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23 MARS

Bonne fête aux Victorien

Aujourd’hui à la une

Les évènements notables

2021 – Blocage du canal de Suez par l’Ever Given

Le 23 mars 2021, le porte-conteneurs Ever Given, long de 400 mètres, s’échoue en travers du canal de Suez après avoir été dévié par de forts vents de sable. Il bloque totalement la voie pendant six jours, immobilisant plus de 400 navires. Cet épisode met en lumière la vulnérabilité du commerce mondial : environ 12 % du trafic maritime international transite par ce canal stratégique reliant la Méditerranée à la mer Rouge.

2001 – Décrochage de la station orbitale Mir

Le 23 mars 2001, la station spatiale russe Mir, en orbite depuis le 20 février 1986, est volontairement désorbitée après 15 ans de service. Rentrée dans l’atmosphère au-dessus du Pacifique Sud, elle se désintègre en grande partie, ses débris tombant dans l’océan. Mir avait accueilli 104 cosmonautes et astronautes, établi de nombreux records de séjour spatial et symbolisé la puissance spatiale soviétique puis russe.

2001 – Création de Wikipédia en français

Le 23 mars 2001, l’édition francophone de l’encyclopédie collaborative Wikipédia est officiellement lancée, deux mois après la version anglaise fondée par Jimmy Wales et Larry Sanger. Reposant sur la contribution volontaire d’internautes du monde entier, elle compte aujourd’hui plus de 2,5 millions d’articles. Wikipédia en français est l’une des éditions les plus riches, parmi les 330 versions linguistiques existantes.

1980 – Extinction de l’incendie de la plate-forme Ixtoc 1

Le 23 mars 1980, l’incendie de la plate-forme pétrolière mexicaine Ixtoc 1, en feu depuis le 3 juin 1979 dans le golfe du Mexique, est enfin maîtrisé après neuf mois de lutte. La catastrophe avait déversé environ 470 000 tonnes de pétrole dans l’océan, constituant l’une des plus grandes marées noires de l’histoire. Les côtes mexicaines et texanes avaient subi des dégâts écologiques considérables et durables.

1918 – Premiers tirs de la Grosse Bertha sur Paris

Le 23 mars 1918, Paris est bombardée pour la première fois par le canon allemand à longue portée surnommé la Grosse Bertha, tirant depuis la forêt de Saint-Gobain à plus de 120 kilomètres. Ce jour-là, 256 obus s’abattent sur la capitale, faisant 15 morts. L’arme, d’une portée sans précédent, sème la panique parmi la population parisienne et provoque un exode massif de la ville durant plusieurs semaines.

789 – Charlemagne établit l’Admonitio generalis

Le 23 mars 789, Charlemagne promulgue l’Admonitio generalis, vaste capitulaire de 82 articles fixant les bases d’une réforme religieuse, morale et éducative de son empire. Il y impose notamment la création d’écoles paroissiales pour instruire le peuple, la formation du clergé et la standardisation des pratiques liturgiques. Ce texte fondateur illustre l’ambition de Charlemagne de bâtir un empire chrétien unifié et éclairé.

Les naissances et décès notables

1976 – Naissance de Elisa Tovati, actrice et chanteuse française
1972 – Naissance de Judith Godrèche, comédienne française
1968 – Naissance de Pierre Palmade, humoriste français
1951 – Naissance de Plantu (Jean Plantureux), dessinateur de presse et satirique français
1948 – Naissance de Chantal Lauby, speakerine, puis humoriste du quatuor-trio des « Nuls », comédienne et réalisatrice française de cinéma

2023 – Décès de Marion Game, actrice française
1842 – Décès de Stendhal (Henri Beyle), écrivain français



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JE DÉCOUVRE

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Un peu de bonne humeur

Humeur indexée sur l’attente

🤔 Avez-vous remarqué que les gens en retard sont souvent de meilleure humeur que ceux qui les attendent ?

 

Combien de rouleaux de papier-peint

Un locataire décide de refaire son appartement. Il commence à prendre les mesures pour savoir combien de rouleaux de papier-peint acheter, mais il s’y perd. Et tout à coup, il se souvient que son voisin du dessus, qui a exactement le même appartement, a refait le sien trois mois plus tôt. Il monte le voir et lui demande :

– Combien de rouleaux de dix mètres avez-vous pris ?

– Vingt-huit.

Alors il achète vingt-huit rouleaux, et il colle son papier. Mais, quand l’appartement est terminé, il lui reste six rouleaux.

