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7 FÉVRIER

Bonne fête aux Eugénie

Les nouveautés du jour

Les évènements notables

2014 – Annonce de la découverte des « traces de pas d’Happisburgh »
Le 7 février 2014, des chercheurs britanniques annoncent la mise au jour, sur la plage d’Happisburgh (Norfolk), d’empreintes fossilisées laissées par des hominines il y a environ 800 000 à 1 million d’années. Ces traces, parmi les plus anciennes connues en Europe du Nord, suggèrent une présence humaine très précoce dans des environnements froids et apportent des informations précieuses sur la locomotion, la taille et l’organisation sociale de ces groupes anciens.

1986 – Fuite de Jean-Claude Duvalier vers la France
Le 7 février 1986, sous la pression d’une insurrection populaire et après des décennies de dictature familiale, le président haïtien Jean-Claude « Baby Doc » Duvalier quitte précipitamment Haïti pour s’exiler en France. Son départ met fin au régime des Duvalier, marqué par la répression des Tontons Macoutes, la corruption et l’appauvrissement du pays, ouvrant une période de transition politique incertaine pour Haïti.

1984 – Première sortie extravéhiculaire non attachée de Bruce McCandless
Le 7 février 1984, lors de la mission STS-41-B de la navette Challenger, l’astronaute américain Bruce McCandless réalise la première sortie extravéhiculaire totalement libre, équipé du MMU (Manned Maneuvering Unit). Il s’éloigne de plusieurs dizaines de mètres de la navette, démontrant la faisabilité des déplacements autonomes dans l’espace pour des opérations de maintenance et de sauvetage.

1971 – Droit de vote des femmes au niveau fédéral en Suisse
Le 7 février 1971, un référendum national accorde enfin aux femmes suisses le droit de voter et de se présenter aux élections fédérales. Après des décennies de débats et de résistances, cette décision marque un tournant majeur pour l’égalité civique en Suisse, même si certains cantons maintiendront encore pendant plusieurs années des restrictions locales.

1943 – Succès de l’Opération Ke à Guadalcanal
Le 7 février 1943, le Japon achève avec succès l’Opération Ke, l’évacuation secrète de ses dernières troupes de l’île de Guadalcanal dans le Pacifique. Bien que tactiquement habile, cette manœuvre consacre une défaite stratégique japonaise face aux forces américaines, qui conservent le contrôle de l’île, étape clé vers l’offensive alliée dans le Pacifique.

1918 – Adoption du Fourth Reform Act au Royaume-Uni
Le 7 février 1918, le Parlement britannique adopte le Fourth Reform Act (Representation of the People Act). La loi élargit massivement le corps électoral en accordant le droit de vote à tous les hommes de plus de 21 ans et, pour la première fois, à certaines femmes de plus de 30 ans, transformant durablement la démocratie britannique à la fin de la Première Guerre mondiale.

1914 – Première apparition de Charlot dans “Charlot est content de lui”
Le 7 février 1914, sort aux États-Unis le film Kid Auto Races at Venice (Charlot est content de lui), dans lequel apparaît pour la première fois le personnage de Charlot, incarné par Charlie Chaplin. Avec son chapeau melon, sa canne et sa démarche inimitable, ce vagabond deviendra l’une des figures les plus universelles du cinéma muet.

1783 – Fin du grand siège de Gibraltar
Le 7 février 1783, la France et l’Espagne lèvent définitivement le siège de Gibraltar, entamé en 1779 pendant la guerre d’Indépendance américaine. Malgré d’énormes moyens militaires et une flotte imposante, les assiégeants échouent à reprendre la place aux Britanniques, qui conservent ce point stratégique à l’entrée de la Méditerranée.

1752 – Première interdiction de l’Encyclopédie
Le 7 février 1752, le Conseil du roi de France prononce une première interdiction de l’Encyclopédie dirigée par Diderot et d’Alembert. Jugée dangereuse pour la religion et l’ordre établi, l’ouvrage est temporairement censuré, avant que sa publication ne se poursuive clandestinement et devienne un pilier des Lumières européennes.

Les naissances et décès notables

1992 – Naissance de Jain (Jeanne Galice), chanteuse française
1981 – Naissance de Monsieur Poulpe, acteur, animateur et chanteur français
1978 – Naissance de Ashton Kutcher, acteur américain
1975 – Naissance de Emily Loizeau, chanteuse franco-britannique
1965 – Naissance de Julien Courbet (Frédéric Courbet), animateur et producteur de télévision
1965 – Naissance de Christopher Julius « Chris » Rock III, comédien et producteur de cinéma américain
1927 – Naissance de Juliette Gréco, chanteuse et comédienne française
1906 – Naissance de Puyi (溥仪), dernier empereur de Chine

1867 – Naissance de Laura Ingalls Wilder, romancière américaine

1812 – Naissance de Charles Dickens, romancier britannique

2006 – Décès de Madeleine Loux, postière et résistante française



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JE DÉCOUVRE

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Un peu de bonne humeur

Croyant ou schizo – Pierre Desproges

« Si vous parlez à Dieu, vous êtes croyant… s’il vous répond, vous êtes schizophrène. »

 

Tu ne te plains jamais ?

