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26 AOÛT

Bonne fête aux Natacha



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Un instant en ce bas monde

Photo de iam hogir - Pexels

Un chat roux, posé avec une grâce toute féline sur une rambarde tiédie par le jour, observe le monde. Sous ses pattes s’étend un paysage sans fin d’abris humains, empilés, juxtaposés, comme une ruche infinie. Il les regarde avec une perplexité silencieuse.

Les humains aiment se rassembler, semble-t-il. Ils s’agglutinent, bâtissent les uns contre les autres, et pourtant, chacun protège farouchement son fragment d’espace. Ils passent, se croisent, s’évitent parfois, s’ignorent souvent, obéissant à des règles que le chat ne cherche même plus à comprendre.

Ils dévorent toutes sortes d’animaux - sans parler de cette curieuse fantaisie de les accompagner de diverses plantes -, mais aiment à caresser ses semblables et, encore plus incompréhensible, montrent la même affection pour les chiens. Ils détruisent ce qu’ils ont construit, puis recommencent, inlassablement. Ils peuplent le monde avec une ardeur étrange, comme s’ils craignaient le vide.

Le chat roux cligne lentement des yeux. Tout cela lui paraît à la fois agité et lointain, dense et sans importance.

Alors, avec l’élégance simple de ceux qui n’ont rien à prouver, il se lève, s'étire longuement, et s’en va, retournant à ses affaires de chat.

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Un peu de bonne humeur

Aimons-nous les uns les autres

🧐 La bible nous apprend à nous aimer les uns les autres…
😉 Mais le Kama-Sutra est plus précis.

 

Aimons-nous les uns les autres

🧐 La bible nous apprend à nous aimer les uns les autres…
😉 Mais le Kama-Sutra est plus précis.

Concours de sosies

Nous sommes en 1915, en plein triomphe du cinéma muet. Charlot est partout : sur les écrans, dans les rues… et jusque dans les concours de sosies qui fleurissent en Californie. Le public adore imiter sa démarche chaloupée, sa canne espiègle, sa moustache minuscule.

Charlie Chaplin, lui, observe tout cela avec curiosité. L'idée lui traverse alors l’esprit de tenter sa chance. Après tout, qui mieux que lui pourrait imiter… lui-même ?

Le voilà donc qui se présente incognito à un concours de sosies de Charlot, sous un faux nom, bien décidé à jouer le jeu jusqu’au bout. Il enfile son costume, ajuste son chapeau melon, prend sa canne. Bref, il se déguise en Charlie Chaplin.

Sur scène, les imitateurs se succèdent. Certains en font des tonnes, d’autres caricaturent à plaisir. Chaplin, lui, reste fidèle à son personnage, tout en nuances et en subtilité. Il est convaincu que cela fera la différence.

Vient le verdict.

Et là… surprise.

Il ne gagne pas. Il ne termine même pas parmi les finalistes.

Chaplin, battu à son propre jeu, regarde la scène avec un mélange d’étonnement et d’amusement. Son personnage lui échappe : Charlot appartient désormais au public, aux imitateurs, à l’imaginaire collectif. Et peut-être, au fond, est-il devenu plus grand que son créateur lui-même.

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Savais-tu ?

L’or blanc des îles Chincha

Lors de leur découverte, les îles Chincha apparaissent comme de petites îles rocheuses granitiques, bordées de falaises abruptes où nichent des millions d'oiseaux marins tels que mouettes, pélicans et cormorans.

Trois îles plates et arides dominent l'océan Pacifique à 21 km des côtes péruviennes près de Pisco : Chincha Norte mesure 1,3 km de long avec un maximum de 34 m d'altitude, tandis que Centro et Sur sont plus petites et sans végétation notable. Ces falaises offrent des perchoirs idéaux aux oiseaux dont les déjections sont à l’origine de vastes couches de guano blanc accumulées durant des millénaires.

Déjà au XI-XVème siècle, le royaume Chincha exploite ce guano pour fertiliser ses champs irrigués, signe d'un écosystème marin riche. L'arrivée des Espagnols en 1532 marque la « découverte » européenne, bien que leur usage précolombien soit ancien, et l'essor commercial du XIXème siècle transforme ces îles en véritables « îles au trésor ».

Les îles Chincha méritent bien le surnom d'« îles au trésor », ceci grâce à leurs immenses gisements de guano, un engrais naturel d'une valeur exceptionnelle au XIXème siècle, comparé à un « or blanc ». Ce guano, accumulé jusqu'à 40 m d'épaisseur sur ces îles minuscules, génère des fortunes colossales : une cargaison rapporte 100 000 livres de bénéfice - bien plus que ce que peuvent rapporter des mines d'argent - et finance jusqu’à 60% du budget péruvien. Cette manne financière attire les convoitises interna-tionales et provoque la guerre du guano (1864-1866), où l'Espagne occupe les îles pour des dettes avant d'être repoussée ; l'épuisement des gisements en 1879 clôt cette « ère fantastique des excréments d'oiseaux ».

Guano Islands Act de 1856

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