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LE DÉBUT DE LA FIN DES BARBARESQUES 📆 17 juin 1815

Le 17 juin 1815, les États-Unis frappent un coup dĂ©cisif contre les barbaresques. L’escadre commandĂ©e par Stephen Decatur rencontre la flotte algĂ©rienne prĂšs du cap Gata et s’empare du Mashouda, le navire amiral du dey d’Alger ; le cĂ©lĂšbre RaĂŻs Hamidou y perd la vie. Cette action marque l’ouverture de la seconde guerre barbaresque et montre que la jeune marine amĂ©ricaine entend dĂ©sormais protĂ©ger ses navires, ses marins et son commerce en MĂ©diterranĂ©e.

Les Barbaresques d’Alger dĂ©signent les corsaires et pirates actifs depuis la rĂ©gence d’Alger, ainsi que d’autres ports d’Afrique du Nord, entre la Renaissance et le dĂ©but du XIXe siĂšcle. Ils capturent des navires marchands, rançonnent les Ă©quipages et mĂšnent des razzias sur les cĂŽtes mĂ©diterranĂ©ennes. Leur puissance repose sur une Ă©conomie de la course, du butin et de la captivitĂ©, qui nourrit Ă  la fois le commerce, le pouvoir local et la peur des EuropĂ©ens.

La rĂ©gence d’Alger occupe une place centrale dans ce systĂšme. Elle fonctionne comme une entitĂ© semi-autonome liĂ©e Ă  l’Empire ottoman, mais elle agit avec une grande libertĂ©. À Alger, les corsaires forment un instrument de puissance politique et maritime. Les Ă©quipages mĂȘlent MaghrĂ©bins, Ottomans, renĂ©gats europĂ©ens et marins de diverses origines, ce qui donne Ă  la course barbaresque un caractĂšre cosmopolite et guerrier.

Les Barbaresques jouent un rĂŽle important dans l’esclavage en Afrique du Nord. Ils rĂ©duisent en captivitĂ© des EuropĂ©ens pris sur mer ou lors d’attaques cĂŽtiĂšres, puis les vendent, les emploient ou les Ă©changent contre rançon. Cette traite ne rĂ©sume pas tout l’esclavage nord-africain, car il existe aussi des formes d’esclavage interne et des traites sahariennes. Mais les corsaires d’Alger, Tunis et Tripoli constituent un acteur majeur de cette Ă©conomie de captifs.

La seconde guerre barbaresque commence le 17 juin 1815, au moment oĂč l’escadre amĂ©ricaine de Stephen Decatur rencontre la flotte algĂ©rienne prĂšs du cap Gata. Les États-Unis veulent protĂ©ger leur commerce maritime, faire cesser les tributs imposĂ©s par Alger et libĂ©rer leurs marins capturĂ©s. Cette guerre Ă©claire marque un tournant, car elle montre que les puissances atlantiques n’acceptent plus la domination corsaire en MĂ©diterranĂ©e.

Pour la France, la fin des Barbaresques ne vient pas d’un seul traitĂ©, mais d’un long processus. DĂšs le XVIIe siĂšcle, elle nĂ©gocie, affronte et tente d’encadrer la course barbaresque sans l’abolir complĂštement. Au dĂ©but du XIXe siĂšcle, les pressions europĂ©ennes s’intensifient, mais Alger continue encore d’agir. La rupture dĂ©cisive survient en 1830, lorsque la France prend Alger et met fin Ă  la rĂ©gence comme puissance corsaire.

Ainsi, les Barbaresques ne disparaissent pas d’un seul coup : ils reculent sous l’effet combinĂ© des blocus, des bombardements, des traitĂ©s et des changements stratĂ©giques en MĂ©diterranĂ©e. La prise d’Alger en 1830 ferme le dernier grand chapitre de cette histoire. Elle marque le dĂ©but de la fin d’un monde corsaire qui a longtemps dominĂ© les rivages sud de la MĂ©diterranĂ©e.



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