😯 C'est bizarre, tu ne te plains jamais.

😏 Bah oui, quand je suis né, j'étais à poil, chauve, sans dent, je chialais et j'étais incontinent, donc tout ce qui m'arrive depuis n'est que du bonus.

La catastrophe d’Erfurt

Nous sommes en 1184, à Erfurt, en Allemagne. L’ambiance est tendue, les costumes sont somptueux, et la réunion est ultra importante : le roi Henri VI convie toute l’élite du Saint-Empire pour régler un conflit politique majeur. Pas de champ de bataille, pas d’épée, pas de drame chevaleresque… juste une salle de réunion avec, malheureusement, un plancher en bois plus que fatigué.

Comme on peut s'en douter, le plancher cède. D’un seul coup. nobles, évêques, comtes et autres grands noms de l’époque dégringolent au rez-de-chaussée… puis encore un peu plus bas, dans la fosse des latrines. Certains meurent sur le coup, d’autres se noient dans les excréments ou suffoquent sous les émanations. Un vrai scénario catastrophe comptant tout de même une soixantaine de mort parmi l'élite politique de l'époque.

Les principaux protagonistes de la réunion, dont le roi Henri VI et l’archevêque Conrad, survivent en s’accrochant tant bien que mal à des barreaux de fenêtre. Les victimes varient selon les chroniques mais jamais on ne parle des secours qui doivent intervenir dans des conditions disons... irrespirables.

Résultat : la dispute politique reste non résolue, personne n'est accusé d'un attentat putride mais voilà tout de même une affaire plus que nauséabonde. En tout cas, on peut dire que la noblesse n’a jamais été aussi proche du peuple… ni aussi proche du fond.

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Savais-tu ?

Le danger des UVC

Les UVC sont le type de rayonnement ultraviolet le plus énergique et le plus dangereux pour la vie sur Terre, avec une longueur d'onde de 100 à 280 nanomètres. La couche d'ozone, située dans la stratosphère entre 15 et 45 km d'altitude, agit comme un bouclier protecteur naturel qui absorbe 100% des UVC, 90% des UVB et aucun UVA. Grâce à cette absorption totale par l'ozone stratosphérique et l'oxygène atmosphérique, les UVC ne parviennent jamais à la surface de la Terre. Environ 10% des UVB atteignent la surface et causent des coups de soleil et cancers cutanés, tandis que les UVA traversent intégralement l'atmosphère.

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Astuce

Un savon sous les draps

Glisser un morceau de savon de Marseille sous les draps est une petite astuce de grand-mère qui séduirait de plus en plus de curieux en quête de bien-être naturel. Réputé pour sa composition simple et ses propriétés apaisantes, ce savon traditionnel pourrait aider à réduire les sensations d’inconfort nocturne, notamment les crampes, tout en diffusant une légère odeur propre et rassurante. Sans effort ni dépense excessive, ce geste invite à redécouvrir des solutions d’antan, douces et authentiques, pour améliorer la qualité du sommeil.

Cette astuce permet également de redonner une utilité à une chaussette esseulée après une lessive en y glissant le savon avant de le placer sous les draps.

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Un instant en ce bas monde

Photo de Boys in Bristol Photography - Pexels

La nuit glaciale fige les ruelles de Whitechapel. L’air, lourd et immobile, étouffe chaque souffle. Les pas résonnent gravement sur les pavés humides, amplifiés par un silence anormal, presque hostile, enveloppant le quartier.

Les façades décrépites, lépreuses, dressent leurs silhouettes déformées sous la lumière tremblante des lampes à gaz. Leurs lueurs vacillantes projettent des ombres spectrales ondulant sur les murs, comme si la pierre elle-même frémissait d’un malaise atavique.

Un feulement strident déchire l’obscurité... une bande de chats s’agite dans un recoin, leurs yeux brillant un instant avant de disparaître. Plus loin, une porte claque brutalement, résonnant comme un coup de tonnerre dans le silence profond de la nuit.

Saturé d’odeurs âcres de fumées et de déchets en décomposition, l'air est imprégné d'une puanteur persistante de viande avariée s’échappant des abattoirs voisins. Elle colle à la gorge, s’insinue dans les vêtements, comme une présence insidieuse dont on ne peut se défaire.

De rares silhouettes se faufilent, pressées, la tête dans les épaules, évitant de croiser les regards. Ici, personne ne s’attarde. Ici, chacun sait - ou pressent - qu’il vaut mieux ne pas s'attarder, ne pas voir, ne pas entendre.

Un beuglement surgit alors, celui d’un homme ivre, titubant dans l’ombre. Sa voix rauque se brise contre les murs… puis, sans prévenir, un cri lui répond.

Aigu. Puissant. Inhumain.

Il déchire la nuit comme un éclat de verre brisé, vibrant, insoutenable, avant de s’éteindre net, comme étouffé par une main invisible.

Ensuite, plus rien.

