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22 MARS

Bonne fête aux Léa

Aujourd’hui à la une

Les évènements notables

1895 – Première projection collective gratuite de films sur grand écran

Le 22 mars 1895, Louis Lumière organise à Paris, devant la Société d’encouragement pour l’industrie nationale, la toute première projection collective de films animés sur grand écran. Le film présenté est La Sortie de l’usine Lumière à Lyon, tourné trois jours plus tôt. Cette séance gratuite et savante précède la célèbre projection publique payante du 28 décembre 1895 au Grand Café, considérée comme la naissance officielle du cinéma.

1848 – Proclamation de la République de Saint-Marc à Venise

Le 22 mars 1848, l’avocat Daniele Manin proclame la République de Saint-Marc à Venise, chassant la garnison autrichienne après un soulèvement populaire. Dans le souffle des révolutions européennes de 1848, cette renaissance éphémère de la Sérénissime incarne les aspirations à l’indépendance italienne. La République résiste héroïquement jusqu’en août 1849 avant de capituler face au blocus et aux bombardements autrichiens.

1841 – Loi réglementant le travail des enfants

Le 22 mars 1841, la France adopte sa première loi sociale protégeant les enfants au travail. Elle interdit l’emploi des moins de 8 ans dans les manufactures, limite à 8 heures la journée de travail des 8-12 ans et à 12 heures celle des 12-16 ans, et interdit le travail de nuit pour les mineurs. Bien qu’insuffisamment appliquée faute d’inspecteurs, elle constitue un jalon fondateur du droit social français.

1765 – Promulgation du Stamp Act dans les colonies américaines

Le 22 mars 1765, le parlement britannique promulgue le Stamp Act, imposant une taxe directe sur tous les documents officiels, journaux et pamphlets des Treize Colonies. Perçue comme une atteinte au principe « no taxation without representation », cette loi suscite une résistance véhémente des colons. Abrogée en 1766 sous la pression, elle laisse des tensions durables qui alimenteront la marche vers l’indépendance.

1622 – Massacre des colons de Virginie par les Powhatans

Le 22 mars 1622, les Indiens Powhatans lancent une attaque coordonnée contre les établissements anglais de la colonie de Virginie, tuant environ 350 colons, soit près du tiers de la population européenne. Orchestré par le chef Opechancanough, ce massacre répond à l’expansion territoriale croissante des Anglais sur les terres tribales. Il déclenche une guerre brutale et marque durablement les relations entre colons et autochtones.

1594 – Entrée de Henri IV à Paris

Le 22 mars 1594, Henri IV entre solennellement dans Paris, capitale du royaume dont il était roi depuis 1589 mais qu’il n’avait pu soumettre. Converti au catholicisme en juillet 1593 — « Paris vaut bien une messe » lui attribue-t-on — il est accueilli par une population lasse des guerres de Religion. La garnison espagnole qui occupait la ville obtient de quitter Paris sans combat, marquant la fin de la Ligue catholique.

238 – Gordien Ier devient empereur romain

Le 22 mars 238, Gordien Ier, proconsul d’Afrique âgé de 79 ans, est proclamé co-empereur avec son fils Gordien II à Carthage, lors d’une révolte contre l’empereur Maximin le Thrace. Son règne ne dure que 22 jours : son fils est tué au combat en Afrique, et Gordien Ier se suicide de désespoir. Cet épisode s’inscrit dans l’année des six empereurs, symbole du chaos politique romain au IIIe siècle.

Les naissances et décès notables

1999 – Naissance de Mick Schumacher, pilote automobile allemand, fils de Michael Schumacher
1949 – Naissance de Fanny Ardant, actrice française
1931 – Naissance de William Shatner, acteur canadien

2006 – Décès de Pío Leiva, chanteur cubain du Buena Vista Social Club
1687 – Décès de Jean-Baptiste Lully, musicien français d’origine italienne



Un peu de bonne humeur

Robinson niçois

Un bateau est pris dans une violente tempête et coule. Seul rescapé, un marin niçois, accroché à une planche, échoue sur une île déserte. Heureusement il y a de l’eau douce, des fruits à profusion, et la mer est remplie de poissons, ce qui lui permet de survivre.

Le temps passe et au bout de plusieurs mois, un point grossit à l’horizon. Un radeau apparaît. Il s’échoue sur la plage et une superbe naufragée débarque en s’écriant :  » Oh bonne mère enfin une île ! »

Notre Robinson niçois n’en revient pas :
– Té ! Je rêve ! Une femme et en plus une niçoise ! Mademoiselle j’aimerais vous offrir un verre pour votre arrivée, mais je n’ai que de l’eau.
– C’est parfait, dit la fille, moi j’ai le pastis.

Elle sort de sa trousse de survie une bouteille de 51. Le niçois est ébahi. Il lui dit :
– Je m’excuse, je n’ai que des fruits pour l’accompagner.
– J’ai ce qu’il faut dit la fille en sortant des olives.

Le niçois est aux anges. Quand ils ont terminé leur apéritif, la fille lui demande:
– Ça fait longtemps que vous n’avez pas vu une femme ?
– Pardi ! Six mois.

