Bonne fête aux Jacqueline
Les nouveautés du jour
Les évènements notables
1950 – Création de la police secrète Stasi en Allemagne de l’Est
Le 8 février 1950, la RDA fonde le Ministerium für Staatssicherheit (Stasi). Cette police politique, chargée de la surveillance intérieure, développe un réseau tentaculaire d’informateurs et de moyens d’espionnage. Elle devient l’un des services de renseignement les plus redoutés du bloc de l’Est, contrôlant la société est-allemande par la peur, la délation et la répression systématique jusqu’à la chute du régime en 1989.
1836 – Davy Crockett arrive à Fort Alamo
Le 8 février 1836, le célèbre trappeur et homme politique américain Davy Crockett rejoint les défenseurs texans assiégés par l’armée mexicaine à Fort Alamo. Sa présence galvanise le moral des insurgés, mais la garnison sera anéantie début mars. L’épisode deviendra un mythe fondateur du Texas, symbolisé par le cri « Remember the Alamo ! ».
1807 – Victoire française à la bataille d’Eylau
Le 8 février 1807, l’armée de Napoléon affronte les troupes russo-prussiennes dans une bataille d’une violence extrême en Prusse-Orientale. Malgré des pertes terribles des deux côtés, les Français conservent le terrain à l’issue des combats. Eylau révèle cependant les limites de la guerre napoléonienne et annonce des campagnes plus difficiles pour l’Empire.
1794 – Troisième bataille de Cholet
Le 8 février 1794, durant la guerre de Vendée, les troupes républicaines affrontent les armées royalistes près de Cholet. Les forces vendéennes sont sévèrement battues, ce qui affaiblit durablement leur capacité militaire. Cette défaite précipite la poursuite de la répression républicaine et l’enchaînement des événements tragiques de la « Virée de Galerne ».
1587 – Exécution de Marie Stuart d’Écosse
Le 8 février 1587, Marie Stuart est décapitée au château de Fotheringhay sur ordre d’Élisabeth Iʳᵉ d’Angleterre. Accusée de complots catholiques contre la couronne, son exécution choque l’Europe monarchique. L’événement exacerbe les tensions religieuses et contribuera, à terme, à l’affrontement entre l’Angleterre et l’Espagne.
1582 – Double assassinat à l’hôtel du Figuier (Angers)
Le 8 février 1582, deux gentilshommes sont retrouvés morts à l’hôtel du Figuier à Angers dans des circonstances mystérieuses. L’affaire, mêlant rivalités nobiliaires et rumeurs de vengeance, provoque une vive émotion locale. Elle illustre la violence feutrée mais réelle qui traverse la société française à la fin des guerres de Religion.
1427 – Arrestation de Pierre de Giac
Le 8 février 1427, Pierre de Giac, ancien favori du roi Charles VII, est arrêté sur ordre royal. Accusé de malversations et d’abus d’influence, il incarne les excès de l’entourage du souverain durant les années difficiles de la guerre de Cent Ans. Sa chute marque la volonté du roi de reprendre en main son gouvernement.
1357 – Miracle de Notre-Dame des Miracles à Rennes
Le 8 février 1357, selon la tradition, la ville de Rennes aurait été sauvée d’un siège grâce à l’intervention miraculeuse de la statue de Notre-Dame des Miracles et des Vertus. Les assaillants auraient fui face à une apparition lumineuse. L’événement renforce durablement le culte marial local et fait de cette statue un symbole identitaire de la ville.
Les naissances et décès notables
1972 – Naissance de Guillaume Gallienne, acteur, scénariste, réalisateur français, sociétaire de la Comédie-Française
1965 – Naissance de Mathilda May (Karin Haïm), actrice française
1931 – Naissance de James Dean, acteur américain
1929 – Naissance de Christian Marin, acteur français
1929 – Naissance de Claude Rich, acteur français
1828 – Naissance de Jules Verne, écrivain français
2020 – Décès de Robert Conrad, acteur américain
1936 – Décès de Charles Curtis, avocat et homme politique américain, 1er et seul Amérindien sénateur
1725 – Décès de Pierre Ier dit Pierre le Grand (Пётр Алексеевич Романов), tsar de Russie
1587 – Décès de Marie Ire Stuart, reine d’Écosse
Les questions quizzz
💡 A propos de Davy Crockett
👉 Qui joue Davy Crockett dans le film Alamo de 1960 ?
