Je soutiens le projet

MK-ULTRA : LE PROGRAMME SECRET DE LA CIA POUR CONTRÔLER LES ESPRITS 📆 3 août 1977

Le 3 aoĂ»t 1977, le SĂ©nat amĂ©ricain ouvre des auditions publiques sur le programme secret MK-Ultra, menĂ© par la CIA de 1953 Ă  1973. Ce projet visait Ă  dĂ©velopper des techniques de contrĂ´le mental par l’utilisation de drogues, dont le LSD, administrĂ©es Ă  des sujets souvent Ă  leur insu, civils comme militaires. Les rĂ©vĂ©lations suscitent un scandale considĂ©rable et conduisent Ă  un renforcement du contrĂ´le parlementaire sur les agences de renseignement amĂ©ricaines.

Au début des années 1950, les États-Unis sont convaincus que l’URSS et la Chine maîtrisent des techniques de « lavage de cerveau » pour retourner des prisonniers ou des espions. La CIA, toute jeune agence de renseignement américaine, lance donc son propre programme de recherche sur le contrôle mental. Objectif officiel : se protéger. Objectif réel, bien plus ambitieux : comprendre comment briser un esprit, puis le reconstruire selon ses besoins. C’est dans ce contexte que naît, en 1953, le projet MK Ultra (MK pour une division interne de la CIA, « Ultra » choisi au hasard dans un dictionnaire).

Des expériences humaines à grande échelle

MK Ultra n’est pas un simple laboratoire : c’est un réseau de plus de 150 sous-projets, dispersés dans des universités, des hôpitaux, des prisons et des cliniques, principalement aux États-Unis et au Canada.

Les cobayes ? Souvent des personnes vulnérables : patients psychiatriques, détenus, toxicomanes, marginaux… et, dans de nombreux cas, des gens qui ne savent pas qu’ils servent de sujets d’expérience.

Les méthodes testées relèvent autant de la psychiatrie que de la torture :

  • Drogues psychoactives : LSD Ă  fortes doses, mais aussi psilocybine, mescaline, amphĂ©tamines, barbituriques, voire hĂ©roĂŻne ou cocaĂŻne.
  • Hypnose et suggestions rĂ©pĂ©tĂ©es pour tenter d’implanter des « programmes » dans l’esprit.
  • Privation sensorielle, isolement prolongĂ©, privation de sommeil.
  • Électrochocs Ă  haute dose, comas artificiels, exposition Ă  des messages rĂ©pĂ©tĂ©s.

L’idée ultime, selon certains documents, est de ramener le cerveau à un état proche de celui d’un nourrisson, pour ensuite le « reprogrammer » avec de nouvelles croyances, de nouvelles loyautés, voire en faire un agent ou un assassin « activable » à distance.

Dégâts humains, destruction des preuves

Toutes ces expériences ne sont pas que théoriques : elles laissent des traces durables. Overdoses, suicides, dommages cérébraux, troubles psychiatriques graves… Des vies entières se brisent au nom de la « sécurité nationale ».

Le programme s’arrête officiellement en 1964, mais certaines activités se poursuivent jusqu’en 1973. Cette année-là, le directeur de la CIA ordonne la destruction de la plupart des archives liées à MK Ultra.

Pendant plusieurs années, le public ignore tout de l’existence de ce projet.

Quand le secret devient scandale

Ce n’est qu’au milieu des années 1970, grâce à des enquêtes journalistiques et aux travaux de commissions d’enquête du Congrès américain (notamment la commission Church), que l’existence de MK Ultra devient publique, entre 1975 et 1977.

La CIA est contrainte de publier des documents qui confirment l’ampleur du programme, mais beaucoup d’archives ayant été détruites, on ne connaît jamais toute la vérité sur ce qui s’est réellement passé.

Pour les victimes et leurs familles, ces révélations arrivent trop tard : peu de compensations, peu de reconnaissances officielles, et une méfiance accrue envers les agences de renseignement.