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22 DÉCEMBRE

Bonne fête aux Xavière

Les nouveautés du jour

Les évènements notables

1989 – Effondrement du régime communiste de Nicolae Ceaușescu
À la suite d’une insurrection populaire déclenchée à Timișoara et étendue à tout le pays, le régime autoritaire de Nicolae Ceaușescu s’effondre. Le dictateur fuit Bucarest avant d’être arrêté avec son épouse. Cet événement met fin à plus de quatre décennies de communisme en Roumanie et s’inscrit dans la vague des révolutions de 1989 en Europe de l’Est, marquant un tournant majeur de l’histoire contemporaine du pays.

1974 – Référendum d’indépendance des Comores
Un référendum d’autodétermination est organisé dans l’archipel des Comores. Le « oui » à l’indépendance l’emporte largement dans trois îles, tandis que Mayotte vote majoritairement contre. Ce résultat conduit à la proclamation de l’indépendance des Comores en 1975, mais ouvre un contentieux durable avec la France concernant le statut de Mayotte, restée française, aux conséquences politiques et diplomatiques encore sensibles.

1971 – Fondation de Médecins sans frontières
Des médecins et journalistes français, dont Bernard Kouchner, fondent Médecins sans frontières (MSF). L’organisation humanitaire se donne pour mission de porter secours aux populations en danger sans distinction et de témoigner publiquement des violations des droits humains. MSF innove par son indépendance et son devoir de parole, devenant l’une des ONG humanitaires les plus influentes au monde, récompensée par le prix Nobel de la paix en 1999.

1894 – Condamnation d’Alfred Dreyfus
Le capitaine Alfred Dreyfus est condamné à l’unanimité par un conseil de guerre pour trahison et intelligence avec une puissance étrangère. Jugement entaché d’erreurs et d’antisémitisme, cette condamnation marque le début de l’Affaire Dreyfus. Elle divise profondément la société française, mobilise intellectuels et politiques, et aboutira des années plus tard à la réhabilitation complète de Dreyfus.

1789 – Division de la France en départements
L’Assemblée nationale constituante adopte un décret divisant la France en départements. Cette réforme administrative vise à effacer les anciennes provinces de l’Ancien Régime et à instaurer une organisation territoriale rationnelle, égalitaire et centralisée. Les départements, conçus pour être administrés efficacement depuis Paris, constituent encore aujourd’hui l’un des fondements de l’organisation territoriale française issue de la Révolution.

1720 – Début du grand incendie de Rennes
Un incendie majeur se déclare dans le centre de Rennes et ravage la ville pendant près d’une semaine. Alimenté par des maisons à pans de bois et des conditions météorologiques défavorables, le feu détruit environ 40 % de la cité, laissant des milliers d’habitants sans abri. Cette catastrophe entraîne une vaste reconstruction urbaine, donnant naissance au Rennes moderne, aux rues plus larges et aux bâtiments de pierre.

1522 – Prise de Rhodes par Soliman le Magnifique
Après un long siège, les forces ottomanes de Soliman le Magnifique s’emparent de l’île de Rhodes, jusque-là tenue par les chevaliers de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem. La capitulation met fin à plusieurs mois de combats acharnés. Les chevaliers sont autorisés à quitter l’île et se réfugient plus tard à Malte, tandis que l’Empire ottoman renforce son contrôle stratégique en Méditerranée orientale.

69 – Avènement de Vespasien comme empereur romain
Vespasien est proclamé empereur romain, mettant un terme à l’« année des quatre empereurs », marquée par une guerre civile sanglante. Fondateur de la dynastie flavienne, il restaure la stabilité politique et financière de l’Empire après les excès de Néron. Son règne est notamment marqué par des réformes administratives et le lancement de grands travaux, dont la construction du Colisée.

Les naissances et décès notables

1975 – Naissance de Emmanuel « Manu » Payet, humoriste, acteur et animateur français réunionnais de radio
1972 – Naissance de Vanessa Paradis, chanteuse et actrice française
1965 – Naissance de Sergi López, acteur espagnol
1639 – Naissance de Jean Racine, homme de lettres français

2020 – Décès de Claude Brasseur, acteur français
2014 – Décès de John Robert « Joe » Cocker, chanteur et compositeur britannique
2001 – Décès de Jacques Mayol, apnéiste français
1989 – Décès de Samuel Beckett, homme de lettres irlandais, prix Nobel de littérature en 1969


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JE DÉCOUVRE

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Un peu de bonne humeur

Humeur indexée sur l’attente

🤔 Avez-vous remarqué que les gens en retard sont souvent de meilleure humeur que ceux qui les attendent ?

 

Repos vélo dodo

Dimanche six heures du matin, l’homme se lève sans faire de bruit pour ne pas réveiller son épouse. Il charge son VTT dans la voiture, et s’en va.

Arrivé sur le parcours il se met à tomber des trombes d’eau. Sa matinée est foutue, il décide alors de rentrer chez lui.

De retour à la maison, il se déshabille sans faire de bruit et se recouche doucement tout près de son épouse en lui chuchotant à l’oreille : « Il pleut comme vache qui pisse ! ».