S'abat alors un silence encore plus intense, un silence lourd de menace. Les fenêtres restent closes. Les rideaux frémissent à peine. Derrière les murs, on écoute sans bouger, le cœur suspendu.

Whitechapel retient son souffle.

Dans l’obscurité, quelque chose rôde.

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Espace lecture

Ravage (1943) – René Barjavel

Et si le roman de science-fiction le plus troublant de cet été 2026 avait été publié… en 1943 ?

Avec Ravage, René Barjavel imagine l’effondrement soudain d’un monde entièrement dépendant de la technologie après une panne d’électricité mondiale.

La mégalopole s’arrête, puis se transforme en un brasier infernal ; les machines se taisent et les certitudes partent en fumée. Nous suivons François Deschamps, un jeune paysan perdu dans la ville, qui tente de survivre et de retourner à la terre alors que la civilisation moderne s’écroule. Ce qui rend Ravage particulièrement dérangeant aujourd’hui, c’est la façon dont ses images de feu et de chaos font écho à notre réalité actuelle : méga-feux de forêt, sécheresses, climat déréglé et le sentiment croissant que notre confort technologique ne nous protège plus vraiment. Relire Barjavel, ce n’est pas chercher une prophétie, mais faire face à une question troublante : que reste-t-il de nous quand les systèmes qui nous entourent cessent de fonctionner ? Court, percutant, parfois daté mais étonnamment visionnaire, Ravage est un classique à glisser dans votre pile de lecture pour réfléchir, entre deux alertes aux incendies, à ce que nous entendons réellement par « progrès ».

Barjavel imaginait déjà à l'époque ce que serait une tablette de lecture en 2050 :

La nuit cernait de tous côtés les dernières flammes de l'Ouest. François tira du dossier de son fauteuil le lecteur électrique et coiffa l'écouteur. La Compagnie Eurasiatique des Transports avait installé un de ces appareils sur chaque siège pour permettre aux voyageurs de lire la nuit sans déranger ceux de leurs voisins qui désiraient rester dans l'obscurité.

Une plaque extensible, que chacun pouvait agrandir ou rapetisser au format de son livre, s'appliquait sur la page et, dans l'écouteur, une voix lisait le texte imprimé. Cette voix, non seulement lisait Goethe, Dante, Mistral ou Céline dans le texte, avec l'accent d'origine, mais reprenait ensuite, si on le désirait, en haut de chaque page, pour en donner la traduction en n'importe quelle langue. Elle possédait un grand registre de tons, se faisait doctorale pour les ouvrages de philosophie, sèche pour les mathématiques, tendre pour les romans d'amour, grasse pour les recettes de cuisine. Elle lisait les récits de bataille d'une voix de colonel, et d'une voix de fée les contes pour enfants. Au dernier mot de la dernière ligne, elle faisait connaître par un « hum hum » discret qu'il était temps
de changer la plaque de page.

Cet appareil n'eût pas manqué de paraître miraculeux à un voyageur du XXe siècle égaré dans ce véhicule du XXIe. Le fonctionnement en était pourtant bien simple. La plaque, sensible à l'encre d'imprimerie, était branchée sur un minuscule poste émetteur de télévision installé dans le dossier de chaque fauteuil. Ce poste transmettait automatiquement l'image de la page au Central de Lecture de la Compagnie Eurasiatique des Transports, dans la banlieue de Vienne. Des cloisons insonores divisaient l'immeuble du Central en une dizaine de milliers de minuscules cabines. Dans ces dix mille cabines, devant dix mille écrans semblables, étaient enfermés dix mille lecteurs et lectrices de tous âges et de toutes nationalités.

Des standardistes polyglottes triaient les réceptions, les branchaient par
langues sur des sous-standards qui les distribuaient ensuite par genre littéraire. Il ne fallait guère plus de quelques secondes pour que l'image de la page arrivât au lecteur compétent, qui se mettait aussitôt à lire dans le ton dont il était spécialiste. Un tel larmoyait pendant huit heures sur des ouvrages sentimentaux. Telle autre souriait à longueur de journée dans sa solitude, pour lire avec grâce des conseils de beauté.

C'était, en somme, une parfaite mais banale installation de télélecture, comme il en existait environ une dizaine en Europe, à l'usage des vieillards dont la vue baissait, des aveugles, et des solitaires qui désiraient se donner à la fois la compagnie d'un livre ami et celle d'une voix humaine.

François Deschamps disposa la plaque sur son roman policier et tourna, sur l'écouteur, le minuscule bouton qui mettait l'appareil en marche. Une voix dramatique murmura à son oreille :

« Chapitre premier. – L'inspecteur Walter enfonça la porte d'un coup d'épaule et s'arrêta stupéfait : à un clou du plafond pendait, intact, le menton soulevé par la corde, le cadavre de M. Lecourtois qu'il avait découvert, la veille, décapité... »

Le jeune homme renonça à connaître l'explication de ce mystère. Il ôta
l'écouteur et s'endormit.

Le train entrait en gare de Lyon-Perrache.

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