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6 FÉVRIER

Bonne fête aux Gaston

Les nouveautés du jour

Les évènements notables

1980 – Sortie du film Rodriguez au pays des merguez
La comédie française Rodriguez au pays des merguez, réalisée par Philippe Clair, sort sur les écrans. Porté par l’humour populaire et l’esprit de la fin des années 1970, le film s’inscrit dans la vague de comédies légères de l’époque. Bien que modestement accueilli par la critique, il devient représentatif d’un cinéma populaire cherchant à divertir par la caricature et le burlesque.

1973 – Incendie du collège Édouard-Pailleron à Paris
Un incendie ravage le collège Édouard-Pailleron dans le 19ᵉ arrondissement de Paris, causant la mort de vingt personnes, principalement des élèves. Le drame met en lumière les graves insuffisances des normes de sécurité dans les établissements scolaires. Il entraîne une profonde prise de conscience et des réformes importantes en matière de prévention des incendies dans les bâtiments publics.

1952 – Mort de George VI et avènement d’Élisabeth II
Le roi George VI du Royaume-Uni meurt à l’âge de 56 ans. Sa fille aînée, Élisabeth, lui succède et devient reine sous le nom d’Élisabeth II. Son accession au trône marque le début d’un règne exceptionnellement long, durant lequel elle incarne la stabilité de la monarchie britannique à travers de profondes transformations politiques, sociales et culturelles.

1922 – Traité de Washington sur la limitation navale
Le traité de Washington entre en vigueur, instaurant un moratoire de dix ans sur la construction de grands navires de guerre. Signé par les principales puissances navales, il vise à limiter la course aux armements après la Première Guerre mondiale. Cet accord marque une tentative inédite de régulation internationale du désarmement, même si ses effets resteront temporaires.

1921 – Début des travaux du chemin de fer Congo-Océan
Les travaux du chemin de fer Congo-Océan commencent afin de relier l’Afrique centrale à l’océan Atlantique. Chantier colossal, il est réalisé dans des conditions extrêmement dures, causant la mort de milliers de travailleurs africains. Achevée en 1934, cette infrastructure symbolise à la fois l’ambition coloniale française et la violence du système colonial.

1881 – Fondation de l’Union vélocipédique française
L’Union vélocipédique française est fondée afin d’organiser et de promouvoir la pratique du cyclisme. Elle structure les compétitions, fixe les règles et contribue à populariser la bicyclette comme sport et moyen de transport. Cette institution jouera un rôle majeur dans le développement du cyclisme français et dans l’émergence d’épreuves emblématiques comme le Tour de France.

1850 – Introduction du suffrage des trois classes en Prusse
La Constitution prussienne de 1848 est révisée avec l’instauration du système électoral dit des « trois classes ». Ce mode de scrutin accorde une influence disproportionnée aux contribuables les plus riches. Il limite fortement la portée démocratique des réformes libérales et assure la domination politique des élites conservatrices dans le royaume de Prusse.

1840 – Signature du traité de Waitangi
Le traité de Waitangi est signé entre la Couronne britannique et des chefs māoris de Nouvelle-Zélande. Il établit la souveraineté britannique tout en garantissant, en théorie, des droits aux populations autochtones. Les divergences d’interprétation du texte provoqueront de nombreux conflits fonciers. Ce traité demeure un document fondateur et controversé de l’histoire néo-zélandaise.

1806 – Bataille navale de San Domingo
La flotte britannique affronte et défait une escadre française au large de Saint-Domingue. Cette bataille confirme la suprématie maritime du Royaume-Uni durant les guerres napoléoniennes. La défaite française met fin aux espoirs de rétablir un contrôle naval dans la région des Caraïbes et renforce l’isolement maritime de la France face à la Royal Navy.

1778 – Traité d’alliance franco-américaine
La France et les insurgés américains signent un traité d’alliance contre la Grande-Bretagne. Cet accord officialise le soutien militaire et financier français à la guerre d’indépendance des États-Unis. Il joue un rôle décisif dans la victoire américaine, tout en aggravant les difficultés financières de la monarchie française à la veille de la Révolution.

Les naissances et décès notables

1978 – Naissance de Yael Naim (יעל נעים), chanteuse franco-israélienne
1951 – Naissance de Jacques Villeret (Jacky Boufroura), comédien français
1945 – Naissance de Bob Marley (Nesta Robert Marley), chanteur jamaïcain de reggae
1998 – Décès de Claude Érignac, préfet français de la Corse, assassiné à Ajaccio
1994 – Décès de Jack Kirby (Jacob Kurtzberg), dessinateur et auteur américain de comics
1952 – Décès de George VI d’Angleterre, roi du Royaume-Uni et du Commonwealth
1945 – Décès de Robert Brasillach, exécuté pour intelligence avec l’ennemi au fort de Montrouge



Un peu de bonne humeur

Combien de rouleaux de papier-peint

Un locataire décide de refaire son appartement. Il commence à prendre les mesures pour savoir combien de rouleaux de papier-peint acheter, mais il s’y perd. Et tout à coup, il se souvient que son voisin du dessus, qui a exactement le même appartement, a refait le sien trois mois plus tôt. Il monte le voir et lui demande :

– Combien de rouleaux de dix mètres avez-vous pris ?

– Vingt-huit.

Alors il achète vingt-huit rouleaux, et il colle son papier. Mais, quand l’appartement est terminé, il lui reste six rouleaux.