Et elle, de lui répondre : « Quand je pense que l’autre idiot est en train de pédaler… »

La mode des robes papier

La mode des vêtements en papier des années 1960 était une tendance éphémère et jetable, lancée comme opération publicitaire par des entreprises américaines de papier. Elle symbolisait l'esprit pop, expérimental et consumériste de l'époque, avec des pièces bon marché et souvent à usage unique.

En 1966, la Scott Paper Company, spécialiste du papier hygiénique et essuie-tout, distribue des robes en matériau non tissé imprimé de motifs psychédéliques ou bandanas, appelées "Paper Caper". Ce coup marketing initial remporte un succès viral, avec des centaines de milliers d'unités vendues à 1,5 dollar pièce, suivi par des producteurs comme Mars of Asheville qui en fabriquent jusqu'à 80 000 par semaine.

Ces vêtements, souvent des robes trapèze courtes aux couleurs vives et motifs graphiques, étaient faits de cellulose renforcée de fibres synthétiques comme la rayonne ou le polyester pour plus de solidité. Jetables et personnalisables (parfois avec peintures à l'eau), ils incarnaient la mode pop et unisexe, portée par des stars comme Nico avec des designs d'Andy Warhol.

La fièvre dure de 1966 à 1968, boostée par des collaborations avec Oscar de la Renta ou Butterfinger pour des tenues publicitaires, avant de s'essouffler face aux problèmes d'inflammabilité et de durabilité. Elle préfigure la fast fashion et influence des expositions comme "Generation Paper" au MAD de New York.

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Savais-tu ?

Régime obligatoire

Patrick Deuel est un Américain connu pour son obésité extrême qui atteint 486 kg en 2004. Il souffre principalement d’obésité morbide extrême, aggravée par un mode de vie sédentaire et une consommation excessive de nourriture. Il présente des complications graves comme une insuffisance cardiaque, une insuffisance respiratoire (il dépend d’une machine pour respirer), des infections cutanées dues aux plis de peau, et une immobilité totale depuis des années, ce qui l’empêche même de se déplacer seul. Ces pathologies menacent sa vie et nécessitent une intervention médicale d’urgence.

Plusieurs hôpitaux refusent de le prendre en charge immédiatement en raison de son poids colossal, qui pose des défis logistiques et structurels majeurs : aucun lit renforcé n'existe, les ascenseurs ne supportent pas sa masse, et le transport semble impossible. Après des refus répétés au Nebraska, l’hôpital Avera McKennan à Sioux Falls, dans le Dakota du Sud, accepte finalement de l’accueillir. Une opération spectaculaire s’organise alors : les pompiers percent un mur de sa maison à Valentine, Nebraska, pour l’extraire avec une grue et une ambulance spéciale renforcée, convoyée depuis Denver.

Deuel se fait connaître mondialement grâce au documentaire Half Ton Man de la série BodyShock, diffusé en 2004. Pendant sept mois à l’hôpital, il perd plus de 200 kg sous régime draconien et chirurgie bariatrique, ce qui attire une couverture médiatique intense dans le monde entier, y compris en France. Né en 1962, il décède en 2016.

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Astuce

Glaçons à la plancha

Après la cuisson, laissez la plancha légèrement chaude (plus tiède que brûlante), jetez quelques glaçons sur la surface puis poussez la glace fondue et les résidus avec une spatule en bois ou une raclette vers le bac à graisse — la vapeur et le choc thermique ramollissent et décollent la graisse sans frotter.

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Un instant en ce bas monde

Quelques instants de vie à travers le temps.

Premier tableau

Une petite famille se promène à vélo lors d'un dimanche ensoleillé qui sent bon l’insouciance. Les parents, émus et fiers, observent leur premier enfant pédaler sans ses petites roues, conquérant du bitume, roi du square. Et soudain…

CHUTE DANS LE PELOTON FAMILIAL !!! OH LÀ LÀ, MON DIEU !

Le père freine dans un dérapage digne du Tour de France, saute de son vélo, accourt et soulève l’enfant avec délicatesse. La mère, déjà à genoux, sort une trousse de secours qui ferait pâlir une ambulance. Elle déballe tout immédiatement : désinfectant, compresses stériles, Mercurochrome, pansement, bande.

Verdict : écorchure de niveau 2. On sécurise le périmètre. On rassure. On souffle. On désinfecte. On panse. On câline.

Le père est prêt à appeler les urgences. Le SAMU n’est jamais très loin dans ces moments-là. Mais contre toute attente… l’enfant survit.

Rideau.

Quelques années plus tard.

Même décor. Même piste cyclable. Même parents. Mais un deuxième enfant est apparu dans le casting...

CHUTE À L’AVANT !

Le père s’approche, jette un œil rapide, analyse la situation.
Diagnostic : égratignure.
La mère intervient. Pas de trousse, pas de protocole.
Un simple bisou magique, homologué depuis des générations. « Voilà, c’est passé. »
L’enfant renifle, hésite… puis repart.

