Bonne fête aux Corentin
Sommaire
Les nouveautés du jour
Les évènements notables
2015 – Adoption de l’Accord de Paris (COP21)
Le 12 décembre 2015, 195 États adoptent l’Accord de Paris visant à limiter le réchauffement climatique bien en dessous de 2 °C. Ce texte engage les pays à réduire leurs émissions, renforcer l’adaptation et soutenir financièrement les plus vulnérables. Il marque un tournant historique dans la gouvernance climatique internationale, malgré des défis persistants dans sa mise en œuvre.
2008 – Arrestation de Bernard Madoff
Le 12 décembre 2008, Bernard Madoff est arrêté pour fraude financière. Il sera reconnu coupable d’un gigantesque schéma de Ponzi ayant ruiné des milliers d’investisseurs et détourné des milliards de dollars. L’affaire révèle les failles de la régulation financière américaine et devient l’un des symboles des excès ayant mené à la crise économique mondiale.
1999 – Naufrage du pétrolier Erika
Le 12 décembre 1999, le pétrolier Erika fait naufrage au large de la pointe de Penmarch. La coque se brise, libérant des milliers de tonnes de fioul qui souillent durablement les côtes françaises. La catastrophe écologique entraîne une mobilisation nationale et internationale et provoque un durcissement des régulations maritimes ainsi que de lourdes procédures judiciaires.
1961 – Acquittement de Marie Besnard
Le 12 décembre 1961, Marie Besnard est acquittée après trois procès retentissants où elle était accusée d’empoisonnement. L’affaire, marquée par des expertises contestées et une forte médiatisation, devient un exemple de doute juridique et de fragilité des preuves scientifiques de l’époque. Son acquittement clôt l’un des plus longs procès criminels français.
1917 – Catastrophe ferroviaire de Saint-Michel-de-Maurienne
Le 12 décembre 1917, un train militaire surchargé déraille dans la descente de Saint-Michel-de-Maurienne, causant 435 morts. Le drame, longtemps tenu sous silence en raison de la censure de guerre, reste l’un des pires accidents ferroviaires européens. Il illustre les conditions difficiles du transport des troupes pendant la Première Guerre mondiale.
1915 – Premier vol du Junkers J 1
Le 12 décembre 1915, Hugo Junkers fait voler le J 1, premier avion entièrement métallique. Sa conception révolutionnaire marque une étape majeure dans l’histoire de l’aéronautique, ouvrant la voie aux structures monocoques et aux avions modernes. Le J 1 démontre la solidité et le potentiel de l’aluminium dans la construction aérienne.
1913 – Retrouvailles de la Joconde à Florence
Le 12 décembre 1913, la Joconde, volée au Louvre en 1911 par Vincenzo Peruggia, est retrouvée à Florence. Son voleur voulait, selon ses dires, restituer l’œuvre à l’Italie. L’affaire passionne le monde entier et contribue à faire du tableau de Léonard de Vinci l’un des plus célèbres. La peinture est rapatriée en France peu après.
1897 – 1ère publication de Pim, Pam et Poum
Le 12 décembre 1897, le New York Journal publie pour la première fois Pim, Pam et Poum (The Katzenjammer Kids), l’une des plus anciennes bandes dessinées modernes. Créée par Rudolph Dirks, la série inaugure des codes narratifs et graphiques qui influenceront durablement la BD. Elle est considérée comme un jalon majeur de l’histoire du comic strip.
1604 – Instauration de la paulette
Le 12 décembre 1604, le roi Henri IV instaure la paulette, un impôt permettant aux officiers de transmettre leurs charges en héritage moyennant redevance annuelle. Cette mesure stabilise les finances royales mais renforce la vénalité des offices, accentuant les inégalités sociales et préparant certaines tensions politiques de l’Ancien Régime.
Les naissances et décès notables
2001 – Décès de Jean Richard, comédien et homme de cirque français
1970 – Naissance de Jennifer Connelly, actrice américaine
1942 – Naissance de Noële Noblecourt (Danielle Cron), speakerine française privée d’antenne pour avoir laissé apparaître ses genoux à l’écran
1915 – Naissance de Francis Albert « Frank » Sinatra, chanteur américain
1773 – Naissance de Robert Surcouf, corsaire français
2020 – Décès de John le Carré, auteur britannique de romans d’espionnage
Un peu de bonne humeur
Achat à la campagne
Un parisien a repéré une maison de campagne et s’apprête à l’acheter.
Lorsqu’il voit des ruches au fond du champ. Il dit alors au paysan-vendeur :
– Vous comprenez, j’ai des enfants et je ne peux pas me permettre de leur faire prendre le risque de se faire piquer par une abeille ! Il faudrait enlever les ruches !
