Bonne fête aux Xavière
Les nouveautés du jour
Les évènements notables
1989 – Effondrement du régime communiste de Nicolae Ceaușescu
À la suite d’une insurrection populaire déclenchée à Timișoara et étendue à tout le pays, le régime autoritaire de Nicolae Ceaușescu s’effondre. Le dictateur fuit Bucarest avant d’être arrêté avec son épouse. Cet événement met fin à plus de quatre décennies de communisme en Roumanie et s’inscrit dans la vague des révolutions de 1989 en Europe de l’Est, marquant un tournant majeur de l’histoire contemporaine du pays.
1974 – Référendum d’indépendance des Comores
Un référendum d’autodétermination est organisé dans l’archipel des Comores. Le « oui » à l’indépendance l’emporte largement dans trois îles, tandis que Mayotte vote majoritairement contre. Ce résultat conduit à la proclamation de l’indépendance des Comores en 1975, mais ouvre un contentieux durable avec la France concernant le statut de Mayotte, restée française, aux conséquences politiques et diplomatiques encore sensibles.
1971 – Fondation de Médecins sans frontières
Des médecins et journalistes français, dont Bernard Kouchner, fondent Médecins sans frontières (MSF). L’organisation humanitaire se donne pour mission de porter secours aux populations en danger sans distinction et de témoigner publiquement des violations des droits humains. MSF innove par son indépendance et son devoir de parole, devenant l’une des ONG humanitaires les plus influentes au monde, récompensée par le prix Nobel de la paix en 1999.
1894 – Condamnation d’Alfred Dreyfus
Le capitaine Alfred Dreyfus est condamné à l’unanimité par un conseil de guerre pour trahison et intelligence avec une puissance étrangère. Jugement entaché d’erreurs et d’antisémitisme, cette condamnation marque le début de l’Affaire Dreyfus. Elle divise profondément la société française, mobilise intellectuels et politiques, et aboutira des années plus tard à la réhabilitation complète de Dreyfus.
1789 – Division de la France en départements
L’Assemblée nationale constituante adopte un décret divisant la France en départements. Cette réforme administrative vise à effacer les anciennes provinces de l’Ancien Régime et à instaurer une organisation territoriale rationnelle, égalitaire et centralisée. Les départements, conçus pour être administrés efficacement depuis Paris, constituent encore aujourd’hui l’un des fondements de l’organisation territoriale française issue de la Révolution.
1720 – Début du grand incendie de Rennes
Un incendie majeur se déclare dans le centre de Rennes et ravage la ville pendant près d’une semaine. Alimenté par des maisons à pans de bois et des conditions météorologiques défavorables, le feu détruit environ 40 % de la cité, laissant des milliers d’habitants sans abri. Cette catastrophe entraîne une vaste reconstruction urbaine, donnant naissance au Rennes moderne, aux rues plus larges et aux bâtiments de pierre.
1522 – Prise de Rhodes par Soliman le Magnifique
Après un long siège, les forces ottomanes de Soliman le Magnifique s’emparent de l’île de Rhodes, jusque-là tenue par les chevaliers de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem. La capitulation met fin à plusieurs mois de combats acharnés. Les chevaliers sont autorisés à quitter l’île et se réfugient plus tard à Malte, tandis que l’Empire ottoman renforce son contrôle stratégique en Méditerranée orientale.
69 – Avènement de Vespasien comme empereur romain
Vespasien est proclamé empereur romain, mettant un terme à l’« année des quatre empereurs », marquée par une guerre civile sanglante. Fondateur de la dynastie flavienne, il restaure la stabilité politique et financière de l’Empire après les excès de Néron. Son règne est notamment marqué par des réformes administratives et le lancement de grands travaux, dont la construction du Colisée.