Il remonte chez son voisin et lui dit :

– Je ne comprends pas. J’ai tapissé tout l’appartement, et il me reste six rouleaux…

– Eh bien, moi c’est pareil !…

Mort pour avoir eu raison

En juin 1871, à Lebanon dans l'Ohio, Clément Vallandigham, un avocat américain de 50 ans, défend un client accusé de meurtre lors d'une fusillade dans un bar. Pour prouver l'innocence de son client, il reconstitue la scène en prenant un pistolet qu'il croit déchargé, alors que non.

Vallandigham place l'arme dans sa poche, la sort en la pointant vers son abdomen pour démontrer comment la victime aurait pu se suicider accidentellement, et presse la détente. La balle le blesse mortellement au ventre ; il expire le lendemain matin, le 17 juin 1871. Paradoxalement, cette démonstration convainc le jury, et son client est acquitté.

Figure politique controversée, Vallandigham était un "Copperhead", opposant à Lincoln et à la Guerre de Sécession, exilé puis revenu aux États-Unis après le conflit. Sa mort entre dans les annales des morts insolites par son absurdité professionnelle.

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Savais-tu ?

Le club des 27

Le club des 27 regroupe des artistes, surtout des musiciens de rock et de blues, morts à l’âge de 27 ans. L’idée est devenue célèbre avec plusieurs figures majeures décédées très jeunes, ce qui a nourri un mythe autour de cet âge. En réalité, il ne s'agit pas d'un vrai club ou d'une organisation mais d'une formule médiatique et culturelle. Ce terme renvoyant à une légende un peu morbide, certains y ont vu une « malédiction » mais des analyses ont montré qu’il n’y a pas de preuve statistique solide d’un risque particulier de mourir à 27 ans.

Principaux membres du club des 27

NomProfessionDate de décèsCause du décès
Robert JohnsonGuitariste et chanteur de blues16 août 1938Cause exacte incertaine, probablement whisky empoisonné
Brian JonesGuitariste fondateur des Rolling Stones3 juillet 1969Noyade dans une piscine, dans un contexte de drogues et alcool
Jimi HendrixGuitariste et chanteur rock18 septembre 1970Asphyxie après prise de somnifères et alcool
Janis JoplinChanteuse de rock et blues4 octobre 1970Overdose d’héroïne
Jim MorrisonChanteur des Doors3 juillet 1971Mort à Paris, cause officielle arrêt cardiaque, contexte alcool/drogues
Kurt CobainChanteur, guitariste de Nirvana5 avril 1994Suicide par arme à feu
Amy WinehouseChanteuse soul / jazz / pop23 juillet 2011Intoxication alcoolique aiguë

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Astuce

Toujours avoir des petits pois au congélateur

En cas d'inflammation, déchirure ou contusion et si vous n'avez pas de poche de glace, enveloppez un sac de petits pois surgelés dans un tissu fin (serviette ou torchon) puis appliquez-le 15–20 minutes en maintenant la zone surélevée; répétez toutes les 1–2 heures les premières 24–48 heures pour limiter douleur et œdème.

Le sac de petits pois épouse bien la forme du corps, reste souple en se réchauffant et peut être remit au congélateur pour une réutilisation, mais ne le placez jamais directement sur la peau ni sur un pansement humide pour éviter les engelures ou la contamination.

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Un instant en ce bas monde

Ce suppôt de Satan est encore là. Toujours. Infatigable. Il me traque, m’épuise, me vole des heures de sommeil comme un bourreau méticuleux. Sa spécialité : la torture lente, insidieuse, celle qui ronge les nerfs.

Mais un jour, je le jure, je l’écraserai. Pas comme un ennemi digne - non, comme une vermine.

Pour l’instant, il se cache. Invisible. Insaisissable. Il se dérobe à chaque fois que je crois l’avoir coincé. Il disparaît… puis revient. Encore. Toujours. Murmurant à mon oreille son bourdonnement insolent, son défi dérisoire.

Là. Cette fois, je te tiens !... PLAF... VICTOIRE !

Son sang éclabousse le mur - vision des plus réjouissantes. Enfin, le silence. Enfin, la paix.

Morphée… j’arrive… prends-moi dans tes bras... PUTAIN !

En voilà un autre ! C'est sûr, il vient réclamer vengeance !

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Espace lecture

Ravage (1943) – René Barjavel

Et si le roman de science-fiction le plus troublant de cet été 2026 avait été publié… en 1943 ?

Avec Ravage, René Barjavel imagine l’effondrement soudain d’un monde entièrement dépendant de la technologie après une panne d’électricité mondiale.