👉 Quelle célèbre belge chante 🎶 Y’avait un homme qui s’appelait Davy… 🎶
👉 Combien d’épisodes fait la série Walt Disney sortie aux Etats-Unis en… bah oui, tiens, en quelle année ?
Un peu de bonne humeur
La stat du jour
📊🤔 95% des femmes n'aiment pas les amies de leur mari, mais... 95% des hommes aiment les amies de leur femme.
😏☝️ On peut donc dire que les hommes sont presque parfaits.
Les motos anglaises
🤔 Comment tu reconnais une moto anglaise ?
😀 Bah, le guidon est à droite, évidemment.
Séchoir topissime
Les clients, attirés par la promesse d’un appareil high-tech commandent le « séchoir à linge solaire » révolutionnaire annoncé dans des magazines nationaux américains à 49,95 dollars. Ils reçoivent simplement une corde à linge ordinaire dans un emballage. Quand ils se plaignent, l’escroc californien Steve Comisar s’étonne : la corde sèche le linge grâce au soleil, l’énergie solaire la plus naturelle et efficace qui soit.
Savais-tu ?
« Je te dis Merde »
En France, marcher dans une crotte du pied gauche est censé porter bonheur. Cette croyance mélange plusieurs superstitions populaires.
La « merde » évoque d’abord le théâtre. Autrefois, les spectateurs arrivent en calèche et les chevaux salissent les rues devant les salles. Plus il y a de crottin, plus le spectacle attire de monde. Peu à peu, le mot « merde » devient donc une manière détournée de souhaiter le succès.
Le pied gauche ajoute une dimension symbolique. Depuis longtemps, la gauche est associée au mauvais sort et au mystérieux. Marcher dans une crotte avec ce pied revient alors, selon la superstition, à humilier le Mal et à conjurer le mauvais œil.
Astuce
Un porte-manteaux original avec des bouchons de Champagne
Amateurs de Champagne, vous collectionnez peut-être déjà les bouchons et les plaques de muselet, ces petites capsules métalliques qui maintiennent le bouchon sur la bouteille. Mais lorsque les bouchons commencent à s’accumuler, pourquoi ne pas leur offrir une seconde vie décorative ?
Avec une simple planche de bois rustique, quelques bouchons de Champagne, de la colle forte et, idéalement, de longues vis, vous pouvez fabriquer un porte-manteaux aussi pratique qu’original.
Le principe est très simple : alignez les bouchons sur la planche, en les espaçant selon l’usage souhaité. Collez-les solidement, puis renforcez la fixation en faisant passer une grande vis à travers chaque bouchon, directement dans le bois. Ils pourront ainsi supporter sans difficulté manteaux, sacs, parapluies ou même quelques accessoires dans l’entrée.
Fixez ensuite votre création au mur telle quelle pour conserver son charme brut et authentique. Vous pouvez aussi peindre la planche dans la couleur de votre choix, la patiner ou la vernir afin de l’accorder à votre décoration.
Un bricolage facile, économique et plein de personnalité qui, en passant devant, entretiendra le souvenir de quelques fêtes mémorables.
Un instant en ce bas monde

Ce suppôt de Satan est encore là. Toujours. Infatigable. Il me traque, m’épuise, me vole des heures de sommeil comme un bourreau méticuleux. Sa spécialité : la torture lente, insidieuse, celle qui ronge les nerfs.
Mais un jour, je le jure, je l’écraserai. Pas comme un ennemi digne - non, comme une vermine.
Pour l’instant, il se cache. Invisible. Insaisissable. Il se dérobe à chaque fois que je crois l’avoir coincé. Il disparaît… puis revient. Encore. Toujours. Murmurant à mon oreille son bourdonnement insolent, son défi dérisoire.
Là. Cette fois, je te tiens !
PLAF
VICTOIRE !
Son sang éclabousse le mur - vision réjouissante. Enfin, le silence. Enfin, la paix.
Morphée… j’arrive… prends-moi dans tes bras...
…PUTAIN !
En voilà un autre ! C'est sûr, il vient réclamer vengeance !