Les naissances et décès notables
1975 – Naissance de Emmanuel « Manu » Payet, humoriste, acteur et animateur français réunionnais de radio
1972 – Naissance de Vanessa Paradis, chanteuse et actrice française
1965 – Naissance de Sergi López, acteur espagnol
1639 – Naissance de Jean Racine, homme de lettres français
2020 – Décès de Claude Brasseur, acteur français
2014 – Décès de John Robert « Joe » Cocker, chanteur et compositeur britannique
2001 – Décès de Jacques Mayol, apnéiste français
1989 – Décès de Samuel Beckett, homme de lettres irlandais, prix Nobel de littérature en 1969
Découvrez chaque semaine un journal PDF riche, soigné et entièrement sans publicité. Plus de contenus, plus de plaisir de lecture, sans aucune distraction.
JE DÉCOUVREUn peu de bonne humeur
Souvenir d’enfance
🙂 Mon plus beau souvenir d'enfance, c'est quand je faisais des châteaux de sable avec mon grand-père… 😳 puis ma mère m'a repris l'urne.
La théorie du multivers
🤔 Connais-tu la théorie des univers multiples ?
🤨 Bien sûr. Ils disent que le nôtre est un tel bordel que nous vivons probablement à l'intérieur d'un sac à main.
Gare aux cachalots ! – 1
Le 26 janvier 2004, dans les rues bondées de Tainan, au sud de Taïwan, un cachalot gigantesque de 17 mètres et 50 tonnes choisit ce moment pour un spectacle macabre inoubliable. Mort depuis quelques jours, probablement tué par un navire, il gît d'abord sur une plage avant que 50 ouvriers ne l'embarquent tant bien que mal sur un camion pour l'autopsie. Treize heures de secousses hasardeuses avec grues et cordes fragilisent sa carcasse gonflée par les bactéries festoyant à l'intérieur, produisant un cocktail explosif de gaz putrides emprisonnés sous la peau tendue.
Soudain, en pleine artère urbaine, la bête explose dans un bruit assourdissant, projetant des litres de sang, des entrailles nauséabondes et des lambeaux de chair sur des dizaines de mètres ! Résultat : voitures engluées, vitrines barbouillées de magma rougeâtre, passants médusés au milieu d'un embouteillage apocalyptique. La puanteur envahit le quartier pour des heures, tandis que la nature s'amuse de cette vengeance post-mortem.
Une incision préventive aurait évité la catastrophe, mais voilà ce qui arrive lorsque l'urgence l'emporte sur la prudence.
Explosion à Taïwan ! 📆 26 janvier 2004
Savais-tu ?
La tradition des étrennes
Chaque hiver, entre la mi-décembre et la mi-janvier, s’ouvre la période des étrennes — un moment où l’on exprime sa reconnaissance envers ceux qui nous rendent service tout au long de l’année : le facteur, la concierge, les éboueurs ou encore les pompiers. Une enveloppe glissée avec un sourire, un petit geste qui perpétue une tradition vieille de plusieurs siècles.
Le mot « étrennes » trouve son origine dans le latin strena, signifiant « présage » ou « signe favorable ». À l’origine, il s’agissait d’un cadeau offert lors d’un jour de fête, censé porter bonheur à celui qui le recevait. Cette idée du don comme augure de prospérité est indissociable de la déesse Strenia (ou Strena), figure romaine du renouveau et du bien-être. Un bois sacré lui était consacré à Rome, près du Colisée, au début de la Via Sacra. Selon la légende, le roi sabin Titus Tatius inaugurait chaque nouvelle année en offrant à ses proches des rameaux de verveine cueillis dans ce bois. Ce simple geste symbolique serait l’embryon de la coutume des étrennes.
Avec le temps, la pratique s’enracine dans la vie quotidienne de Rome, traversant les classes sociales et les siècles. Sous l’Empire, elle devient un usage partagé par tous, du citoyen au sénateur. Le Moyen Âge, toutefois, voit l’Église tenter d’éradiquer cette coutume jugée trop païenne. Puis, à la Révolution française, l’Assemblée constituante y met officiellement fin pour les agents de l’État, estimant qu’elle s’apparente à une forme de corruption. Mais les traditions populaires sont tenaces : loin de disparaître, les étrennes changent simplement de visage.
