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11 DÉCEMBRE

Bonne fête aux Daniel

Les nouveautés du jour

Les évènements notables

2016 – Ouverture du tunnel de base du Saint-Gothard
Le 11 décembre 2016, le tunnel de base du Saint-Gothard, long de 57 km, ouvre à la circulation ferroviaire. Situé dans l’ouest des Alpes suisses, il devient le plus long tunnel du monde. Ce projet colossal vise à améliorer le transport transalpin, réduire le trafic routier et favoriser le fret ferroviaire. Il représente l’une des prouesses d’ingénierie majeures du XXIᵉ siècle.

1994 – Début de la première guerre de Tchétchénie
Le 11 décembre 1994, les forces russes envahissent la Tchétchénie pour reprendre le contrôle de cette république sécessionniste. Le conflit, marqué par des combats urbains meurtriers et de lourdes pertes civiles, provoque une crise humanitaire et internationale. Cette guerre inaugure une période de grande instabilité dans le Caucase et marque durablement les relations russo-tchétchènes.

1930 – Saisie du film L’Âge d’or de Buñuel
Le 11 décembre 1930, le préfet de police Jean Chiappe ordonne la saisie d’une copie du film surréaliste L’Âge d’or de Luis Buñuel. Jugé scandaleux par les milieux conservateurs, le film est accusé d’atteinte à la morale et à la religion. Sa censure devient un symbole de l’opposition entre avant-garde artistique et autorités françaises dans l’entre-deux-guerres.

1924 – Création des Ateliers de la Motobécane
Le 11 décembre 1924, les Ateliers de la Motobécane sont fondés à Pantin. L’entreprise se spécialise dans la fabrication de motos, vélos et cyclomoteurs, devenant plus tard un acteur majeur du deux-roues en France. Motobécane marquera durablement l’histoire industrielle et populaire du pays, notamment avec les célèbres Mobylette, symbole de mobilité accessible.

1893 – Présentation des « lois scélérates »
Le 11 décembre 1893, deux jours après l’attentat anarchiste d’Auguste Vaillant à la Chambre, le gouvernement soumet des lois répressives dites « scélérates ». Elles visent à restreindre les activités anarchistes, mais limitent aussi fortement les libertés individuelles et la presse. Leur adoption ouvre un débat intense sur la sécurité, la liberté d’expression et l’État de droit.

1688 – Fuite de Jacques II d’Angleterre en France
Le 11 décembre 1688, le roi catholique Jacques II quitte l’Angleterre pour la France après l’invasion de Guillaume d’Orange. Cet acte marque l’effondrement de son pouvoir et consacre la « Glorieuse Révolution », qui établit une monarchie constitutionnelle protestante. Son départ scelle un tournant durable dans l’histoire politique et religieuse du royaume.

Les naissances et décès notables

1938 – Naissance de Enrico Macias (Gaston Ghrenassia), chanteur français
1931 – Naissance de Rita Moreno, actrice, danseuse et chanteuse portoricaine
1930 – Naissance de Jean-Louis Trintignant, acteur et réalisateur français
1913 – Naissance de Jean Marais (Jean Alfred Villain-Marais), acteur, écrivain, peintre et sculpteur français
1864 – Naissance de Maurice Leblanc, écrivain français

2017 – Décès de Charles Robert Jenkins, déserteur américain réfugié en Corée du nord
2008 – Décès de Bettie Page, mannequin américain célèbre pour ses photos de pin-up
1997 – Décès d’Eddie Chapman, gangster britannique et agent double pendant la guerre
1971 – Décès de Maurice McDonald, pionnier américain de la restauration rapide
1817 – Décès de Marie Walewska, maîtresse de Napoléon Ier



Un peu de bonne humeur

Je m’emmerde…

 

Croyant ou schizo – Pierre Desproges

« Si vous parlez à Dieu, vous êtes croyant… s’il vous répond, vous êtes schizophrène. »

 

La mort de Charles VIII

Charles VIII, roi de France, se hâte au château d’Amboise, impatient de rejoindre son épouse Anne de Bretagne pour une ardente partie de jeu de paume. De petite stature - 1m50 dit-on -, il emprunte la galerie Hacquelebac, un passage étroit, assez sordide, qui peut même être parcouru à cheval grâce aux aménagements cavaliers du château ; dans la pénombre de cette porte basse, il heurte violemment de la tête le linteau de pierre, chancelle mais, déterminé, rejoint la partie. En pleine partie, il titube soudainement, fait quelques pas hésitant et s’effondre sur le court avant de plonger dans une agonie de neuf heures qui l’emporte, victime d’une hémorragie cérébrale ou d’un œdème fatal.