Espace lecture
Le corbeau – Edgar Allan Poe
Traduction par Charles Baudelaire (1871)
Une fois, sur le minuit lugubre, pendant que je méditais, faible et fatigué, sur maint précieux et curieux volume d’une doctrine oubliée, pendant que je donnais de la tête, presque assoupi, soudain il se fit un tapotement, comme de quelqu’un frappant doucement, frappant à la porte de ma chambre. « C’est quelque visiteur, — murmurai-je, — qui frappe à la porte de ma chambre ; ce n’est que cela, et rien de plus. »
Ah ! distinctement je me souviens que c’était dans le glacial décembre, et chaque tison brodait à son tour le plancher du reflet de son agonie. Ardemment je désirais le matin ; en vain m’étais-je efforcé de tirer de mes livres un sursis à ma tristesse, ma tristesse pour ma Lénore perdue, pour la précieuse et rayonnante fille que les anges nomment Lénore, — et qu’ici on ne nommera jamais plus.
Et le soyeux, triste et vague bruissement des rideaux pourprés me pénétrait, me remplissait de terreurs fantastiques, inconnues pour moi jusqu’à ce jour ; si bien qu’enfin, pour apaiser le battement de mon cœur, je me dressai, répétant : « C’est quelque visiteur qui sollicite l’entrée à la porte de ma chambre, quelque visiteur attardé sollicitant l’entrée à la porte de ma chambre ; — c’est cela même, et rien de plus. »
Mon âme en ce moment se sentit plus forte. N’hésitant donc pas plus longtemps : « Monsieur, — dis-je, — ou madame, en vérité j’implore votre pardon ; mais le fait est que je sommeillais, et vous êtes venu frapper si doucement, si faiblement vous êtes venu taper à la porte de ma chambre, qu’à peine étais-je certain de vous avoir entendu. » Et alors j’ouvris la porte toute grande ; — les ténèbres, et rien de plus !
Scrutant profondément ces ténèbres, je me tins longtemps plein d’étonnement, de crainte, de doute, rêvant des rêves qu’aucun mortel n’a jamais osé rêver ; mais le silence ne fut pas troublé, et l’immobilité ne donna aucun signe, et le seul mot proféré fut un nom chuchoté : « Lénore ! » — C’était moi qui le chuchotais, et un écho à son tour murmura ce mot : « Lénore ! » — Purement cela, et rien de plus.
Rentrant dans ma chambre, et sentant en moi toute mon âme incendiée, j’entendis bientôt un coup un peu plus fort que le premier. « Sûrement, — dis-je, — sûrement, il y a quelque chose aux jalousies de ma fenêtre ; voyons donc ce que c’est, et explorons ce mystère. Laissons mon cœur se calmer un instant, et explorons ce mystère ; — c’est le vent, et rien de plus. »
Je poussai alors le volet, et, avec un tumultueux battement d’ailes, entra un majestueux corbeau digne des anciens jours. Il ne fit pas la moindre révérence, il ne s’arrêta pas, il n’hésita pas une minute ; mais, avec la mine d’un lord ou d’une lady, il se percha au-dessus de la porte de ma chambre ; il se percha sur un buste de Pallas juste au-dessus de la porte de ma chambre ; — il se percha, s’installa, et rien de plus.
Alors cet oiseau d’ébène, par la gravité de son maintien et la sévérité de sa physionomie, induisant ma triste imagination à sourire : « Bien que ta tête, — lui dis-je, — soit sans huppe et sans cimier, tu n’es certes pas un poltron, lugubre et ancien corbeau, voyageur parti des rivages de la nuit. Dis-moi quel est ton nom seigneurial aux rivages de la Nuit plutonienne ! » Le corbeau dit : « Jamais plus ! »
Je fus émerveillé que ce disgracieux volatile entendît si facilement la parole, bien que sa réponse n’eût pas un bien grand sens et ne me fût pas d’un grand secours ; car nous devons convenir que jamais il ne fut donné à un homme vivant de voir un oiseau au-dessus de la porte de sa chambre, un oiseau ou une bête sur un buste sculpté au-dessus de la porte de sa chambre, se nommant d’un nom tel que Jamais plus !
Mais le corbeau, perché solitairement sur le buste placide, ne proféra que ce mot unique, comme si dans ce mot unique il répandait toute son âme. Il ne prononça rien de plus ; il ne remua pas une plume, — jusqu’à ce que je me prisse à murmurer faiblement : « D’autres amis se sont déjà envolés loin de moi ; vers le matin, lui aussi, il me quittera comme mes anciennes espérances déjà envolées. » L’oiseau dit alors : « Jamais plus ! »
Tressaillant au bruit de cette réponse jetée avec tant d’à-propos : « Sans doute, — dis-je, — ce qu’il prononce est tout son bagage de savoir, qu’il a pris chez quelque maître infortuné que le Malheur impitoyable a poursuivi ardemment, sans répit, jusqu’à ce que ses chansons n’eussent plus qu’un seul refrain, jusqu’à ce que le De profundis de son Espérance eût pris ce mélancolique refrain : Jamais, jamais plus !