La mégalopole s’arrête, puis se transforme en un brasier infernal ; les machines se taisent et les certitudes partent en fumée. Nous suivons François Deschamps, un jeune paysan perdu dans la ville, qui tente de survivre et de retourner à la terre alors que la civilisation moderne s’écroule. Ce qui rend Ravage particulièrement dérangeant aujourd’hui, c’est la façon dont ses images de feu et de chaos font écho à notre réalité actuelle : méga-feux de forêt, sécheresses, climat déréglé et le sentiment croissant que notre confort technologique ne nous protège plus vraiment. Relire Barjavel, ce n’est pas chercher une prophétie, mais faire face à une question troublante : que reste-t-il de nous quand les systèmes qui nous entourent cessent de fonctionner ? Court, percutant, parfois daté mais étonnamment visionnaire, Ravage est un classique à glisser dans votre pile de lecture pour réfléchir, entre deux alertes aux incendies, à ce que nous entendons réellement par « progrès ».

Barjavel imaginait déjà à l'époque ce que serait une tablette de lecture en 2050 :

La nuit cernait de tous côtés les dernières flammes de l'Ouest. François tira du dossier de son fauteuil le lecteur électrique et coiffa l'écouteur. La Compagnie Eurasiatique des Transports avait installé un de ces appareils sur chaque siège pour permettre aux voyageurs de lire la nuit sans déranger ceux de leurs voisins qui désiraient rester dans l'obscurité.

Une plaque extensible, que chacun pouvait agrandir ou rapetisser au format de son livre, s'appliquait sur la page et, dans l'écouteur, une voix lisait le texte imprimé. Cette voix, non seulement lisait Goethe, Dante, Mistral ou Céline dans le texte, avec l'accent d'origine, mais reprenait ensuite, si on le désirait, en haut de chaque page, pour en donner la traduction en n'importe quelle langue. Elle possédait un grand registre de tons, se faisait doctorale pour les ouvrages de philosophie, sèche pour les mathématiques, tendre pour les romans d'amour, grasse pour les recettes de cuisine. Elle lisait les récits de bataille d'une voix de colonel, et d'une voix de fée les contes pour enfants. Au dernier mot de la dernière ligne, elle faisait connaître par un « hum hum » discret qu'il était temps
de changer la plaque de page.

Cet appareil n'eût pas manqué de paraître miraculeux à un voyageur du XXe siècle égaré dans ce véhicule du XXIe. Le fonctionnement en était pourtant bien simple. La plaque, sensible à l'encre d'imprimerie, était branchée sur un minuscule poste émetteur de télévision installé dans le dossier de chaque fauteuil. Ce poste transmettait automatiquement l'image de la page au Central de Lecture de la Compagnie Eurasiatique des Transports, dans la banlieue de Vienne. Des cloisons insonores divisaient l'immeuble du Central en une dizaine de milliers de minuscules cabines. Dans ces dix mille cabines, devant dix mille écrans semblables, étaient enfermés dix mille lecteurs et lectrices de tous âges et de toutes nationalités.

Des standardistes polyglottes triaient les réceptions, les branchaient par
langues sur des sous-standards qui les distribuaient ensuite par genre littéraire. Il ne fallait guère plus de quelques secondes pour que l'image de la page arrivât au lecteur compétent, qui se mettait aussitôt à lire dans le ton dont il était spécialiste. Un tel larmoyait pendant huit heures sur des ouvrages sentimentaux. Telle autre souriait à longueur de journée dans sa solitude, pour lire avec grâce des conseils de beauté.

C'était, en somme, une parfaite mais banale installation de télélecture, comme il en existait environ une dizaine en Europe, à l'usage des vieillards dont la vue baissait, des aveugles, et des solitaires qui désiraient se donner à la fois la compagnie d'un livre ami et celle d'une voix humaine.

François Deschamps disposa la plaque sur son roman policier et tourna, sur l'écouteur, le minuscule bouton qui mettait l'appareil en marche. Une voix dramatique murmura à son oreille :

« Chapitre premier. – L'inspecteur Walter enfonça la porte d'un coup d'épaule et s'arrêta stupéfait : à un clou du plafond pendait, intact, le menton soulevé par la corde, le cadavre de M. Lecourtois qu'il avait découvert, la veille, décapité... »

Le jeune homme renonça à connaître l'explication de ce mystère. Il ôta
l'écouteur et s'endormit.

Le train entrait en gare de Lyon-Perrache.

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