Cette fin absurde et évitable - un simple linteau trop bas - contraste avec son règne ambitieux, marqué par l’expédition en Italie, et inspire les moqueries historiques qui qualifient sa mort de plus débile d’un roi de France. À 27 ans, il cède le trône à son cousin Louis XII.

Un peu de français

« Tailler une bavette » ?

Cette expression signifie qu'on discute ou qu'on bavarde de manière conviviale et familière. Elle évoque une conversation légère et prolongée entre amis ou connaissances.

« Bavette » dérive de « bave », un terme lié au babil enfantin imité par l'onomatopée baba, qui désigne ensuite des paroles futiles. Au XVIIème siècle, on « taille une bavette » pour décrire des femmes qui causent abondamment ensemble, et « tailler » suggère façonner ou découper ces mots comme on le fait avec la parole éloquente. Des théories évoquent aussi le col plissé des avocats, appelé bavette pour son aspect baveux et associé aux discours verbeux, ou encore la bavette de viande qu'on découpe en tranches fines lors de repas prolongés favorisant les échanges animés. Cependant, l'origine la plus étayée reste celle du babil, avec l'idée de « tailler » la parole remontant au XIIIème siècle dans l'expression « tailler bien la parole » pour parler avec éloquence.

 

« Bistrot » ?

Le mot bistrot intrigue par son origine modeste et profondément populaire, bien ancrée dans le terroir français où les mots naissent au coin du feu ou du comptoir. Les linguistes le rattachent aujourd’hui au poitevin « bistraud », ce petit serviteur zélé des marchands de vin qui trime dans l’ombre des tonneaux, sert les verres et finit par donner son nom au cabaret lui-même – un lieu convivial où l’on trinque sans chichis, entre amis d’enfance ou inconnus du quartier. À côté, « bistouille » ou « bistrouille » évoque ce mélange rustique et corsé d’alcool frelaté et de café brûlant, typique des débits de boisson du peuple où l’on noie les soucis dans une gorgée âpre ; ces termes familiers colorent le mot d’une saveur authentique, presque odorante de zinc tiède, de tabac froid et de camaraderie oubliée.

La légende russe, si romantique et pleine de panache, fait sourire les savants qui la dissèquent : imaginez des cosaques hirsutes, débarqués à Paris en 1814 après la débâcle napoléonienne, criant « bystro ! » - « vite ! » - aux tenanciers dépassés pour hâter le service d’un verre ou d’une soupe. Et hop, naît le bistrot, symbole d’urgence joyeuse ! Mais l’histoire patine sérieusement, car le terme n’apparaît dans les dictionnaires qu’en 1880, plus de soixante ans après ces supposés cris slaves, trop tard pour coller aux faits historiques. Ainsi, le bistrot reste ce coin de France authentique et éternel, loin des invasions exotiques, un mot né dans la vapeur des verres embués, les rires gras des habitués et l’odeur tenace du quotidien parisien.

Savais-tu que...

Le boycott vient d’Irlande

Le boycott est aujourd'hui une forme de protestation courante, mais ses origines remontent à un conflit agraire dans l'Irlande du XIXème siècle. Cette tactique non-violente tire son nom d'un intendant britannique impopulaire.

Charles Cunningham Boycott (1832-1897) est un ancien capitaine de l'armée britannique devenu intendant pour le comte d'Erne en Irlande. Il gère les terres du comte dans le comté de Mayo, se montrant particulièrement dur envers les fermiers locaux. Boycott est connu pour sa rudesse et son intransigeance, ce qui le rend très impopulaire auprès de la population irlandaise.

En 1880, suite au refus de Boycott de baisser les loyers malgré une mauvaise récolte, une action d'ostracisme est menée contre lui : les fermiers et ouvriers agricoles refusent de travailler pour lui ; la population locale cesse toute relation personnelle, économique et professionnelle avec Boycott et sa famille ; les commerces locaux refusent de le servir ; Boycott se retrouve isolé, incapable de récolter ses cultures.

Cette campagne d'ostracisme va jusqu'à sacrifier une récolte, les ouvriers refusant de la moissonner. L'isolement social et économique entraîne la ruine de Boycott, qui doit quitter l'Irlande en décembre 1880. Cette action devient célèbre et donne naissance au terme "boycott", désormais utilisé pour décrire ce type de protestation non-violente.