Fin de l’incident. Pas même de quoi interrompre la balade.

Encore quelques années passent.

Même lieu. Même parents. Et — on ne sait pas trop comment — un troisième enfant...

Chute.

Les parents en choeur : « AAAH MAIS C’EST PAS POSSIBLE ! TU PEUX PAS FAIRE ATTENTION !? »

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Espace lecture

Ravage (1943) – René Barjavel

Et si le roman de science-fiction le plus troublant de cet été 2026 avait été publié… en 1943 ?

Avec Ravage, René Barjavel imagine l’effondrement soudain d’un monde entièrement dépendant de la technologie après une panne d’électricité mondiale.

La mégalopole s’arrête, puis se transforme en un brasier infernal ; les machines se taisent et les certitudes partent en fumée. Nous suivons François Deschamps, un jeune paysan perdu dans la ville, qui tente de survivre et de retourner à la terre alors que la civilisation moderne s’écroule. Ce qui rend Ravage particulièrement dérangeant aujourd’hui, c’est la façon dont ses images de feu et de chaos font écho à notre réalité actuelle : méga-feux de forêt, sécheresses, climat déréglé et le sentiment croissant que notre confort technologique ne nous protège plus vraiment. Relire Barjavel, ce n’est pas chercher une prophétie, mais faire face à une question troublante : que reste-t-il de nous quand les systèmes qui nous entourent cessent de fonctionner ? Court, percutant, parfois daté mais étonnamment visionnaire, Ravage est un classique à glisser dans votre pile de lecture pour réfléchir, entre deux alertes aux incendies, à ce que nous entendons réellement par « progrès ».

Barjavel imaginait déjà à l'époque ce que serait une tablette de lecture en 2050

La nuit cernait de tous côtés les dernières flammes de l'Ouest. François tira du dossier de son fauteuil le lecteur électrique et coiffa l'écouteur. La Compagnie Eurasiatique des Transports avait installé un de ces appareils sur chaque siège pour permettre aux voyageurs de lire la nuit sans déranger ceux de leurs voisins qui désiraient rester dans l'obscurité.

Une plaque extensible, que chacun pouvait agrandir ou rapetisser au format de son livre, s'appliquait sur la page et, dans l'écouteur, une voix lisait le texte imprimé. Cette voix, non seulement lisait Goethe, Dante, Mistral ou Céline dans le texte, avec l'accent d'origine, mais reprenait ensuite, si on le désirait, en haut de chaque page, pour en donner la traduction en n'importe quelle langue. Elle possédait un grand registre de tons, se faisait doctorale pour les ouvrages de philosophie, sèche pour les mathématiques, tendre pour les romans d'amour, grasse pour les recettes de cuisine. Elle lisait les récits de bataille d'une voix de colonel, et d'une voix de fée les contes pour enfants. Au dernier mot de la dernière ligne, elle faisait connaître par un « hum hum » discret qu'il était temps
de changer la plaque de page.

Cet appareil n'eût pas manqué de paraître miraculeux à un voyageur du XXe siècle égaré dans ce véhicule du XXIe. Le fonctionnement en était pourtant bien simple. La plaque, sensible à l'encre d'imprimerie, était branchée sur un minuscule poste émetteur de télévision installé dans le dossier de chaque fauteuil. Ce poste transmettait automatiquement l'image de la page au Central de Lecture de la Compagnie Eurasiatique des Transports, dans la banlieue de Vienne. Des cloisons insonores divisaient l'immeuble du Central en une dizaine de milliers de minuscules cabines. Dans ces dix mille cabines, devant dix mille écrans semblables, étaient enfermés dix mille lecteurs et lectrices de tous âges et de toutes nationalités.

Des standardistes polyglottes triaient les réceptions, les branchaient par
langues sur des sous-standards qui les distribuaient ensuite par genre littéraire. Il ne fallait guère plus de quelques secondes pour que l'image de la page arrivât au lecteur compétent, qui se mettait aussitôt à lire dans le ton dont il était spécialiste. Un tel larmoyait pendant huit heures sur des ouvrages sentimentaux. Telle autre souriait à longueur de journée dans sa solitude, pour lire avec grâce des conseils de beauté.

C'était, en somme, une parfaite mais banale installation de télélecture, comme il en existait environ une dizaine en Europe, à l'usage des vieillards dont la vue baissait, des aveugles, et des solitaires qui désiraient se donner à la fois la compagnie d'un livre ami et celle d'une voix humaine.

François Deschamps disposa la plaque sur son roman policier et tourna, sur l'écouteur, le minuscule bouton qui mettait l'appareil en marche. Une voix dramatique murmura à son oreille :

« Chapitre premier. – L'inspecteur Walter enfonça la porte d'un coup d'épaule et s'arrêta stupéfait : à un clou du plafond pendait, intact, le menton soulevé par la corde, le cadavre de M. Lecourtois qu'il avait découvert, la veille, décapité... »

Le jeune homme renonça à connaître l'explication de ce mystère. Il ôta
l'écouteur et s'endormit.

Le train entrait en gare de Lyon-Perrache.

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