À l’époque moderne, elles se recentrent sur les métiers du quotidien, devenant un signe de reconnaissance civique plus que sociale. Si la pratique s’est quelque peu essoufflée avec le temps — notamment en raison du contexte économique —, elle demeure un vestige bienveillant d’un lointain rituel romain : celui du souhait de bonheur, transmis par un geste de générosité.
Astuce
Glaçons à la plancha
Après la cuisson, laissez la plancha légèrement chaude (plus tiède que brûlante), jetez quelques glaçons sur la surface puis poussez la glace fondue et les résidus avec une spatule en bois ou une raclette vers le bac à graisse — la vapeur et le choc thermique ramollissent et décollent la graisse sans frotter.
Un instant en ce bas monde

La nuit glaciale fige les ruelles de Whitechapel. L’air, lourd et immobile, étouffe chaque souffle. Les pas résonnent gravement sur les pavés humides, amplifiés par un silence anormal, presque hostile, enveloppant le quartier.
Les façades décrépites, lépreuses, dressent leurs silhouettes déformées sous la lumière tremblante des lampes à gaz. Leurs lueurs vacillantes projettent des ombres spectrales ondulant sur les murs, comme si la pierre elle-même frémissait d’un malaise atavique.
Un feulement strident déchire l’obscurité... une bande de chats s’agite dans un recoin, leurs yeux brillant un instant avant de disparaître. Plus loin, une porte claque brutalement, résonnant comme un coup de tonnerre dans le silence profond de la nuit.
Saturé d’odeurs âcres de fumées et de déchets en décomposition, l'air est imprégné d'une puanteur persistante de viande avariée s’échappant des abattoirs voisins. Elle colle à la gorge, s’insinue dans les vêtements, comme une présence insidieuse dont on ne peut se défaire.
De rares silhouettes se faufilent, pressées, la tête dans les épaules, évitant de croiser les regards. Ici, personne ne s’attarde. Ici, chacun sait - ou pressent - qu’il vaut mieux ne pas s'attarder, ne pas voir, ne pas entendre.
Un beuglement surgit alors, celui d’un homme ivre, titubant dans l’ombre. Sa voix rauque se brise contre les murs… puis, sans prévenir, un cri lui répond.
Aigu. Puissant. Inhumain.
Il déchire la nuit comme un éclat de verre brisé, vibrant, insoutenable, avant de s’éteindre net, comme étouffé par une main invisible.
Ensuite, plus rien.
S'abat alors un silence encore plus intense, un silence lourd de menace. Les fenêtres restent closes. Les rideaux frémissent à peine. Derrière les murs, on écoute sans bouger, le cœur suspendu.
Whitechapel retient son souffle.
Dans l’obscurité, quelque chose rôde.
Espace lecture
Ravage (1943) – René Barjavel
Et si le roman de science-fiction le plus troublant de cet été 2026 avait été publié… en 1943 ?
Avec Ravage, René Barjavel imagine l’effondrement soudain d’un monde entièrement dépendant de la technologie après une panne d’électricité mondiale.
La mégalopole s’arrête, puis se transforme en un brasier infernal ; les machines se taisent et les certitudes partent en fumée. Nous suivons François Deschamps, un jeune paysan perdu dans la ville, qui tente de survivre et de retourner à la terre alors que la civilisation moderne s’écroule. Ce qui rend Ravage particulièrement dérangeant aujourd’hui, c’est la façon dont ses images de feu et de chaos font écho à notre réalité actuelle : méga-feux de forêt, sécheresses, climat déréglé et le sentiment croissant que notre confort technologique ne nous protège plus vraiment. Relire Barjavel, ce n’est pas chercher une prophétie, mais faire face à une question troublante : que reste-t-il de nous quand les systèmes qui nous entourent cessent de fonctionner ? Court, percutant, parfois daté mais étonnamment visionnaire, Ravage est un classique à glisser dans votre pile de lecture pour réfléchir, entre deux alertes aux incendies, à ce que nous entendons réellement par « progrès ».
