bois rouge très recherché en Europe pour sa teinture. Les Portugais le découvrent en grande quantité sur les côtes du futur pays après 1500 et en font bientôt une marchandise essentielle. Ce nom vient d’un ancien terme signifiant « braise », en référence à la couleur rouge du bois, et il désigne déjà un type de bois exotique avant même la découverte de l’Amérique.

Au fil du temps, les colons cessent d’appeler le territoire « Terre de la Sainte‑Croix » et parlent de plus en plus de la « Terre du Brésil » ou simplement de « Brésil », par allusion à cette ressource forestière. Le mot remplace ainsi le nom initial et devient le nom officiel du pays, transformant une simple matière première en marque identitaire nationale.

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