Le paysan répond vertement :
– Mes abeilles n’ont jamais piqué qui que ce soit ! Tenez, je propose un truc, je vous attache tout nu à l’arbre pendant une heure et si une seule abeille vous pique, la maison je vous la donne !
Le type se dit qu’une heure, c’est vite passé et que le jeu en vaut la chandelle. Une heure après, le paysan retourne voir le parisien et le voit tout pâle, les cernes sous les yeux, crevé !
– Oh mon Dieu ! Elles vous ont piqué ?
– Non non ! Elles ont été sympa les abeilles, mais le petit veau, dites moi, il y a longtemps qu’il a perdu sa mère ?
Femme qui pète – Anonyme
Femme qui pète... est bien à son aise.
Mort pour avoir eu raison
En juin 1871, à Lebanon dans l'Ohio, Clément Vallandigham, un avocat américain de 50 ans, défend un client accusé de meurtre lors d'une fusillade dans un bar. Pour prouver l'innocence de son client, il reconstitue la scène en prenant un pistolet qu'il croit déchargé, alors que non.
Vallandigham place l'arme dans sa poche, la sort en la pointant vers son abdomen pour démontrer comment la victime aurait pu se suicider accidentellement, et presse la détente. La balle le blesse mortellement au ventre ; il expire le lendemain matin, le 17 juin 1871. Paradoxalement, cette démonstration convainc le jury, et son client est acquitté.
Figure politique controversée, Vallandigham était un "Copperhead", opposant à Lincoln et à la Guerre de Sécession, exilé puis revenu aux États-Unis après le conflit. Sa mort entre dans les annales des morts insolites par son absurdité professionnelle.
Un peu de français
« Tchin-tchin » ?
L'expression « tchin-tchin » que l'on lance joyeusement en trinquant vient tout droit de Chine, où des soldats français l'entendent au début du XXe siècle, vers 1900, lors de la campagne de Canton. C'est une déformation amusante de « qing qing » ou « tsing tsing », une formule polie en pidgin cantonais qui signifie « je vous en prie, buvez ». De retour au pays, ces gaillards la popularisent dans les cafés et les dîners, transformant ce clin d'œil exotique en rituel convivial français, bien loin de l'idée romantique du bruit des verres qui s'entrechoquent – une explication plus tardive et fantaisiste.
Quant à l'habitude de trinquer avant de boire, elle plongerait ses racines au Moyen Âge en France, époque où les banquets regorgent de poisons et de trahisons. Les convives cognent vigoureusement leurs gobelets de métal pour verser un peu de leur boisson dans celui du voisin, partageant ainsi tout risque d'empoisonnement, tout en se fixant dans les yeux pour guetter la moindre lueur malveillante. Cette pratique antique, héritée des Grecs et Romains qui versaient des libations aux dieux, évolue en geste de confiance et de santé partagée, perdant peu à peu sa dimension défensive pour devenir le toast chaleureux que l'on connaît aujourd'hui.
« Bistrot » ?
Le mot bistrot intrigue par son origine modeste et profondément populaire, bien ancrée dans le terroir français où les mots naissent au coin du feu ou du comptoir. Les linguistes le rattachent aujourd’hui au poitevin « bistraud », ce petit serviteur zélé des marchands de vin qui trime dans l’ombre des tonneaux, sert les verres et finit par donner son nom au cabaret lui-même – un lieu convivial où l’on trinque sans chichis, entre amis d’enfance ou inconnus du quartier. À côté, « bistouille » ou « bistrouille » évoque ce mélange rustique et corsé d’alcool frelaté et de café brûlant, typique des débits de boisson du peuple où l’on noie les soucis dans une gorgée âpre ; ces termes familiers colorent le mot d’une saveur authentique, presque odorante de zinc tiède, de tabac froid et de camaraderie oubliée.
La légende russe, si romantique et pleine de panache, fait sourire les savants qui la dissèquent : imaginez des cosaques hirsutes, débarqués à Paris en 1814 après la débâcle napoléonienne, criant « bystro ! » - « vite ! » - aux tenanciers dépassés pour hâter le service d’un verre ou d’une soupe. Et hop, naît le bistrot, symbole d’urgence joyeuse ! Mais l’histoire patine sérieusement, car le terme n’apparaît dans les dictionnaires qu’en 1880, plus de soixante ans après ces supposés cris slaves, trop tard pour coller aux faits historiques. Ainsi, le bistrot reste ce coin de France authentique et éternel, loin des invasions exotiques, un mot né dans la vapeur des verres embués, les rires gras des habitués et l’odeur tenace du quotidien parisien.