Barjavel imaginait déjà à l'époque ce que serait une tablette de lecture en 2050
La nuit cernait de tous côtés les dernières flammes de l'Ouest. François tira du dossier de son fauteuil le lecteur électrique et coiffa l'écouteur. La Compagnie Eurasiatique des Transports avait installé un de ces appareils sur chaque siège pour permettre aux voyageurs de lire la nuit sans déranger ceux de leurs voisins qui désiraient rester dans l'obscurité.
Une plaque extensible, que chacun pouvait agrandir ou rapetisser au format de son livre, s'appliquait sur la page et, dans l'écouteur, une voix lisait le texte imprimé. Cette voix, non seulement lisait Goethe, Dante, Mistral ou Céline dans le texte, avec l'accent d'origine, mais reprenait ensuite, si on le désirait, en haut de chaque page, pour en donner la traduction en n'importe quelle langue. Elle possédait un grand registre de tons, se faisait doctorale pour les ouvrages de philosophie, sèche pour les mathématiques, tendre pour les romans d'amour, grasse pour les recettes de cuisine. Elle lisait les récits de bataille d'une voix de colonel, et d'une voix de fée les contes pour enfants. Au dernier mot de la dernière ligne, elle faisait connaître par un « hum hum » discret qu'il était temps
de changer la plaque de page.
Cet appareil n'eût pas manqué de paraître miraculeux à un voyageur du XXe siècle égaré dans ce véhicule du XXIe. Le fonctionnement en était pourtant bien simple. La plaque, sensible à l'encre d'imprimerie, était branchée sur un minuscule poste émetteur de télévision installé dans le dossier de chaque fauteuil. Ce poste transmettait automatiquement l'image de la page au Central de Lecture de la Compagnie Eurasiatique des Transports, dans la banlieue de Vienne. Des cloisons insonores divisaient l'immeuble du Central en une dizaine de milliers de minuscules cabines. Dans ces dix mille cabines, devant dix mille écrans semblables, étaient enfermés dix mille lecteurs et lectrices de tous âges et de toutes nationalités.
Des standardistes polyglottes triaient les réceptions, les branchaient par
langues sur des sous-standards qui les distribuaient ensuite par genre littéraire. Il ne fallait guère plus de quelques secondes pour que l'image de la page arrivât au lecteur compétent, qui se mettait aussitôt à lire dans le ton dont il était spécialiste. Un tel larmoyait pendant huit heures sur des ouvrages sentimentaux. Telle autre souriait à longueur de journée dans sa solitude, pour lire avec grâce des conseils de beauté.
C'était, en somme, une parfaite mais banale installation de télélecture, comme il en existait environ une dizaine en Europe, à l'usage des vieillards dont la vue baissait, des aveugles, et des solitaires qui désiraient se donner à la fois la compagnie d'un livre ami et celle d'une voix humaine.
François Deschamps disposa la plaque sur son roman policier et tourna, sur l'écouteur, le minuscule bouton qui mettait l'appareil en marche. Une voix dramatique murmura à son oreille :
« Chapitre premier. – L'inspecteur Walter enfonça la porte d'un coup d'épaule et s'arrêta stupéfait : à un clou du plafond pendait, intact, le menton soulevé par la corde, le cadavre de M. Lecourtois qu'il avait découvert, la veille, décapité... »
Le jeune homme renonça à connaître l'explication de ce mystère. Il ôta
l'écouteur et s'endormit.
Le train entrait en gare de Lyon-Perrache.