Mais, le corbeau induisant encore toute ma triste âme à sourire, je roulai tout de suite un siège à coussins en face de l’oiseau et du buste et de la porte ; alors, m’enfonçant dans le velours, je m’appliquai à enchaîner les idées aux idées, cherchant ce que cet augural oiseau des anciens jours, ce que ce triste, disgracieux, sinistre, maigre et augural oiseau des anciens jours voulait faire entendre en croassant son Jamais plus !
Je me tenais ainsi, rêvant, conjecturant, mais n’adressant plus une syllabe à l’oiseau, dont les yeux ardents me brûlaient maintenant jusqu’au fond du cœur ; je cherchais à deviner cela, et plus encore, ma tête reposant à l’aise sur le velours du coussin que caressait la lumière de la lampe, ce velours violet caressé par la lumière de la lampe que sa tête, à Elle, ne pressera plus, — ah ! jamais plus !
Alors il me sembla que l’air s’épaississait, parfumé par un encensoir invisible que balançaient des séraphins dont les pas frôlaient le tapis de la chambre. « Infortuné ! — m’écriai-je, — ton Dieu t’a donné par ses anges, il t’a envoyé du répit, du répit et du népenthès dans tes ressouvenirs de Lénore ! Bois, oh ! bois ce bon népenthès, et oublie cette Lénore perdue ! » Le corbeau dit : « Jamais plus ! »
« Prophète ! — dis-je, — être de malheur ! oiseau ou démon, mais toujours prophète ! que tu sois un envoyé du Tentateur, ou que la tempête t’ait simplement échoué, naufragé, mais encore intrépide, sur cette terre déserte, ensorcelée, dans ce logis par l’Horreur hanté, — dis-moi sincèrement, je t’en supplie, existe-t-il, existe-t-il ici un baume de Judée ? Dis, dis, je t’en supplie ! » Le corbeau dit : « Jamais plus ! »
« Prophète ! — dis-je, — être de malheur ! oiseau ou démon ! toujours prophète ! par ce Ciel tendu sur nos têtes, par ce Dieu que tous deux nous adorons, dis à cette âme chargée de douleur si, dans le Paradis lointain, elle pourra embrasser une fille sainte que les anges nomment Lénore, embrasser une précieuse et rayonnante fille que les anges nomment Lénore. » Le corbeau dit : « Jamais plus ! »
« Que cette parole soit le signal de notre séparation, oiseau ou démon ! — hurlai-je en me redressant. — Rentre dans la tempête, retourne au rivage de la Nuit plutonienne ; ne laisse pas ici une seule plume noire comme souvenir du mensonge que ton âme a proféré ; laisse ma solitude inviolée ; quitte ce buste au-dessus de ma porte ; arrache ton bec de mon cœur et précipite ton spectre loin de ma porte ! » Le corbeau dit : « Jamais plus ! »
Et le corbeau, immuable, est toujours installé, toujours installé sur le buste pâle de Pallas, juste au-dessus de la porte de ma chambre ; et ses yeux ont toute la semblance des yeux d’un démon qui rêve ; et la lumière de la lampe, en ruisselant sur lui, projette son ombre sur le plancher ; et mon âme, hors du cercle de cette ombre qui gît flottante sur le plancher, ne pourra plus s’élever, — jamais plus !
Dans Le Corbeau (The raven), l’un des poèmes narratifs les plus célèbres d'Edgar Allan Poe, l'auteur met en scène un homme plongé dans le chagrin après la mort de sa bien-aimée, Lénore. Une nuit, alors qu’il lit seul dans sa chambre, un mystérieux corbeau entre par la fenêtre et se pose au-dessus de la porte.
Le narrateur l’interroge, mais l’oiseau ne répond que par ces deux mots : « Jamais plus ». Cette formule obsédante ravive sa douleur et transforme peu à peu la scène en cauchemar.
À travers une atmosphère sombre et fantastique, Poe évoque le deuil, la mémoire et la folie. Le corbeau devient le symbole d’une souffrance dont l’homme ne parvient pas à se libérer : son âme, prisonnière de l’ombre du corbeau, ne s’élèvera « jamais plus ».