Il remonte chez son voisin et lui dit :

– Je ne comprends pas. J’ai tapissé tout l’appartement, et il me reste six rouleaux…

– Eh bien, moi c’est pareil !…

 

Le travail, une maladie ? – Pierre Desproges

La médecine du travail est la preuve que le travail est bien une maladie ! »

 

Mort pour avoir eu raison

En juin 1871, à Lebanon dans l'Ohio, Clément Vallandigham, un avocat américain de 50 ans, défend un client accusé de meurtre lors d'une fusillade dans un bar. Pour prouver l'innocence de son client, il reconstitue la scène en prenant un pistolet qu'il croit déchargé, alors que non.

Vallandigham place l'arme dans sa poche, la sort en la pointant vers son abdomen pour démontrer comment la victime aurait pu se suicider accidentellement, et presse la détente. La balle le blesse mortellement au ventre ; il expire le lendemain matin, le 17 juin 1871. Paradoxalement, cette démonstration convainc le jury, et son client est acquitté.

Figure politique controversée, Vallandigham était un "Copperhead", opposant à Lincoln et à la Guerre de Sécession, exilé puis revenu aux États-Unis après le conflit. Sa mort entre dans les annales des morts insolites par son absurdité professionnelle.

Un peu de français

« Tchin-tchin » ?

L'expression « tchin-tchin » que l'on lance joyeusement en trinquant vient tout droit de Chine, où des soldats français l'entendent au début du XXe siècle, vers 1900, lors de la campagne de Canton. C'est une déformation amusante de « qing qing » ou « tsing tsing », une formule polie en pidgin cantonais qui signifie « je vous en prie, buvez ». De retour au pays, ces gaillards la popularisent dans les cafés et les dîners, transformant ce clin d'œil exotique en rituel convivial français, bien loin de l'idée romantique du bruit des verres qui s'entrechoquent – une explication plus tardive et fantaisiste.

Quant à l'habitude de trinquer avant de boire, elle plongerait ses racines au Moyen Âge en France, époque où les banquets regorgent de poisons et de trahisons. Les convives cognent vigoureusement leurs gobelets de métal pour verser un peu de leur boisson dans celui du voisin, partageant ainsi tout risque d'empoisonnement, tout en se fixant dans les yeux pour guetter la moindre lueur malveillante. Cette pratique antique, héritée des Grecs et Romains qui versaient des libations aux dieux, évolue en geste de confiance et de santé partagée, perdant peu à peu sa dimension défensive pour devenir le toast chaleureux que l'on connaît aujourd'hui.

 

« Taudis » ?

Le mot taudis tire son origine d’un ancien verbe « se tauder », qui signifie s’abriter sous une tente ou un abri de fortune. Il vient de l’ancien normand « tjald » ou de l’ancien scandinave « tialld », tous deux désignant une tente militaire. Au XIVe siècle, on l’emploie déjà pour parler d’un retranchement ou d’une hutte précaire lors des sièges, comme ces abris en bois que dressent les soldats pour camper.

Le sens évolue vite : au XVe siècle, taudis qualifie ces cahutes de pierre ou de bois pour les assaillants, puis vers 1545, ça devient un bouge sordide. Au XVIIe siècle, on l’utilise pour un petit logement malpropre et en ruine, une « maisonnette en meschant estat » comme le dit l’Académie française. Aujourd’hui, taudis évoque encore ces taudis urbains misérables du XIXe siècle, pleins de misère et d’insalubrité, à l’image des descriptions hugoliennes.

Savais-tu que...

Colonisation française du Mississippi

< Peuplement du Mississippi aux XVI-XVIIème siècles

La Salle impose la présence française sur tout le bassin du Mississippi d’abord par un acte symbolique et politique : en descendant le fleuve jusqu’à son embouchure, il prend solennellement possession du territoire au nom du roi de France et lui donne le nom de « Louisiane ». Il érige une croix et enterre une plaque de cuivre, ce qui transforme la vallée du Mississippi en une revendication officielle de la monarchie, étendue de la région des Grands Lacs jusqu’au golfe du Mexique. Cette démarche lui permet ensuite de convaincre la cour de Versailles de l’intérêt stratégique de la région et de lancer de nouveaux projets de colonisation.

Par la suite, la France cherche à ancrer cette présence sur le terrain en construisant des postes militaires et des missions, et en développant un commerce de fourrures et d’agriculture le long du fleuve. Des forts comme Fort‑de‑Chartres, ceux de Natchez ou de La Nouvelle‑Orléans deviennent des points de contrôle et de passage, tandis que des prêtres et des administrateurs s’installent auprès de certaines nations amérindiennes. La France noue ainsi des alliances avec plusieurs peuples riverains, qui lui offrent un soutien politique et un accès au réseau fluvial, faisant du Mississippi la colonne vertébrale d’un vaste empire colonial reliant le nord au golfe du Mexique.

L’ampleur de la présence française reste géographiquement très étendue, mais démographiquement limitée : la Louisiane couvre plusieurs millions de kilomètres carrés, tandis que la population française n’atteint que quelques milliers d’habitants à son apogée, aux côtés de nombreuses communautés amérindiennes et d’esclaves africains. La colonisation reste surtout une affaire de points stratégiques le long du fleuve plutôt que de peuplement massif. Cette présence, toutefois, marque durablement la vallée du Mississippi, jusqu’à ce que la France cède la Louisiane à l’Espagne puis au Royaume‑Uni à la fin de la guerre de Sept Ans, effritant progressivement son emprise sur le bassin.