Alors elle se rapproche de lui et lui dit d’une voix douce :
– Ça vous plairait de tirer ?

Et le niçois extasié s’écrie :
– Oh Bonne mère ! Ne me dites pas que vous avez aussi amené les boules !

 

Centre du monde – Anonyme

Je ne dis pas que je suis le centre du monde, mais à chaque fois que je lance Google Maps, je me retrouve en plein milieu.

 

Une claudication à la mode

A la fin du XIXème siècle au Royaume-Uni, la mode dans la haute société est à la claudication, quitte à retirer un talon.

La claudication d'Alexandra désigne la démarche boiteuse adoptée par les dames de la haute société victorienne, en imitation de celle de la princesse Alexandra de Danemark. Originaire du Danemark, elle épouse en 1863 le prince de Galles, futur Édouard VII, devenant une icône de mode par son élégance malgré une infirmité à la jambe droite causée par une grave maladie en 1867 qui la raidit. Son allure gracieuse transforme ce handicap en signe de distinction sociale.

Les femmes de l'époque victorienne copient consciemment cette boiterie en accentuant leur démarche, en s'appuyant sur une canne et en modifiant leurs chaussures pour créer un déséquilibre. Elles retirent le talon d'une chaussure ou portent des talons de hauteurs inégales afin d'imposer un boitement permanent et gracieux.

Les cordonniers londoniens commercialisent alors des souliers asymétriques sur mesure, avec des talons délibérément inégaux, répondant à la demande des fashionistas. Ce phénomène de mode devient une industrie lucrative sur Bond Street et Mayfair, où ces chaussures "à la princesse" mêlent sophistication et handicap simulé.

Un peu de français

« Tailler une bavette » ?

Cette expression signifie qu'on discute ou qu'on bavarde de manière conviviale et familière. Elle évoque une conversation légère et prolongée entre amis ou connaissances.

« Bavette » dérive de « bave », un terme lié au babil enfantin imité par l'onomatopée baba, qui désigne ensuite des paroles futiles. Au XVIIème siècle, on « taille une bavette » pour décrire des femmes qui causent abondamment ensemble, et « tailler » suggère façonner ou découper ces mots comme on le fait avec la parole éloquente. Des théories évoquent aussi le col plissé des avocats, appelé bavette pour son aspect baveux et associé aux discours verbeux, ou encore la bavette de viande qu'on découpe en tranches fines lors de repas prolongés favorisant les échanges animés. Cependant, l'origine la plus étayée reste celle du babil, avec l'idée de « tailler » la parole remontant au XIIIème siècle dans l'expression « tailler bien la parole » pour parler avec éloquence.

 

« Garrulité » ?

La garrulité, cette envie irrésistible de parler sans s'arrêter, ce bavardage incessant qui envahit les conversations comme un torrent joyeux mais parfois agaçant. La garrulité touche ceux qui ne peuvent s'empêcher de gazouiller des mots, un peu comme des oiseaux en pleine saison des amours, remplissant l'air de leur loquacité débordante.

D'origine latine, avec garrulus signifiant « bavard » et garrire pour « babiller », ce mot entre en français au XVème siècle et évoque d'abord le chant des geais. Brillat-Savarin, dans sa Physiologie du goût, s'excuse avec humour : « quand je conte, je tombe un peu dans la garrulité », humanisant ce défaut en une faiblesse charmante du narrateur passionné.

Savais-tu que...

Le fleuve Mississippi

Le fleuve Mississippi prend sa source dans le lac Itasca, au Minnesota, et traverse la partie centrale des États‑Unis jusqu’à se jeter dans le golfe du Mexique. Il parcourt environ 3 760 à 3 780 km, traversant ou longeant dix États américains, et arrose un vaste bassin versant qui couvre près d’un tiers du territoire des États‑Unis. Ce bassin accueille de nombreuses villes importantes, de grandes zones agricoles et des réseaux de transport fluvial et ferroviaire qui structurent l’économie du centre du pays.

Le nom « Mississippi » provient des langues amérindiennes, notamment de formes algonquiennes comme Misi‑ziibi, qui signifie « grande rivière » (Missisipioui en miami-illinois ; l'ancien nom Meschacebé en est probablement dérivé ; appelé Ne tongo par les Sioux). Les premiers explorateurs européens reprennent et transforment cette forme en Mississipi puis en Mississippi en anglais. Les peuples autochtones désignent aussi ce cours d’eau par des termes équivalents à « Père des eaux » ou « grand fleuve », ce qui reflète son importance dans leur vision du monde et de leur environnement.

Le fleuve Mississippi présente un relief varié : il commence dans une région de lacs et de forêts au nord, traverse de larges plaines agricoles au centre, puis forme un vaste delta marécageux avant de se jeter dans le golfe du Mexique. Ce delta constitue un écosystème riche mais fragile, régulièrement modifié par l’activité humaine, les digues et les canaux. La géographie du fleuve et de son nom s’inscrivent ainsi dans une histoire à la fois naturelle et culturelle, où les peuples amérindiens, les Espagnols, puis les Français et les Anglais ont marqué durablement le paysage et le vocabulaire.

Peuplement du Mississippi au XVI-XVIIème siècle >